Les cinq danseuses de la chorégraphie Courants, par Élise Legrand.

L'ambiance de la rivière bientôt transportée dans le centre-ville de Sherbrooke

Le centre-ville de Sherbrooke est entouré de rivières. Pourtant, presque aucune trace des cours d’eau n’est visible par les citoyens, il faut fouiller pour accéder aux points de vue. Annie Deslongchamps veut ramener un peu de cette énergie dans les rues de la ville.

Il y a tout juste un an, le projet Flow est né. Soutenu financièrement par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec et par la Ville de Sherbrooke, il consiste à présenter quatre chorégraphies de danse originales in situ, qui s’inspirent de l’environnement dans lequel il est présenté.

Les prestations seront filmées, modifiées et projetées sur les édifices du centre-ville, sous plusieurs formes. Le Musée des beaux-arts, la Maison du Cinéma et Estrie Aide sont les lieux en tête pour la projection des courts-métrages.

« En lisant la description de l’entente triennale, ils voulaient animer le centre-ville. On ne les voit pas les rivières au centre-ville, puis c’est ça qui le délimite. On va faire les danses aux frontières et les amener dans le centre-ville », explique Mme Deslongchamps, qui porte le chapeau de directrice artistique.

Chorégraphes, danseurs, réalisateurs et scénographes seront de l’équipe pour réaliser le projet qui sera complété à l’été 2019.

« C’est vraiment une équipe, tout le monde lance leurs idées, c’est vraiment un mélange d’inspirations. Ça peut prendre beaucoup de directions. J’ai hâte de voir comment ça va sortir », ajoute celle qui danse aussi dans deux des quatre chorégraphies.

Samedi, la compagnie de danse Axile présentait les deux premières chorégraphies au public. Les danseurs ont pris d’assaut la terrasse du barrage Frontenac, avec Courants d’Élise Legrand, et la promenade de la rivière Magog, avec Petite Société Marine de Liliane St-Arnaud.

« Courant c’est une chorégraphie que j’ai créée en 2016. C’est quelque chose qui s’inspire de la force des chutes, de la rivière et des courants, du vent, des oiseaux… Dans le cadre du projet Flow, j’en ai pris un extrait. Ça fait longtemps que je veux investir dans ce milieu-là, je le trouve vraiment magnifique et peu utilisé. Peu de gens connaissent ce bout-là de la rivière », précise Mme Legrand qui est ravie de savoir que le projet pourra faire connaitre la Terrasse du barrage Frontenac.

Aussi très contente de donner une autre vie à son projet au travers de Flow, la chorégraphe a hâte de voir le résultat l’an prochain dans le centre-ville.

« C’est excitant, ça permet de faire vivre le projet et de donner une autre dimension au in situ, parce que c’est souvent des one shot. Ça va être un autre produit artistique complètement ».

Durant la présentation de Courants, le public se tenait sur la passerelle, alors que les danseurs restaient sur la terrasse. Il était donc possible de voir les mouvements de haut, ce qui donne un angle intéressant.

Quant à la deuxième chorégraphie in situ, présentée sur la promenade près de la rivière, l’univers est davantage inspiré par « un milieu organisé dans lequel évoluent des personnages soudés, guidés par une loi commune et soumis à l’intensité variable des courants ».

Les deux autres prestations de danse seront présentées et filmées le printemps prochain, Annie Deslongchamps a quelques lieux en tête, mais le tout reste à être confirmé.