La chanson <em>La vie d’factrie</em> de Clémence DesRochers, inspirée en grande partie de son enfance rue Pacifique, sera intronisée jeudi au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens lors de l’émission <em>Bonsoir bonsoir!</em>
La chanson <em>La vie d’factrie</em> de Clémence DesRochers, inspirée en grande partie de son enfance rue Pacifique, sera intronisée jeudi au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens lors de l’émission <em>Bonsoir bonsoir!</em>

La vie d’factrie de Clémence sera intronisée au Panthéon des auteurs et compositeurs

SHERBROOKE — La chanson La vie d’factrie de Clémence DesRochers sera intronisée au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens le jeudi 30 juillet à l’émission Bonsoir bonsoir!, présentée à 21 h sur les ondes d’Ici Télé. 

En entrevue téléphonique, la principale intéressée était évidemment heureuse que sa chanson reçoive cet honneur. « Ça fait plaisir de voir qu’il va rester quelques souvenirs et quelques thèmes qui auront eu une certaine valeur », de commenter, modeste, l’artiste de 86 ans. « Je suis contente d’avoir eu la joie de faire rire, de toucher et de réaliser ce que je voulais faire : être une artiste authentique. »

Cette chanson, qui décrit la vie d’une ouvrière dans une manufacture de coton tout en abordant les conditions de travail d’une main-d’œuvre majoritairement féminine, est parue en 1962 sur le premier album de l’artiste. Encore aujourd’hui, elle est associée à l’histoire du mouvement ouvrier dans la Belle Province, racontant une vie sans couleur, le vacarme des machines, les horaires ingrats, la précarité, la résignation et la solitude. 

« C’était mon décor de vie. J’habitais la rue Pacifique à Sherbrooke et quand je regardais dehors, j’avais toujours l’image des gens qui travaillaient dans les usines. Ce décor m’a inspirée », souligne Clémence. 

« La vie d’factrie [version francisée de l’anglais factory] était quelque chose de neuf quand je l’ai écrite, poursuit-elle. Chanter avec les mots d’ici, utiliser le langage de tous les jours et sur une réalité très québécoise était nouveau. Et la vie des femmes qui travaillaient dans les usines, ça n’avait jamais été chanté », ajoute celle qui a toujours souhaité rendre justice à la femme à travers son œuvre. « On n’avait jamais rien dit de toutes ces femmes effacées qui faisaient des vies sévères et arides. »

Près de 60 ans après sa sortie, La vie d’factrie, dont la musique a été composée par Jacques Fortier, est toujours aussi appréciée. « C’était une époque de création québécoise très importante. C’est pourquoi la chanson est restée », estime Clémence DesRochers.

Maison chargée de livres

La langue française occupe évidemment une place spéciale dans la vie de la fille du poète Alfred DesRochers. « Il était avant-gardiste : il nous a élevés en nous faisant connaître la poésie. On avait une maison chargée de livres. Mon père vivait pour la poésie, mais il était obligé de travailler à La Tribune pour gagner sa vie (nous étions six enfants), étant donné que la poésie ne l’a jamais fait vivre. Il devait travailler, car ses livres ne se vendaient pas », mentionne-t-elle à propos de son père.

« C’est avec une grande fierté que nous intronisons et célébrons cette chanson si importante dans l’histoire du Québec et qui, tout comme Clémence, a traversé les époques! » de commencer la directrice générale du Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens, Vanessa Thomas.

Lors de l’émission de jeudi, Clémence sera entourée de Marie Michèle Desrosiers, de Fred Pellerin et de Tire le coyote, qui, pour l’occasion, offrira une prestation toute spéciale.