Auteure originaire de Windsor, Alexie Morin figure au palmarès des Prix des libraires du Québec 2019, dans la catégorie Roman québécois, grâce à son roman autobiographique Ouvrir son cœur.

La Windsoroise Alexie Morin récompensée

L’auteure originaire de Windsor Alexie Morin a vu son troisième livre intitulé Ouvrir son cœur être sacré grand gagnant dans la catégorie Roman québécois, lors du Gala des Prix des libraires du Québec qui se déroulait jeudi soir au Club Soda de Montréal.

Alexie Morin était particulièrement reconnaissante que ce prix lui ait été remis par des libraires.

« Ils sont des lecteurs exceptionnels. Voir que mon livre est reconnu par des gens de qualité comme eux, ça me réjouit beaucoup et c’est flatteur. Je suis très émue. Ce prix a une énorme valeur symbolique. C’est une belle reconnaissance critique », souligne-t-elle.

Grâce à ce prix, Alexie Morin remporte une bourse d’une valeur de 10 000 $ offerte par le Conseil des arts et des lettres du Québec.

Ouvrir son cœur a été préféré aux romans Manuel de la vie sauvage (Jean-Philippe Baril-Guérard), Mère d’invention (Clara Dupuis-Morency), Querelle de Roberval (Kevin Lambert) ainsi qu’Une affection rare (Catherine Lemieux).

Replonger dans ses souvenirs

Ouvrir son cœur, présenté comme autobiographique, met de l’avant la jeunesse difficile de son auteure en raison de sa différence. La honte, le rejet ainsi que la peur sont certains des thèmes qui y sont abordés. Le roman illustre la solitude d’une enfant vivant dans une petite ville industrielle.

« Je raconte des expériences que j’ai vécues durant les vingt premières années de ma vie avec le point de vue de la femme de 35 ans que je suis devenue aujourd’hui », mentionne l’écrivaine.

Son amitié avec une enfant malade prend une grande place dans le roman. « Au centre de ce livre, il y a la petite fille que j’étais, avec un strabisme convergent sévère, et ma meilleure amie Fannie, atteinte d’une maladie cardiaque très grave. Ouvrir son cœur raconte l’amitié très fusionnelle et parfois pleine de jalousie entre les deux petites filles qui ont commis des choses un peu plus noires que la moyenne », explique-t-elle.

Pour l’auteure, il n’a pas été si difficile de se replonger dans les moments plus obscurs de sa jeunesse. « Tous les processus d’écriture se mettent en contact avec des choses dures à regarder. Cette fois-ci, qu’on utilise mes souvenirs et mes traumatismes, ça change quelque chose, mais pas autant qu’on pourrait penser d’un point de vue extérieur. »

Grandir avec le public

Les rencontres avec le public après la sortie de son roman ont transformé Alexie Morin, révèle cette dernière. « Le moment où j’ai rencontré des gens qui avaient lu mon livre m’a plus transformée que l’écriture en soi. Une fois que le livre existe, tu découvres qu’il y a plus de choses dedans que tu avais pensé », expose-t-elle.

L’écrivaine a reçu des témoignages de gens souffrant de strabisme ou d’adultes dont l’expérience de vie était totalement différente, mais qui se reconnaissaient également à travers son histoire. « Je trouve ça touchant et honnête qu’ils viennent me voir. Tout le monde a déjà été jeune et se souvient de l’intensité des émotions à l’adolescence. »

Alexie Morin travaille actuellement sur l’écriture d’un roman de fiction.

Les autres lauréats québécois sont Francis Desharnais pour La petite Russie (catégorie bande dessinée), Joséphine Bacon pour Uiesh — Quelque part (catégorie Poésie) et Robyn Maynard pour NoirEs sous surveillance : Esclavage, répression et violence d’État au Canada (catégorie Essai). Il y avait également deux catégories hors Québec, qui ont été remportées par Le lambeau de Philippe Lançon (Roman), déjà prix Femina 2018, et Moi aussi, j’aime les monstres d’Emil Ferris (Bande dessinée).

Le Gala du Prix des libraires vise à promouvoir de façon générale la littérature et à reconnaître chaque année l’excellence de 24 livres. Le comité de sélection 2019 pour les romans du Québec était composé de sept juges provenant des différentes librairies de la province.