Avec l’enthousiasme qu’on lui connaît, Gilles Vandal a dédicacé quelques livres au lancement de Donald Trump et la déconstruction de l’Amérique, mardi, à l’Université de Sherbrooke.

L’Amérique selon Gilles Vandal

SHERBROOKE — Le spécialiste de la politique américaine Gilles Vandal avait choisi une date historique, mardi, pour procéder au lancement de son livre Donald Trump et la déconstruction de l’Amérique.

Pendant que les Américains étaient appelés aux urnes pour les élections de mi-mandat, M. Vandal présentait ce 10e ouvrage qui constitue un recueil de plus de 90 analyses parues dans La Tribune entre 2015 et 2018, soit depuis que Donald Trump « est entré sur la scène politique un peu comme un ouragan qui n’a pas cessé d’ébranler le système américain ».

« La sortie du livre arrive ainsi à un moment-clé puisque c’est une élection névralgique pour les États-Unis », justifie le professeur émérite à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, qu’on peut lire toutes les semaines dans La Tribune.

« J’ai toujours pensé qu’une élection majeure survient tous les 30 ans, reprend M. Vandal. Jusqu’à récemment, je considérais que ce serait celle de 2008 (élection de Barack Obama), mais là, ça risque d’être celle de 2016 (élection de Donald Trump), à moins qu’on soit capable de tempérer ce que Trump est en train de faire. C’est pour ça que l’élection de mi-mandat devient si importante. C’est de savoir si l’on réussira ou non à lui mettre des balises. »

Critique de la manière Trump et de ses décisions, Gilles Vandal a trouvé depuis trois ans une mine inépuisable de sujets à commenter. Et il ne se gêne pas pour décrier le personnage. 

« Trump est contre toute rectitude politique et ça rejoint un certain électorat qui aime qu’il n’ait pas la langue de bois, déplore-t-il. De la façon dont il le fait, on s’aperçoit qu’il n’a aucun critère moral, aucun respect. Il a une attitude indécente sur bien des choses et je trouve que ça deviendrait trop complaisant de faire l’équilibre entre les deux. Lui ne veut que des gens qui sont là pour l’applaudir et si l’on veut défendre des valeurs fondamentales, il faut manifester notre opposition, même si on n’est pas aux États-Unis. Sinon il y a un risque de voir le phénomène Trump faire tache d’huile dans le monde. »

Gilles Vandal était entouré de plusieurs collègues pour ce lancement en fin de journée. Ils ont vanté la connaissance, l’engagement, la rigueur et le militantisme au sens intellectuel du terme de celui qui a contribué à bâtir l’École de politique appliquée de l’UdeS.

« Je suis fier d’appartenir à l’École de politique appliquée parce qu’il est là », a notamment salué Sami Aoun, lui-même souventes fois appelé à commenter l’actualité politique dans les médias à titre de directeur de l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (OMAN) de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, et qui a cosigné deux livres avec M. Vandal au temps de Barack Obama.

Directeur général et éditeur adjoint de La Tribune, Maurice Cloutier a pour sa part dit sa fierté d’avoir recruté ce collaborateur « exceptionnel » en 2009.

« Ses analyses fines, percutantes et fort bien documentées sont un rendez-vous attendu de nos lecteurs. Ceux-ci me l’ont témoigné à plusieurs reprises. »