Une murale a été inaugurée mercredi au Centre de réadaptation en dépendance de l’Estrie. Sur la photo, l’éducateur Marc Fournier et la stagiaire Carolanne Saint-Louis, qui ont piloté le projet, et deux participants, Anthony Tardif et Charles Sévigny.

L’art au service des usagers

En prenant leurs pinceaux pour créer une murale extérieure, des usagers du Centre de réadaptation en dépendance de l’Estrie ont fait beaucoup plus que de mettre de la couleur dans leur milieu de vie. L’activité, qui s’est étalée sur plus de trois semaines, a permis aux participants de s’exprimer par l’art et d’échanger entre eux.

L’oeuvre, sur laquelle on retrouve notamment la citation d’Albert Einstein « La vie, c’est comme une bicyclette. Il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre », a été inaugurée mercredi matin, en présence de ses créateurs.

« C’est un projet créatif qu’on a développé avec nos usagers. On a un local de créativité ici, on voulait changer les murs de ciment à l’extérieur et faire quelque chose de plus vivant. On a demandé à chaque usager de nous faire un dessin que l’on pourrait mettre sur la murale et qui voulait dire quelque chose pour eux. Chaque usager a amené son dessin et on les a mis bout à bout pour former la murale. C’est eux-mêmes qui l’ont peinte au complet », explique Marc Fournier, éducateur au Centre de réadaptation en dépendance de l’Estrie. Il souligne que l’expérience s’est aussi avérée une façon pour les participants de traduire leur vécu.

Quelle place prennent les arts au centre? Pour le moment, explique M. Fournier, on parle de créativité libre, mais le projet est en développement. « Le local est quand même récent, mais tranquillement, on le développe. C’est un endroit où ils peuvent développer leur créativité, se vider la tête, s’exprimer par le médium qu’ils veulent : peinture, dessin... On a plein d’options qu’on peut leur offrir et c’est quelque chose qui est appelé à se développer... »

Une murale changeante

L’intiative a été une belle façon de créer des liens entre les usagers et les intervenants dans un cadre autre que le travail ou l’hébergement, constate M. Fournier.  

Anthony Tardif a réalisé un inukshuk, qui représente un repère.

« Souvent, quand on arrive ici, on perd nos repères. Ici, c’est un endroit où on a la chance de les retrouver et de repartir à neuf », commente le participant, qui a vu plusieurs bénéfices au projet. « Ça nous permet de créer et d’échanger au niveau des idées artistiques avec les autres usagers. » Anthony a du même coup retrouvé l’intérêt qu’il avait pour l’art, raconte-t-il.

Charles Sévigny, pour sa part, aimait déjà dessiner à l’occasion. Cette fois, il a laissé tomber ses crayons noirs pour plonger dans la couleur. « C’était l’fun de faire changement », souligne celui qui a apprécié de sortir de la routine quotidienne.
La murale pourrait changer de visage chaque année, selon la créativité des utilisateurs du centre.

« Elle pourra au cours des années se modifier et être remise à neuf au goût des expériences créatives de ceux qui seront présents », souligne M. Fournier.

Le Centre, qui fait partie du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, accueille des gens qui ont divers problèmes de dépendance (al-cool, jeu, drogues) et/ou de santé mentale.

Il accueille 26 personnes qui vivent avec des problèmes de santé mentale « persistants ou sévères » et compte 16 places pour les personnes ayant des problème de dépendance, en plus d’offrir des services à l’externe.