Gabriella Scali s’est inspirée de la peinture abstraite afin de créer ses œuvres. Elle pose ici devant une photographie qu’elle a nommée Autoroute.

Le besoin vital de créer

Lorsque l’on regarde les œuvres de Gabriella Scali, on se confond à savoir si l’on se trouve devant une photo ou une peinture. Ou bien peut-être est-ce une imagine modifiée dans Photoshop? Ce questionnement, c’est exactement ce que la photographe souhaite susciter.

En fait, l’artiste de 25 ans prend des photos agrémentées de peinture qu’elle modifie par la suite à l’ordinateur. C’est donc un amalgame de plusieurs techniques que l’on peut observer dans ses créations.

Pour Voile, elle a placé une pellicule de plastique entre son appareil et son sujet. Elle y déposait différentes touches de peinture, puis ajustait le foyer de son objectif afin d’obtenir différents effets. Elle appose aussi parfois des autocollants sur sa lentille afin de moduler le rendu. Ce sont ces ajouts qu’elle transforme à l’aide de Photoshop. Par exemple, pour Autoroute, elle a allongé des points de couleurs afin de créer ce qui s’apparente à des serpentins.

Elle spécifie du même fait qu’elle modifie toujours des éléments existants. Le logiciel de transformation ne sert en aucun cas à faire des ajouts.

« La création est un processus pour moi. Je me laisse guider par les formes et les couleurs. Même que, parfois, ce sont des erreurs qui ont formé mes meilleures idées », souligne celle qui a complété un baccalauréat en photographie à l’Université Concordia.

En ce sens, l’idée du voile ne s’est présentée que plus tard dans son processus de création. « C’est mon amie qui était mon sujet et il faut dire qu’elle est très gênée. Nous avons pris quelques photos, puis elle m’a dit qu’elle n’était pas à l’aise de se faire photographier. La seule façon que j’ai trouvée de la mettre à l’aise, c’est de la couvrir avec différentes couvertures », explique la photographe originaire de Sherbrooke.

Elle spécifie d’ailleurs qu’il n’y a aucune idée politique derrière ces créations. « Pour moi, ce qui est important, c’est que ce soit visuellement esthétique et intéressant. Je ne voulais pas passer de message particulier. »

L’art comme thérapie

Gabriella Scali estime que sa signature est son utilisation des couleurs. « Je les adore. Je me laisse beaucoup aller avec elles, c’est mon inconscient qui parle », affirme celle qui est tombée en amour avec la photographie grâce à un petit appareil numérique, à l’âge de 15 ans.

Elle avoue d’ailleurs avoir été surprise de son admission à Concordia en photographie, alors que le matériel qu’elle avait soumis dans sa candidature provenait de ce même appareil bon marché. Quoi qu’il en soit, Gabriella Scali y a trouvé sa place.

Elle s’inspire maintenant de la peinture abstraite et de la sculpture au moment de photographier. Elle a d’ailleurs suivi un cours de sculpture lors de son baccalauréat, une expérience qu’elle a adorée.

Si elle poursuit son parcours scolaire en design graphique, elle affirme que la photographie gardera inévitablement une place importante dans sa vie. « J’ai beaucoup d’idées, je vais continuer à créer. Tout le monde devrait créer d’ailleurs, c’est la meilleure des thérapies. C’est un laisser-aller tellement agréable. »

Les oeuvres de Gabriella Scali sont exposées à l'Espace Hortense de Saint-Camille.