Marc Dauphin et Christine Gauthier ont récemment publié les deuxième et troisième tomes de leur série Plus jamais la guerre, qui transporte les lecteurs en Allemagne dans les années 1920 à 1940.

La Seconde Guerre sous un jour nouveau

Près de vingt ans après avoir publié le premier tome de la saga Plus jamais la guerre, intitulé L'anneau, le médecin retraité et ex-militaire Marc Dauphin publie deux nouveaux livres qui font suite à sa série, ceux-ci étant cette fois cosignés par son épouse, Christine Gauthier.
Lorsque le Dr Dauphin a entamé l'écriture de sa saga en 1991, son intention était surtout de faire découvrir à ses lecteurs une facette méconnue de la Seconde Guerre mondiale.
Ayant passé plusieurs années en Allemagne après ses études en médecine quand il s'est enrôlé dans les Forces canadiennes, Marc Dauphin a eu la chance de discuter avec plusieurs vétérans de ce pays. C'est ainsi qu'il a réalisé que les Allemands n'étaient pas tous des « méchants », et que la réalité de la guerre est beaucoup plus complexe qu'on pourrait le croire.
« Mon garçon, qui est né en Allemagne, allait à l'école ici et il se faisait écoeurer, se souvient l'auteur. On le traitait de nazi, de Hitler, etc. Alors je me suis dit : je vais raconter, moi, ce qui s'est vraiment passé en Allemagne dans ces années-là. Parce que ce n'était pas tout noir ou tout blanc. »
« Par exemple, peu de gens savent qu'en 1918, quand on a gagné économiquement, on l'a fait en affamant l'Allemagne, souligne-t-il. Aussitôt que les Allemands se sont rendus, au lieu de laisser rentrer la nourriture, on a continué de les affamer pendant qu'on négociait à Paris. (...) Plus de 700 000 personnes sont mortes à cause de cette famine-là, et c'était en même temps que la grippe espagnole. »
En 1998, après sept ans de relecture et de réécriture, le Dr Dauphin publie enfin le premier tome de Plus jamais la guerre. Presque aussitôt, il se lance dans la rédaction de la suite, en joignant cette fois sa plume à celle de sa femme, Christine Gauthier.
« Comment on fonctionne, c'est que je commence par écrire un texte, parce que c'est moi qui connais l'histoire et le domaine militaire, explique Marc Dauphin. Christine, elle se charge des personnages. Elle repasse sur mes textes et parfois, on peut changer le scénario complètement. (...) Ce n'est pas rare qu'on se passe les textes une dizaine, voire une quinzaine de fois. »
Au coeur du chaos
Si le deuxième tome de la série était presque achevé en 2005, la vie a fait en sorte que sa parution a dû être repoussée. Non seulement le Dr Dauphin travaillait d'innombrables heures comme urgentologue, mais en 2006, alors que la guerre faisait rage en Afghanistan, les Forces canadiennes lui ont demandé son aide.
Marc Dauphin est alors retourné en Allemagne, où il stabilisait les blessés canadiens de l'Afghanistan, qui transitent par ce pays avant de rentrer au Canada. Un an plus tard, il atterrissait en pleine zone de guerre, à Kandahar, où il devenait le commandant de l'hôpital de la base militaire.
« En 2013, Christine et moi, on a pris notre retraite (...) et on s'est remis à l'écriture vers 2014, dit-il. Entretemps, j'ai publié le livre Combat Doctor (Médecins de guerre), qui parle de mon expérience en Afghanistan. J'ai aussi été candidat conservateur dans la circonscription de Sherbrooke aux élections fédérales de 2015. »
C'est donc finalement en octobre dernier que le tome 2 de la saga, Le rendez-vous, a vu le jour, juste après que le tome 1 ait été republié. Le troisième roman, La lettre, est sorti en février.
Le couple, qui vit désormais à Coaticook, affirme que Plus jamais la guerre comptera sept volumes. « On connaît déjà les grandes lignes de chacun, mentionne Marc Dauphin. Je suis en train de préparer le quatrième, mais je suis encore à la phase de documentation. »