Le danseur et chorégraphe urbain Raphael Hillebrand présentera The Mask le 23 septembre à l'occasion du Festival Masqalors! Programmation et tarifs au www.masqalors.ca.

L'art du masque démasqué à Saint-Camille

Du 21 au 24 septembre, le village de Saint-Camille bouillonnera une fois de plus d'activités culturelles lors de la 5e édition du Festival Masq'alors! Une occasion de faire rayonner cet art méconnu, mais aussi de porter une réflexion sur des enjeux contemporains.
Le Festival Masq'alors! a comme mission d'offrir une fenêtre internationale sur l'art intemporel du masque. « Le milieu du masque n'est pas beaucoup développé au Québec. C'est même difficile de trouver des artistes qui travaillent le masque. On a plus de chance à l'international. Notamment en France et en Belgique, d'où on reçoit plusieurs propositions. Même que le festival est bien connu là-bas », souligne la fondatrice Hildegund Janzing.
Pour la programmation, les organisateurs s'attardent à bien équilibrer le contemporain et le traditionnel. On retrouvera entre autres Raphael Hillebrand, danseur urbain et chorégraphe allemand, dans un duo de danse contemporaine et urbaine avec le danseur Louis Lou-Ease Becker et les masques de l'artiste berlinois Manuel Müller.
Du côté traditionnel, les danseurs et percussionnistes d'Air Sans Frontière, de la Côte d'Ivoire, présenteront Le pouvoir du
raphia - Les initiés de la Côte d'Ivoire, une prestation faisant voyager à travers leur pays d'origine et ses nombreux rituels sacrés.
Plus d'une cinquantaine d'artistes participeront aux festivités comportant plusieurs spectacles, expositions et conférences. Mais l'événement est aussi une occasion de réflexion et de discussion. En ce sens, la journaliste Kenza Bennis tiendra une conférence au sujet du voile islamique. Elle a interrogé plusieurs Québécoises portant le voile ou non afin de dégager les nuances de cet enjeu identitaire.
L'équipe du festival a aussi tenu à rendre hommage à la plasticienne et fondatrice de la Galerie des Nanas de Danville, Martine Birobent, décédée en mars 2016. Comme clin d'oeil, la marraine d'honneur de l'événement est Véruschka, un mannequin en habit crocheté créé par la défunte artiste.
Un festival en croissance
Au départ, Hildegund Janzing voulait créer un événement unique, mais la réponse du public en a fait un festival récurrent.
« J'ai fait du théâtre et de la thérapie par le théâtre. Je me suis alors intéressée au travail du masque. J'ai voulu mettre tout ça ensemble pour inviter des artistes et des intervenants de plusieurs domaines. J'ai donc monté une équipe pour mettre l'événement sur pied », raconte celle qui a mené des études en anthropologie.
Elle est d'autant plus heureuse que ce festival unique en Amérique du Nord ait lieu à Saint-Camille. « C'est très différent, un festival dans un village plutôt que dans une ville. Les artistes habitent dans les familles, tout le monde mange ensemble, il y a beaucoup d'échanges. Sur le plan humain, c'est très intéressant, beaucoup d'amitiés se créent. »
L'équipe a encore des idées plein la tête pour faire perdurer cet événement rassembleur et familial.