L’ancienne directrice générale du défunt Festival du film des Cantons-de-l’Est, Pepita Ferrari, est décédée le 30 décembre­ dernier.

L'artiste Pepita Ferrari n’est plus

Les Cantons-de-l’Est ont perdu l’une de ses plus brillantes créatrices. Pepita Ferrari, qui avait dirigé le Festival du film des Cantons-de-l’Est, est décédée le 30 décembre dernier à Lac-Brome. Cinéaste engagée, réalisatrice d’une dizaine de documentaires et de séries télévisées, scénariste, productrice et féministe, Pepita Ferrari s’est éteinte chez elle l’âge de 66 ans. Des dizaines de personnes de partout au Canada lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux ainsi que l’Office national du film, qui remet de l’avant certaines de ses créations.

La nouvelle de son décès a été vécue comme un choc par les personnes qui l’ont côtoyée ces dernières années. Selon un proche, seules quelques personnes savaient qu’elle était atteinte d’une maladie.

À la demande de ses proches et de son amoureux Louis Piché, l’annonce de son décès n’a pas été rendue publique. Un proche de la famille a toutefois accepté de dire quelques mots sur son amie disparue durant le temps des Fêtes. « Pepita était vraiment une femme de cœur. Elle avait d’ailleurs un cœur immense. C’est quelqu’un qui a toujours été dévoué pour son art », explique un ami qui a accepté de parler à La Voix de l’Est sous le couvert de l’anonymat vendredi.

Festival de film

Australienne d’origine et Bromoise d’adoption, Pepita Ferrari s’est fait connaître dans la région en 2011 en acceptant d’assurer la direction artistique de la toute première édition du Festival de cinéma des Cantons-de-l’Est qui s’est déroulé à Lac-Brome. Elle avait auparavant travaillé pendant une vingtaine d’années dans l’univers du cinéma. L’année suivante, elle reprenait les rênes de l’événement comme directrice générale, responsabilité qu’elle a gardée lors de la troisième et dernière édition en 2013.

« Elle a gardé ses responsabilités bénévolement dans un contexte difficile pour des questions de financement notamment. Je ne connais pas grand monde qui aurait fait ça », explique l’ami de la famille contacté par La Voix de l’Est.

À l’été 2014, l’organisation du festival a publié un avis pour annoncer que la quatrième édition du festival allait être suspendue. Jointe par La Voix de l’Est, Pepita Ferarri avait alors remis en question l’avenir du festival pour des raisons financières.

Selon un journal local, Pepita Ferarri était également impliquée dans l’organisation du festival We Love Documentary à Penticton, en Colombie-Britannique où sa sœur vit. Elle a agi à titre de conservatrice du festival de 2011 à 2017.

Œuvre

L’Office national du film, organisme avec lequel Pepita Ferrari a collaboré pour une majorité de ses productions, a tenu à lui rendre hommage en mettant de l’avant une sélection de ses films sur la version anglaise de son site web. Comme le souligne Magalie Boutin, chef des relations médias à l’ONF, il s’agit d’une occasion de redécouvrir l’œuvre de la cinéaste.

L’œuvre de Pepita Ferrari, qui s’étend du milieu des années 90 jusqu’à 2011, comprend une dizaine de films documentaires présentant des trajectoires féminines dans les arts ou l’histoire.

La cinéaste a amorcé sa collaboration avec l’ONF avec By Woman’s Hand, son premier film sorti en 1994. Le documentaire relatait le parcours des trois artistes peintres Prudence Heward, Sarah Robertson et Anne Savage, qui ont contribué dans les années 20 à lancer le groupe de Beaver Hall, un mouvement en peinture essentiellement féminin basé dans le Montréal anglophone.

L’ONF met également de l’avant The Petticoat Expeditions (1997), documentaire basé sur les voyages dans le Haut-Canada de l’écrivaine britannique féministe Anna Brownell, L’Art du documentaire (2008) et sa dernière réalisation, Source (2011).

Le président de l’ONF Claude Joli-Coeur a souligné par voie de communiqué que la communauté des cinéastes au Québec a perdu « une amie chère ». « Comme écrivaine, productrice, cinéaste et mentore pour les cinéastes de la relève, Pepita était une véritable défenseure du cinéma documentaire. Plusieurs de ses œuvres attiraient l’attention sur les réalisations de femmes artistes fortes qui ont fait figure de pionnières — à l’image de Pepita Ferrari », a déclaré Claude Joli-Coeur.

Parallèlement à son implication dans l’univers cinématographique, Pepita Ferrari a touché à d’autres médiums d’expression artistique, comme la peinture, et a également écrit dans le magazine Point of View.