Environ trois semaines par animal et quatre semaines par personnage ont été consacrées pour meubler le quai d’embarquement, sur lequel attendent Noé, sa femme et leurs trois fils, de même que différentes espèces d’animaux.
Environ trois semaines par animal et quatre semaines par personnage ont été consacrées pour meubler le quai d’embarquement, sur lequel attendent Noé, sa femme et leurs trois fils, de même que différentes espèces d’animaux.

L'Arche de Noé selon Claude Lafortune : fragiles espèces

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
À la fin de l’exposition L’Arche de Noé selon Claude Lafortune, les visiteurs du Musée de la nature et des sciences sont invités à coucher sur une étoile de papier un souhait pour la prochaine année. À travers les constellations qui descendent du plafond, un enfant inconnu a inscrit : « Que les animaux ne soient plus en voie d’extinction ».

Pour Michelle Bélanger, directrice générale et conservatrice du Musée de la nature et des sciences, là est toute la pertinence de recevoir cette exposition « contemplative » et multidisciplinaire, où l’histoire d’un mythe devient la bougie d’allumage d’une vaste réflexion.

« Ce n’est pas le côté religieux qui est mis de l’avant, mais plutôt les sculptures elles-mêmes et le message d’espoir qu’elles peuvent véhiculer. On veut notamment que les visiteurs s’interrogent sur la question des changements climatiques », explique celle qui souhaite que tous s’imaginent la forme que prendrait leur arche. Bref, ce que chacun peut faire pour remédier à l’appauvrissement de la biodiversité.

L’exposition, qui s’articule autour de 25 œuvres de papier du bien connu Claude Lafortune, l’artiste derrière la populaire émission de Radio-Canada L’Évangile en papier (1975-1976), s’amorce avec une étude historique du récit millénaire de Noé et de sa célèbre embarcation. On y apprend entre autres que ce mythe aux multiples variations est commun à plusieurs cultures et religions, et qu’il est plutôt périlleux d’accoler une date précise au fameux déluge.

Selon Mme Bélanger, les visiteurs sont particulièrement impressionnés par la qualité de l’exécution des sculptures, qui ont pourtant été façonnées sans plans au préalable. « Lorsqu’on prend L’Évangile en papier comme référence, on s’aperçoit que les œuvres de l’exposition sont largement plus détaillées que dans l’émission. Leur grandeur surprend aussi énormément », note-t-elle.

Un écriteau indique d’ailleurs qu’environ trois semaines par animal et quatre semaines par personnage ont été consacrées pour meubler le quai d’embarquement, sur lequel attendent Noé, sa femme et leurs trois fils, de même que différentes espèces d’animaux. Des lions, des girafes et des singes figurent par exemple en paire, tandis qu’ont été créés d’autres espèces en solitaire, comme un paon, un macareux et un berger de Pyrénées. 

« Le préféré des gens est assurément le colibri », note Mme Bélanger. Difficile en effet ne pas s’attarder sur les différents oiseaux, dont les plumes de papier, hautement travaillées, surprennent l’œil.

Dans une vidéo de La Fabrique culturelle diffusée sur place, M. Lafortune explique avoir par exemple utilisé un sac de poubelle, du papier chiffonné et des journaux pour confectionner la dernière pièce : un cerf. L’octogénaire avance également qu’il pourrait « probablement » s’agir de sa dernière exposition.

Le Noé de Claude Lafortune

Changer les habitudes

L’Arche de Noé selon Claude Lafortune été réalisée par le Musée des religions du monde de Nicolet, qui a décidé d’en faire une exposition itinérante. « On est très contents que cette exposition-là puisse voyager à travers le Québec », partage Mme Bélanger, qui y a vu l’occasion de dresser un parallèle entre ces animaux de papier et la collection de spécimens naturalisés actuellement présentée dans Alteranima au musée.

« Notre public nous demande des expositions qui sortent un peu de l’ordinaire pendant les Fêtes et les vacances d’été. On se veut un lieu familial qui fait découvrir de nouvelles choses », indique Mme Bélanger pour expliquer ce choix de programmation, aussi scientifique que poétique.

Une décision qui semble jusqu’à maintenant gagnante, puisque vendredi, 220 personnes ont foulé le sol du salon Eddie Savoie, où est installée l’exposition. Si les plus âgés en profitent pour se remémorer la période où Claude Lafortune occupait leur écran, les plus petits trouvent leur compte dans l’activité « cherche et trouve » qui accompagne les sculptures. 

Un atelier intitulé Les animaux de l’Arche de Noé se tiendra le 4 janvier prochain. Les visiteurs seront invités à se glisser dans la peau de M. Lafortune en fabriquant leur propre animal en papier.

Vous voulez y aller ?

L’Arche de Noé selon Claude Lafortune
Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke
21 décembre 2019 au 12 janvier 2020
Adulte : 13 $
Enfant 4-17 ans : 9 $

L'exposition est ouverte au public jusqu'au 12 janvier au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.