Presque cinq ans après sa première présentation au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke et l’annonce de son éventuelle installation permanente à Lac-Mégantic, l’exposion Clovis, peuple chasseur de caribous n’a toujours pas de local pour être accueillie dans la région du Granit.

Lac-Mégantic : aucune installation permanente en vue pour l'exposition « Clovis »

L’exposition « Clovis, peuple chasseur de caribous » finira-t-elle par être installée de façon permanente à Lac-Mégantic, comme cela avait été annoncé en 2015? Presque cinq ans plus tard, rien ne semble avoir bougé dans l’aménagement d’un lieu pouvant recevoir cette exposition, inspirée des recherches archéologiques menées dans la région du Granit, et qui est de retour jusqu’en juin au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke (MNSS).

Il faut dire que, depuis sa création et sa première présentation au MNSS en automne 2015, Clovis, peuple chasseur de caribous est partie en itinérance un peu partout au Canada et a ainsi été vue par plus de 38 000 visiteurs. De 2016 à 2019, l’exposition a visité Thetford Mines, Val-d’Or, Moncton au Nouveau-Brunswick, Saint-Georges-de-Beauce, La Prairie, Prince-George et Prince-Rupert en Colombie-Britannique, Portage au Manitoba et Minesing en Ontario. Dans l’intervalle, rien ne semble toutefois avoir été mis en œuvre pour préparer son installation à Lac-Mégantic.

« Il y a un manque de locaux pour l’accueillir », confie André Samson, du Service des loisirs de Lac-Mégantic et animateur culturel. « La Ville de Lac-Mégantic a participé au financement de l’exposition, ce que nous avions appelé Le Méganticois, au point de départ. Je crois que la volonté politique y est, mais c’est compliqué », ajoute M. Samson.

« Pour nous, l’exposition est très importante, avec beaucoup de potentiel, mais actuellement, personne ne peut prévoir un endroit où l’installer. Il y aurait logiquement la gare, où la salle Monique Dumaine-Bourque n’est plus vouée à la culture pour l’instant, car elle a été occupée par l’entreprise AECOM à la suite de la tragédie de 2013, puis par le marché public actuellement. »

« Les décisions pour abriter l’exposition Clovis appartiennent aux élus du conseil municipal. Est-ce qu’il y aura de la place éventuellement, comme dans l’ancienne usine de Billots Sélect Mégantic, ou dans d’autres bâtiments? C’est ce qu’on verra », conclut André Samson, qui reste optimiste.

Retour en entrepôt?

L’exposition découle principalement des fouilles archéologiques effectuées sur le site Cliche-Rancourt, tout près de la rive du lac Mégantic, depuis 2001. L’École de fouilles de l’Université de Montréal, avec son directeur Claude Chapdelaine, amorçait alors une décennie de fouilles archéologiques fructueuses à l’embouchure du lac et de la rivière aux Araignées, sur le territoire de Frontenac. Le site Cliche-Rancourt est le plus vieux où ont été découverts des artéfacts qui prouvent le passage des premiers hommes foulant le sol du Québec, il y a 12 000 ans, à l’ère dite du Paléoindien. 

Pour l’archéologue Éric Graillon, également animateur au MNSS, le retour à Sherbrooke de Clovis, peuple chasseur de caribous n’est vraiment pas problématique, au contraire. « Nous sommes heureux de la remettre à l’agenda du musée, pour le public. C’est une très belle exposition, vraiment! »

« Et en juin prochain, si Lac-Mégantic n’est pas encore prête à la recevoir en permanence, nous allons la replacer dans les caisses prévues pour la conserver en entrepôt, le temps que soit trouvée une solution. Nous allons attendre des nouvelles du conseil municipal de Lac-Mégantic. Il n’y aura pas de coûts supplémentaires pour nous. Ça nous plaît de la reprendre… » ajoute-t-il.

« Tout cela s’annonçait mieux avant la tragédie de Lac-Mégantic en 2013, qui a mis pas mal de choses sur la glace… Mais Le Méganticois, c’est important, ce sont les premières incursions des premiers hommes sur ce territoire. Ces particularités n’existent pas ailleurs. »

« Le nom de Clovis peut prêter à confusion par rapport aux Amérindiens dont on a surtout parlé à Lac-Mégantic. Il s’agit de la tradition culturelle reconnue pour le nord-est de l’Amérique du Nord, caractérisée par les pointes de lance à cannelures. Celles-ci ont aussi été trouvées au Nouveau-Mexique, près de la petite ville de Clovis, baptisée ainsi par le chef de gare dont la fille étudiait ce roi des Francs », raconte M. Graillon.