Présenté au Théâtre la Marjolaine, le spectacle Salut Claude! propose un survol de la carrière de Claude Léveillée en mots et en chansons.

La légende Léveillée continue à vivre

Rendre hommage au monument Claude Léveillée, tout en étant drôles, touchants et solides au plan musical. Le défi que se sont lancé les quatre jeunes artistes du spectacle Salut Claude!, dont la première avait lieu jeudi à Eastman, aurait sans doute donné le vertige à plusieurs. Mais ils ont osé sauter et s’en sortent sans trop d’ecchymoses.

Présenté au Théâtre la Marjolaine, le spectacle Salut Claude! a été imaginé et écrit par Andréanne Marchand-Girard, qui fait également partie de la distribution. Il permet un survol de la carrière de Claude Léveillée, qui a justement marqué l’histoire du théâtre fondée par Marjolaine Hébert il y a plus de 55 ans.

Évidemment, plusieurs grands succès de ce monstre sacré de la chanson québécoise ont été interprétés par les trois comédiens-chanteurs, les deux autres étant Simon Fréchette-Daoust et Émilie Allard. Ils ont su faire de l’interprétation des Vieux pianos, de Frédéric et de La légende du cheval blanc des moments prenants.

Le spectacle repose assez également sur les épaules des trois comédiens-chanteurs et du pianiste Marc-André Perron. Il faut toutefois admettre que Simon Fréchette-Daoust joue un rôle d’une importance cruciale, puisqu’il incarne Claude Léveillée lui-même.

Probablement un peu parce qu’il s’agissait d’une première jeudi soir, les trois comédiens-chanteurs ont connu quelques difficultés. Reste que Simon Fréchette-Daoust a su tirer son épingle du jeu dès le départ grâce notamment à sa voix juste et son assurance de vieux routier.

Recueillement et apaisement
Dès les premières notes du spectacle, Marc-André Perron a donné le ton, son jeu invitant au recueillement et à l’apaisement. On se sentait pénétrer l’univers d’un personnage entré dans la légende et dont le deuil n’a pas encore été entièrement consommé.

À divers moments durant le spectacle, les artistes deviennent des narrateurs et évoquent ainsi des moments charnières de la vie de Claude Léveillée. Ils abordent par exemple sa relation avec la grande Édith Piaf, avec laquelle il a collaboré, sa carrière d’acteur de même que ses passages répétés à La Marjolaine dans les années 1960.

Concernant son départ pour aller rejoindre Piaf, on souligne que cela l’a empêché d’être présent à la naissance de son fils, d’entendre ses premiers mots et de « partager les peines » de sa tendre enfance.

L’un des moments les plus touchants survient lorsqu’on rappelle la mort de son fils, à seulement 20 ans. Le poète s’excuse à ce dernier : « La musique est une amante jalouse. Elle prend toute la place », lance-t-il à son enfant décédé, tout en regrettant ne lui avoir jamais témoigné son amour par des mots.

Sur une note plus légère, on apprend par ailleurs que Léveillée a composée la pièce Frédéric en pensant à son frère Jean. En composant, il se serait aperçu que le nom de son frère ne s’insérait pas bien dans la mélodie composée. Cela l’amena à employer un prénom qui lui était cher, celui de Chopin, dont il se sentait près.