L’auteur Christian Guay-Poliquin et le quatuor Claudel-Canimex ont célébré ensemble deux univers artistiques au Cabaret Eastman dans le cadre des Correspondances d’Eastman.

La musique au service des mots

De la prose qui sonne comme de la musique et des violons qui se donnent le pouvoir d’évocation des mots. Présenté vendredi au Cabaret Eastman, le spectacle mettant en vedette l’auteur Christian Guay-Poliquin et le quatuor Claudel-Canimex a célébré deux univers artistiques qui mériteraient d’être plus souvent réunis.

Ayant rapidement réussi à se tailler une place comme romancier au Québec, Christian Guay-Poliquin a livré un condensé de son roman Le poids de la neige, publié par La Peuplade. Ses mots étaient parfois accompagnés par de la musique alors que, à d’autres moments, il lisait seul puis se taisait pour laisser toute la place au quatuor, composé d’Isabelle Gervais, Élaine et Jeanne de Chantal Marcil ainsi qu’Annie Parent.

Dans Le poids de la neige, deux êtres que tout semble séparer doivent cohabiter à l’intérieur d’une vieille demeure dans les bois pendant la saison hivernale. Le plus jeune des deux a été gravement blessé alors que son protecteur est au crépuscule de sa vie.

« C’est le début de l’hiver. Le ciel n’en finit plus de s’étendre sur le sol. Il n’y a plus d’électricité depuis des mois. L’incertitude règne. Personne n’y peut rien... Et toi de ton côté, tu n’arrives pas à te faire à l’idée que ton corps, dans la fleur de l’âge, est rompu, broyé, contraint par des atèles de cuir et de bois. Tu perds patience souvent, mais tu as appris à accepter les soins que je te donne. »

Des œuvres de Dvorak, Vivaldi, Rachmaninov et Bach ont notamment été interprétées par les quatre musiciennes, qui ont livré une performance presque sans faille. Les pièces offertes ont pu susciter divers sentiments parmi lesquels l’inquiétude, le soulagement et la joie, donnant ainsi plus d’intensité encore au texte.

Quant à Christian Guay-Poliquin, il a démontré qu’il possédait très bien le texte qu’il devait livrer. Il aurait cependant gagné à se concentrer un peu moins sur sa diction et sur le rendu du texte, qui finissait par être un peu mécanique parfois.

À la décharge de l’auteur, soulignons qu’il a été contraint d’affronter des problèmes techniques pendant la majeure partie du spectacle. Un micro vraisemblablement défectueux lui a rendu la vie dure et a suscité l’exaspération de certains spectateurs au bout d’un moment. Christian Guay-Poliquin ne s’est jamais laissé déconcentrer par ces ennuis techniques toutefois.

Demain dans le cadre des Correspondances d’Eastman, une série d’activités seront à nouveau offertes aux festivaliers. Dominic Tardif interviewera l’animatrice radio Marie-Louise Arsenault à 13 h et Catherine Major présentera un spectacle au Cabaret Eastman en soirée.

Puis, dimanche, Kim Thuy participera à un brunch littéraire au restaurant Les Trois grâces tandis que Marie-Ève Sévigny rencontrera Lise Bissonnette, qui a notamment dirigé le journal Le Devoir et la Grande bibliothèque, à Montréal.