Lulu et Rick Hughes

La musique dans le sang pour Lulu et Rick Hughes [VIDÉO]

Rick et Lulu Hughes ne sont pas près d’oublier la première fois qu’ils ont chanté ensemble. Surtout Rick. En fait, ils ont chanté le même soir, dans le même spectacle, mais pas en même temps, Lulu se chargeant de la deuxième partie pendant que son frère... était emmené au poste de police.

« C’est le tout premier show que Lulu a donné à vie! Elle a dû me remplacer après l’entracte parce que j’ai été malencontreusement arrêté », raconte Rick pendant que sa petite sœur s’esclaffe : « J’avais 14 ans! »

Il s’agissait en fait d’un spectacle présenté au club La Moustache, tout près du Forum de Montréal. « À l’époque, c’était LA place à jouer. On la remplissait tous les soirs. Lulu était dans la salle même si elle n’avait pas l’âge. Je faisais partie d’un band de heavy métal old school, du style années 1980, plus hard rock. Pendant l’entracte, je sors dans la ruelle, où se trouvait déjà une gang de bums. Mais la police arrive et elle commence à embarquer les gars, dont moi, même si je n’avais rien fait de mal! Je n’ai pas pu finir le show! »

En vérité, frangin et frangine se sont régulièrement rejoints sur scène, chacun allant appuyer l’autre dans ses projets respectifs, ou se retrouvant dans les mêmes spectacles multi-interprètes. Le spectacle qu’ils donneront le 22 février au Théâtre Granada est toutefois le premier qu’ils créent ensemble de toutes pièces.

« Avant, on collaborait de façon spontanée. Cette fois, on s’est vraiment assis avec notre gérant [Jacques Dion, grand frère de Céline], on a réfléchi, on a fait une mise en scène. En fait, ce sont encore les balbutiements de ce spectacle qu’on a appelé Hughes et compagnie et qui parle de tout ce qui nous a influencés en tant qu’interprètes, expliquent-ils. Éventuellement, un metteur en scène va s’ajouter, mais pour l’instant, on s’en occupe nous-mêmes, parce que ça reste notre histoire. »

Maman et Led Zeppelin

On s’en doute, pour avoir donné des rejetons aussi dévoués à la musique, il a fallu des parents qui l’étaient autant. Effectivement, tant le père (chanteur et guitariste parti trop tôt, lorsque Rick n’avait que 8 ans) que la mère (chanteuse et grande admiratrice d’Elvis, mais aussi de Led Zeppelin, Pink Floyd, Plume Latraverse...) étaient des disciples d’Euterpe. Et il ne faudrait surtout pas oublier que la fratrie des Hughes comprend un troisième membre : Dan, l’aîné, batteur au long cours, a accompagné son petit frère dans son groupe heavy métal Sword et sera aussi du spectacle de vendredi prochain.

« La première partie est donc consacrée à la musique que nos parents écoutaient et qui nous a énormément influencés, souligne Rick. Et les gens vont se reconnaître, parce qu’il y a de bonnes chances que leurs parents aimaient la même chose, que ce soit Elvis, Janis Joplin ou Diane Dufresne, qui jouaient à tue-tête à la maison. Mais il y avait aussi du jazz, du classique, du métal... »

« Après, avec l’âge, l’expérience et nos propres goûts qui se définissaient, Rick et moi avons pris des chemins différents, poursuit Lulu. Quand j’étais adolescente, je suivais Rick et son band Sword, mais, en parallèle, j’ai trouvé ma voie en découvrant le blues, le R&B, la soul... »

Ils ont fini par se rejoindre à nouveau, puisque tous deux ont graduellement embrassé une pléthore de styles. Les deux autres parties de ce spectacle en trois temps seront donc consacrées aux chemins respectifs empruntés par Rick et Lulu, pour se terminer avec la musique qu’ils écoutent aujourd’hui.

« Pour moi, le métal, c’étaient les premiers albums de Black Sabbath, Led Zeppelin, Deep Purple, raconte Rick Hughes. Dans le fond, c’était du blues, mais amené à un autre niveau, avec des guitares très distortionnées, une batterie qui prend la chanson dans ses bras. Après, quand le métal est devenu trop métal, j’ai décroché, je me suis tourné davantage vers la pop. »

« Et moi je suis venue le chercher pour faire du blues dans mon band, poursuit Lulu. Il chantait du Bobby Blue Bland et du James Brown — il est d’ailleurs très bon en James Brown! »

Sans grosse boîte

On pourrait dire de Rick et Lulu Hughes qu’ils sont parmi les plus occupés de ceux que boude la radio. Même si leurs chansons tournent très peu (voire pas du tout) sur les ondes, ils ont des agendas scéniques très chargés —

surtout Rick, Lulu consacrant maintenant beaucoup d’énergie à la cause du cancer du sein.

Mais avec leur longue expérience du métier, les deux interprètes savent très bien qu’un succès à la radio n’est pas une garantie pour la scène, et vice-versa. Pour eux, monter régulièrement sur les planches passe avant le sommet des palmarès.

« On est dans un système où les grosses boîtes vont souvent vers les jeunes talents. Pourquoi? Peut-être parce que les chanteurs d’expérience comme moi sont moins malléables, je ne sais pas, émet Rick Hughes. Mais c’est plus dur d’entrer dans les radios pour un artiste indépendant comme moi, quand tu n’as pas une grosse boîte qui pousse derrière toi. Il ne faut pas se sentir visé. Ça n’a aucun rapport avec la qualité de tes chansons. »

« Il n’y a aucune méchanceté là-dedans, renchérit Lulu. Pour nous, l’important, c’est de faire de la scène, d’avoir des gens prêts à payer pour venir nous entendre, sans ça, on ne pourrait pas continuer. »

« D’un autre côté, les réseaux sociaux ont beaucoup aidé les artistes indépendants comme nous. Une de mes vidéos sur Facebook a été vue 800 000 fois et partagée 12 000 fois », rapporte Rick.

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Hughes et compagnie

Lulu et Rick Hughes

Vendredi 22 février, 20 h

Théâtre Granada

Entrée : 33,50 $