Renée Martel, Michel Louvain et Chantal Pary.

La nostalgie a encore son public

Ce n'était pas un spectacle pour réinventer, mais bien pour se rappeler. Et la nostalgie a encore son public : près de 1400 personnes ont rempli la salle Maurice-O'Bready mercredi soir afin de se laisser bercer par la trame sonore de leur enfance ou de leur jeunesse, telles que l'ont immortalisée les Michel Louvain, Renée Martel et Chantal Pary.
<p>avid Thibault</p>
Soeur Angèle se chargeait de l'animation de ces Années bonheur. En prime, la jeune sensation David Thibault était là pour lancer le bal avec les plus grands succès d'Elvis Presley.
Ce qui a considérablement allongé la soirée, laquelle s'est terminée vers les 23 heures. Pas évident pour une grosse partie du public. Mais... non : l'enthousiasme n'a cessé de croître. Peut-être parce qu'on avait gardé Michel Louvain pour le dessert, avec Chantal Pary en entrée et Renée Martel en plat principal.
Très vite, il est apparu que la soirée se déroulerait plus dans le plaisir que dans la rigueur, sans grande fantaisie de mise en scène ni de réarrangements inattendus. Tout le monde était là pour entendre les grands succès le plus fidèlement possible à l'original.
Les surprises sont plutôt venues des monologues et des duos ou trios. Par exemple, Renée Martel a réussi à mêler Michel Louvain à son pot-pourri country. Le chanteur thetfordois avait même enfilé des bottes de cowboy avec son complet et les a gardées durant sa partie en solo. La chanteuse de Drummondville a poussé l'audace à le faire iodler.
« C'est facile, a-t-il commenté. Tu serres les fesses et ça sort tout seul. »
C'est ce pot-pourri qui a offert le moment le plus touchant, quand Renée Martel, qui a perdu sa mère récemment, a failli craquer dans Perce les nuages de Paul Daraîche. Même Michel Louvain s'est presque laissé gagner par l'émotion.
Chantal Pary s'est plutôt jointe au crooner québécois pour Buenas noches mi amor.
Chaque tête d'affiche a quand même eu trente minutes pour pousser ses propres succès, de La dame en bleu à J'ai un amour qui ne veut pas mourir, en passant par Ma mélodie d'amour. La justesse a un peu écopé dans le cas de Chantal Pary, mais les monologues ont bien déridé les gens. Michel Louvain s'est même permis de relater ses débuts à l'Hôtel Union et au Flamingo de Sherbrooke. Les ovations ont été nombreuses.
Onze titres
Quant au jeune David Thibault, il a réussi à enfiler onze titres du King (les chansons étaient beaucoup plus courtes à l'époque), dont les Blue Suede Shoes, Hearbreak Hotel, Don't. Le jeune homme, qui revient de The Voice en France, fait déjà preuve de beaucoup d'assurance. L'élocution et les intonations sont souvent d'une ressemblance frappante, et la voix est plus fidèle dans les basses que dans les hautes.
Tout ce beau monde est revenu sur scène à la fin, même soeur Angèle et le jeune Thibault, pour un pot-pourri final.