Deux illustres musiciens classiques issus de Sherbrooke, Robert Langevin et Tristan Longval-Gagné, seront réunis sur une même scène vendredi soir à Orford Musique.

La rencontre de deux grands talents

Deux des meilleurs musiciens classiques issus de la filière sherbrookoise, le pianiste Tristan Longval-Gagné et le flûtiste Robert Langevin, seront réunis sur une même scène vendredi soir à Orford Musique. Proposé dans le cadre du 60e anniversaire du Concours de musique du Canada (CMC) — Canimex, leur concert promet d’être un moment riche en émotions et en découvertes.

Tristan Longval-Gagné et Robert Langevin, deux anciens participants au CMC, n’ont jamais travaillé ensemble. Les deux musiciens ont cependant accueilli avec bonheur l’occasion qui leur était offerte.

« C’est un concert important pour moi, confie le pianiste. Robert Langevin est professeur à la Julliard School of Music, à New York, et fait partie des meilleurs musiciens du monde. C’est un honneur de pouvoir faire ce concert avec lui. »

Quant à Robert Langevin, il démontre un grand respect pour Tristan Longval-Gagné. « Je n’ai pas encore eu le plaisir de travailler avec lui, mais je n’entends que des éloges à son égard. Le fait qu’il soit un des lauréats du Tremplin du CMC veut tout dire », lance-t-il.

Les deux musiciens vivent toutefois des réalités aux antipodes. Bien qu’il possède un talent remarquable, Tristan Longval-Gagné commence seulement à percer en tant que soliste, tandis que son collègue est associé depuis une vingtaine d’années à l’Orchestre philharmonique de New York, un des plus prestigieux de la planète.

Le programme

Quatre pièces seront interprétées par les deux musiciens vendredi. Ils s’attaqueront dans l’ordre à des œuvres composées par Mélanie Hélène Bonis, Claude Debussy, Jacques Hétu et Carl Reinecke.

« Ce sont des chefs-d’œuvre. Deux d’entre elles proviennent de compositeurs presque inconnus du grand public. Je parle ici de Mel Bonis, compositrice française du tournant du XXe siècle, et de l’Allemand Carl Reinecke, principalement rattaché au XIXe. Ce sont des œuvres que j’adore et que je veux faire connaître », révèle Robert Langevin.

Celui-ci enchaîne en saluant la contribution du compositeur québécois Jacques Hétu, décédé en 2010 à l’âge de 71 ans, au développement du répertoire pour flûte. « L’œuvre que nous lui emprunterons date de 1965 et utilise des techniques modernes d’écriture. Selon moi, elle demeure toujours d’actualité, plus de 50 ans après sa création. »

Le célèbre Prélude à l’après-midi d’un faune, de Claude Debussy, permettra quant à lui de souligner le centenaire de la mort de ce génie de la musique. « C’est la première œuvre que j’ai entendue dans un concert symphonique. J’étais tout jeune à l’époque. J’avais vraiment aimé ça », se souvient Tristan Longval-Gagné.

Les concours

Puisque le concert est lié au 60e du Concours de musique du Canada, Tristan Longval-Gagné n’a pu faire autrement que de replonger dans de vieux souvenirs liés à cet événement d’une importance capitale dans la formation de la relève en musique à l’échelle du pays.

« J’ai fait ce concours de 12 à 25 ans et j’ai maintenant des élèves qui s’inscrivent, note-t-il. Ce qui est bien avec ce concours, c’est que, par sa formule, il nous met plus en relation avec nous-mêmes qu’en compétition contre les autres participants. »

Tristan Longval-Gagné estime par ailleurs que ses nombreuses participations au CMC lui ont permis d’avancer. « Je n’aurais pas pu remporter des concours plus gros sans ça », affirme celui qui a gagné le Prix d’Europe 2010.

Robert Langevin a pris part au CMC à deux reprises seulement et ses deux participations remontent à 1974 et 1975. « Il est difficile d’en mesurer pleinement l’impact, mais ce type d’événement a toujours une place importante dans le développement d’un musicien », juge-t-il.