Alain Labonté pose fièrement en compagnie de l'oeuvre de son amie Kim Thuy mise en vente au profit des Impatients.

L'art au service de la santé mentale

Pour une quatrième année, près d'une centaine de peintures, de dessins et de photographies seront mis en vente à la galerie d'art de la Maison des arts de Drummondville au profit des Impatients.
Le vernissage de l'exposition Parle-moi d'amour aura lieu le 26 janvier. Parmi les artistes qui ont accepté de jouer le jeu et d'offrir une oeuvre pour la cause, on retrouve l'auteure vietnamienne Kim Thuy ainsi que la Sherbrookoise Clémence Desrochers. Le créateur des flamboyants costumes de Diane Dufresne, Michel Robidas, le peintre et romancier Marc Séguin et une poignée d'artistes de la région de Drummondville ont également accepté de mettre le pinceau à la pâte.
Le porte-parole de l'événement drummondvillois, Alain Labonté, espère que l'exposition permettra de rapporter 25 000 $, soit 5000 $ de plus que l'année dernière. Une telle récolte permettrait, croit-il, d'ajouter une demi-journée d'atelier et, du même coup, d'aider une dizaine de personnes atteintes de problèmes de santé mentale grâce à l'expression artistique.
« Les Impatients sont tellement reconnus maintenant qu'à peu près tous les patients dirigés vers nous acceptent de participer aux ateliers. L'organisme est victime de son succès et il y a actuellement une liste d'attente qui s'allonge. On aimerait aider plus de gens, mais pour ça, il faut plus d'argent », explique-t-il.
Aux oeuvres des artistes s'ajouteront celles créées par les Impatients dans les ateliers. En plus de constituer une activité-bénéfice, Parle-moi d'amour sert à sensibiliser la population à la réalité de la maladie mentale ainsi qu'aux défis que doivent affronter ceux qui en sont atteints.
« On ne parle pas souvent de santé mentale, mais ça touche une personne sur cinq. Il faut arrêter de faire semblant. Souvent, c'est considéré comme un signe de faiblesse, mais ce n'est pas le cas. Je considère que c'est un cadeau que j'ai eu de vivre dans ce monde-là. Je n'ai jamais perçu ma mère comme une personne malade, je l'ai toujours perçue comme une personne à part entière et c'est ce qui fait que je suis l'homme que je suis aujourd'hui. J'invite les gens à cesser de juger les gens qui ont des problèmes de santé mentale, car nous sortons tous perdants de cette attitude. »
25e anniversaire
L'année 2017 promet d'être festive pour l'organisation des Impatients, qui célèbre son 25e anniversaire. Créé à Montréal, l'organisme a commencé à étendre ses tentacules dans la province au cours des dernières années. Drummondville est le premier centre fondé en dehors de la région métropolitaine. « On a choisi Drummondville parce que la communauté d'ici a voulu s'y investir fièrement. Que ce soit le maire Alexandre Cusson, la psychiatre Marie-Claude Parent ou la Maison des arts, ils ont tous adopté la cause et ils y sont toujours fidèles », raconte M. Labonté. Les oeuvres des Impatients demeureront aux enchères jusqu'au 21 février.