Dans leur nouvelle création, Elise Legrand et Simon Durocher-Gosselin de Labokracboom explorent la chute et le laisser-aller en utilisant notamment le parcours, la danse contemporaine et le mât chinois.

Labokracboom : une nouvelle création déstabilisante

Après avoir tourné pendant 10 ans le même spectacle, Labokracboom propose maintenant une nouvelle création totalement différente alliant danse contemporaine, disciplines de cirque et parkour (voir plus bas). Une proposition artistique dont Elise Legrand et Simon Durocher-Gosselin sont particulièrement fiers.
C'est samedi à Bouffe ton centro que Chute libre de Labokracboom a été dévoilé au public sherbrookois. La première avait eu lieu plus tôt cet été au Shazamfest.
« Le spectacle est vraiment fidèle à Labokracboom. Dès le début, les bases de la compagnie c'était la volonté d'intégrer différentes disciplines : le cirque, la danse, le théâtre physique. Dans cette création-ci, on a la danse contemporaine avec certaines disciplines de cirque comme le mât chinois. Il y a aussi beaucoup de portées et de chorégraphies acrobatiques. Un nouvel élément c'est le parkour », explique Simon Durocher, co-créateur.
Lui et Elise Legrand ont entamé cette production l'hiver dernier. Pour l'instant, ils proposent une version d'une quarantaine de minutes exclusivement pour le théâtre de rue. Ils pourront ainsi s'adapter et mûrir de nouvelles idées pour une version en salle d'environ une heure.
Pour Chute libre, les deux créateurs sont aussi interprètes : Elise à la danse (et même à l'accordéon) et Simon au mât chinois. Ils sont accompagnés de trois autres personnes : Gabriel Catudal au parkour, Joachim Yensen, danseur contemporain, et Marc Benazet, qui accompagne notamment Simon Durocher-Gosselin au mât chinois.
Du renouveau
« On est parti avec la philosophie du parkour pour s'inspirer. En fait, c'est de créer son propre chemin, de sortir des sentiers battus. Le titre Chute libre est venu assez tôt dans le processus. On est allés beaucoup dans les déséquilibres, se laisser tomber, faire confiance à l'autre. Justement avec l'idée du mât chinois, c'est en hauteur, c'est la chute », souligne Elise Legrand.
« Il y a deux ans, on a donné des cours de partenaires main à main au Module, qui est un espace d'entraînement pour le parkour. C'est là qu'on a découvert le milieu et ç'a aussi aidé à faire germer notre idée de spectacle incluant le parkour parce qu'on se reconnaissait beaucoup dans leur façon d'être et de bouger », ajoute Simon.
Après dix années à tourner Les Chroniques du Laboratoires UniK, les artistes se jugeaient mûrs pour une nouvelle création qui pousserait surtout les aspects physiques et techniques.
Contrairement à leur précédent spectacle, Chute libre ne suit pas une trame narrative.
« On a plus exploité un thème qu'une histoire. C'est vraiment des tableaux, différentes images. Il y a des liens entre nous, mais pas de fil narratif », souligne Simon.
Le spectacle est tout jeune, mais les deux artistes souhaiteraient le voir partir en tournée dans les prochaines années au Québec, mais aussi ailleurs. « On commence à bien connaître le marché en Europe puis je pense que ça pourrait bien marcher. Ça aurait sa place », estime Elise.
Notons que les deux autres cofondateurs de Labokracboom, Cyril Assathiany et Bruno Gagnon, ont aussi pondu un nouveau projet cette année : une marionnette géante déambulatoire.
Qu'est-ce que le parcours?
Le parkour, nous apprend l'encyclopédie en ligne Wikipédia, « est une discipline sportive ou acrobatique, qui consiste à franchir successivement divers obstacles urbains ou naturels, par des mouvements agiles et rapides et sans l'aide de matériel, par exemple par la course, des sauts, des gestes d'escalade, des déplacement en équilibre, etc. »
Également appelé art du déplacement, free-running ou free-run, « le parkour, en tant que loisir ou discipline sportive autonome, est apparu dans les années 1990 », poursuit Wikipédia, qui précise que les gens qui pratiquent cette discipline sont désignés comme des « traceur » ou des « free-runner ». On dit enfin qu'« il est longtemps resté inconnu du grand public et des institutions sportives, mais il a récemment bénéficié d'une certaine exposition médiatique (publicité, films) ».