Le slammeur sherbrookois et président d’honneur du Salon du livre de l’Estrie David Goudreault a marqué l’ouverture du salon en offrant un slam sur l’évolution de la langue française en Amérique.

Le 39e Salon du livre invite les insoumis

Le Salon du livre de l’Estrie, le 39e du nom, s’est ouvert jeudi soir au Centre de foires de Sherbrooke en invitant les lecteurs à « débusquer les territoires insoumis » qu’offre la littérature sous toutes ses formes.

Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, la présidente du conseil d’administration du Salon du livre, Anne Brigitte Renaud, a d’ailleurs invité les spectateurs à « être insoumis partout », et en particulier face à ce qui menace les libertés. Puis, citant Henry David Thoreau, Mme Renaud a fait sienne la célèbre maxime de l’écrivain américain en affirmant que : « La seule obligation que j’ai de suivre est celle de faire en tout temps ce que je pense être le bien ».

Juste avant elle, Jacob Bélisle, de l’école internationale du Phare, et Marie Bureau-Viens, de l’école de la Montée, ont lu en duo le texte écrit par Carole Fréchette et Thierry Dedieu, intitulé « Si j’étais ministre de la Culture » et qui décrit ce que serait un monde sans culture…

Reprenant le thème du Salon à sa façon, le slammeur sherbrookois David Goudreault y est allé d’un slam en hommage à la survie de la langue d’ici.  

« Le joual comme outil de précision. Quand le froid devient frette, quand le laid devient laite, quand le pays s’appelle Québec. Le joual oui, mais pas que. Avec mes québécismes aussi, mes emprunts aux langues amérindiennes et inuktitutes, mes néologismes et les mots que j’ai portagé depuis le vieux continent », a déclamé le slammeur, qui agit aussi comme président et parrain d’honneur de cette 39e édition du Salon du livre de l’Estrie. « Soyez insoumis, occupez vos territoires et profitez de cette belle grande fête des auteurs », a ensuite lancé David Goudreault aux visiteurs, en les invitant à partir à la rencontre des écrivains présents jusqu’à dimanche.

Tout en reconnaissant le volet commercial du Salon du livre, la présidente du conseil d’administration, Anne Brigitte Renaud, a tenu à rappeler qu’il s’agit aussi et avant tout de l’événement culturel le plus important à se tenir à Sherbrooke.

« Les gens pensent qu’on vient au Salon du livre uniquement pour acheter des livres. Ce n’est pas vrai. On vient aussi rencontrer des auteurs, on vient assister à des conférences, des tables rondes. On vient aussi confronter nos idées. C’est ce sur quoi on a voulu mettre l’emphase cette année », a expliqué Mme Renaud, en soulignant que plusieurs manifestations liées au Salon se tiendront aussi hors des murs du Centre de foires, notamment au centre-ville de Sherbrooke.

En bref
L’auteure et comédienne Danièle Ouimet sera à la Place Télé-Québec à compter de 15 h vendredi pour y parler de son plus récent livre Mes amis, mes amours dans le cadre d’un entretien animé par Amélie Boivin Handfield…

Une heure avant, soit à 14 h, ce sera au tour de l’ex-rédactrice en chef du Devoir, Josée Boileau, de présenter ses Lettres à une jeune journaliste et de raconter quelques faits marquants de sa carrière dans le monde des médias…

À 17 h, il y aura remise de quatre prix littéraires de l’Association des auteures et auteurs de l’Estrie ainsi qu’un lancement collectif des œuvres publiées par certains de ses membres…

L’auteure de nombreuses sagas historiques québécoises, Micheline Lachance, sera présente au Salon à compter de 15 h pour échanger avec les lecteurs au sujet de son plus récent opus Rue des Remparts, dont l’action se déroule dans le Vieux-Québec…

Enfin, à 18 h 30, sur la scène Desjardins, le professeur et essayiste Alain Deneault s’entretiendra avec Dominic Tardif de son plus récent essai De quoi Total est-elle la somme? traitant des multinationales et de la perversion du droit…