Julie Myre-Bisaillon publie son premier roman, Des réguines et des hommes.

La vie rurale en pièces détachées

Pour certains, les décors bucoliques de la campagne suscitent l’inspiration. Pour Julie Myre-Bisaillon, professeure d’université, c’est le quotidien avec son chum maraîcher et toutes les péripéties qui y sont rattachées qui l’ont poussée à noircir des carnets de notes. Des notes qui l’ont menée à la publication de son tout premier livre, Des réguines et des hommes, racontant leur vie à deux en différents tableaux.

Professeure à la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke depuis 15 ans, Julie Myre-Bisaillon s’intéresse notamment à l’éveil à la lecture chez les enfants. Elle a, au fil des ans, publié plusieurs articles scientifiques et des ouvrages didactiques. Des réguines et des hommes n’était pas du tout prévu.

« C’est arrivé complètement par hasard. J’ai toujours écrit, mais de là à dire que ça va donner un roman... Il faut quand même un bon filon. C’est vraiment au contact de cette ruralité et des projets de mon chum, qui développait son entreprise, que ça s’est construit. Souvent, j’écrivais quand j’étais en voyage dans des contextes universitaires, baignant dans d’autres cultures complètement différentes. J’écrivais ce que je vivais au quotidien... J’ai eu des périodes où je le faisais pour le plaisir. Là, c’est la première fois où quelque chose se concrétise. »

« Quand mon chum a commencé à démarrer son entreprise [NDLR Le jardinier déchaîné à Cookshire-Eaton], il fallait travailler le terrain. On partait presque de zéro. On vivait vraiment beaucoup de péripéties. Je racontais ça à mes amies à Sherbrooke et mon amie m’a dit qu’il fallait que j’écrive ça. Je me suis mise à coucher de petites histoires sur papier. Ça s’est un peu construit comme ça, en pièces détachées. Ça me permettait d’évacuer et de dire : il faut vraiment que j’en prenne mon parti et que je trouve ça drôle, sinon on ne survivra pas... »

La Tribune avait d’ailleurs raconté l’été dernier l’histoire de Yannick Côté, qui a abandonné une carrière en communication pour se lancer dans la production maraîchère.

JULIE MYRE BISAILLON
Des réguines et des hommes
 ROMAN 
 Hurtubise HMH 
 220 pages

Lopin de créativité

Les quelque 200 pages et les scènes glanées au quotidien font sourire, souvent. Et, comme l’auteure le répète : « L’important, avec la vie, c’est qu’il faut que ça reste drôle. »

Et puis, il y a toute une communauté qui se dessine quand on prend racine sur un lopin du hameau de Saint-Mathias-de-Bonneterre. « Quand j’ai vu mon chum et les voisins se débrouiller, je trouvais qu’il y avait quelque chose de créatif là-dedans. Ça m’impressionnait. »

Julie Myre Bisaillon, « une petite fille de Maniwaki », est la preuve qu’il ne faut dire jamais. « Quand je suis revenue à la ville il y a une dizaine d’années, je me disais qu’il n’y avait plus personne qui me ramènerait à la campagne. C’était trop loin. J’avais besoin de faire les choses à pied... En ville, tout est à proximité. »

Mais aller s’installer en campagne était le compromis qu’il fallait faire, souligne-t-elle.

La mère de deux filles de 11 et 15 ans met la main à la pâte lors des périodes très occupées, par exemple en se rendant au marché. Pendant la haute saison, son conjoint peut travailler facilement de 12 à 14 heures par jour. Or, le rythme du boulot de Julie Myre-Bisaillon ralentit pendant la période estivale : écrire est aussi devenu un passe-temps.

Le couple planche actuellement sur un projet de « resto fermier », qui donnera une large place aux produits du Haut-Saint-François et des légumes du jardin. « Ça va être un projet d’été », souligne-t-elle, en notant qu’elle et son conjoint pourront en dire davantage bientôt.

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Lancement du livre
Des réguines et des hommes
Mardi 8 mai, 17 h
Le Boq, 50, rue Wellington Nord, Sherbrooke
Entrée gratuite