Gagnante de La voix en 2016, Stéphanie St-Jean vient de lancer un premier album, sur lequel Daniel Bélanger, Michel Rivard, Fred Fortin, Caracol et Mathieu Provençal ont signé des chansons.

La vie de chanteuse à pleins poumons

La Gatinoise Stéphanie St-Jean est tombée « sur les fesses » plus d'une fois depuis qu'elle a remporté l'édition 2016 de La voix. Ces chutes n'ont pas vraiment fait mal, puisqu'elle « flotte encore sur un nuage! » lance-t-elle dans un éclat de rire qui ne ment pas sur son bonheur. Pourquoi ? Parce qu'elle chante partout où on veut bien l'entendre et qu'elle embrasse à bras le corps, et de toute sa voix, cette nouvelle vie qui la mène à toute allure sur les routes du Québec.
L'interprète flotte aussi parce qu'elle vient de lancer son premier album. Et que les « grands » Daniel Bélanger, Michel Rivard et Fred Fortin lui ont notamment offert leurs mots et leurs notes pour cette première galette.
« Pincez-moi quelqu'un! » clame l'artiste originaire de Buckingham, volubile et fébrile.
Quand est venu le temps de penser avec qui elle voulait collaborer pour son disque, Stéphanie St-Jean a fait une liste et l'a remise à son équipe des Productions J. En se disant que si une ou deux personnes sur cette liste acceptaient de la rencontrer, elle serait déjà une femme comblée.
« Je n'écris pas, je ne compose pas : ce que je sais faire, c'est chanter les mots et les mélodies des autres avec toutes mes tripes. Mais j'avais envie de m'asseoir avec différents créateurs, pour jaser, discuter de certains thèmes, pour voir s'il pouvait en sortir quelque chose. »
Le premier à répondre présent? Daniel Bélanger, avec qui l'interprète a passé quelques heures dans un café à discuter.
« Je lui ai balancé plusieurs idées. On a vraiment beaucoup ri ensemble. Après, il a choisi un thème, pour explorer le sentiment d'une femme lorsque certains hommes se croient tout permis lorsqu'ils la croisent dans la rue. »
Le résultat ? Sur les trottoirs, où Daniel Bélanger lui fait chanter : « Je marche sur les trottoirs / Sans jamais baisser les yeux / Je regarde droit devant / On ne réussira jamais /
À me faire courber l'échine / Malgré ma peur à l'intérieur. »
Michel Rivard lui a donné la délicate Si tu voulais, pendant que Fred Fortin lui a cousu sur mesure Léger léger. D'un côté, la poésie tendre et amoureuse de Rivard. De l'autre, le verbe enraciné dans le terreau fertile des émotions brutes de Fortin : « Aime-toé, comme si c'était facile / Ou si c'était futile / Comme un sondage Léger Léger ».
Chanter varié
Du gospel entraînant d'Oh! Happy Day (livrée sur le plateau de La voix lors des quarts de finale et reprise ici) à la très personnelle Ma chambre, cadeau de son coach Pierre Lapointe pour la grande finale, ses cordes vocales balancent entre notes plus flûtées et graves nuancées. Entre peines d'amour et l'envie de secouer un ami pour qu'il se retrousse les manches. Entre se glisser dans la peau des personnages créés par les auteurs dans lesquels elle reconnaît sa propre personne et son vécu.
« Les gens qui m'ont découverte à La voix m'ont entendue reprendre autant I Am Changing qu'Un peu plus haut, un peu plus loin ou encore Quand les hommes vivront d'amour. J'ai toujours eu des intérêts musicaux très variés et j'avais justement envie de ratisser large sur mon album », déclare celle qui a longtemps fait partie de groupes alignant des reprises en tous genres, dans la région outaouaise.
Elle a donc aussi puisé à d'autres sources : Sarah Bourdon, Carol Facal, Mathieu Provençal, Diane Cadieux et Tino Izzo. Stéphanie St-Jean a même fait une place spéciale à un inconnu, Nicolas Saluzzo.
« Nicolas, c'est le coloc de Jesse [Mac Cormack, le réalisateur de son éponyme]. Quand j'ai écouté Longueur d'ondes, j'ai su qu'il me fallait cette chanson : elle décrit trop bien comment je suis quand je suis en amour ! »
Elle ne craint pas de s'exposer, de livrer des pièces qui lèvent le voile sur de nouvelles facettes de sa personnalité.
« Les gens qui ont suivi La voix savent que je souffre de trouble de la personnalité limite. Je ne l'ai pas caché, et Pierre me l'a de toute façon fait chanter de façon très sentie avec Ma chambre. La réaction à cette pièce-là m'a fait comprendre que je n'avais pas à craindre de chanter qui je suis, que je pouvais toucher les gens et leur donner le goût de trouver ce qui les allume, de s'accrocher à leurs rêves. »