La formation Mary & The Moonshiners qui est repartie avec les grands honneurs de la 7e édition de Sherbrooklyn, soit 12 000 $ en prix, dont une bourse de 9000 $, qui devraient servir de tremplin à Marc-André Couture, Hubert Lupien, Marianne Moonshine, Yannick Lompré et Kevin Montambault.

La flamboyance de Mary & The Moonshiners l'emporte au Sherbrooklyn

Entre l'expérience et la prestation rodée à la seconde près, la relève qui a besoin d'une petite poussée et l'originalité d'un extravagant et flamboyant personnage de scène, le jury du 7e Événement Sherbrooklyn a opté pour la troisième option samedi soir, au Théâtre Granada. C'est donc la formation Mary & The Moonshiners qui est repartie avec les grands honneurs, soit 12 000 $ en prix, dont une bourse de 9000 $.
Le quintette sherbrookois, avec son rock ayant un pied à la fois dans les années 1980 et 2010 interprété par une chanteuse à la chevelure framboise émergeant d'un capuchon noir à plumes, a aussi obtenu le plus grand nombre de votes du public, qui comptait pour dix pour cent de la note finale, de confier Suzie Hamel, coordonnatrice du concours.
La deuxième position est allée au quatuor rock Fable, dont l'aisance et les dix ans d'existence étaient manifestes (le groupe repart avec une bourse de 1000 $).
Marie Onile, jeune chanteuse de Lac-Mégantic ayant participé à La Voix en 2014 et lancé un premier disque le printemps dernier, a terminé troisième et met ainsi la main sur une guitare de 600 $.
Marcus Quirion ferme la marche avec la quatrième place.
Quant au prix de la Petite Boîte noire (un cachet de 700 $ attribué pour une prestation dans cette salle au cours de la saison 2018), il est allé à la formation Lux & The Cryers, laquelle avait joué lors de la première demi-finale, jeudi, sans toutefois se qualifier.
Miel, gingembre et jus de citron
« Je suis vraiment contente! » de commenter la chanteuse Mary Moonshine après la victoire de son groupe. « On n'était pas venus ici avec l'idée qu'on allait gagner, mais ni avec celle qu'on allait perdre. Je suis quelqu'un de très humble, mais j'avais le sentiment que ça allait bien aller. De toute façon, on n'est jamais perdants dans ces concours-là, on en ressort toujours grandis. »
Mary était satisfaite de ses prestations, livrées malgré un rhume qui persiste depuis quelques jours chez les Clairdeluniens. « Mais je me suis soignée : j'ai bu dix litres d'eau par jour, jus de citron, miel, gingembre! Là, je suis prête à être malade. »
Ce prix donnera l'élan nécessaire au groupe pour mettre son propre matériel de l'avant. « Nous avons beaucoup d'autres chansons encore en chantier. Nous voulons faire un album, des clips, de la promo... Ça va nous aider beaucoup. »
Le quintette adoptera un nouveau nom pour bien distinguer ses deux entités. Mary & The Moonshiners s'est effectivement fait connaître comme interprète de grands succès du rock'n'roll, du blues et du rockabilly, dans une facture rétro, avant de commencer récemment à créer ses propres chansons.
« Notre intention, c'est de continuer avec les deux en parallèle », dit Mary Moonshine.
Rock et voix alto
Il y avait, dans la prestation de Mary & the Moonshiners, l'influence indie manifeste de Florence and the Machine (une des muses du groupe), mais aussi une touche de rock alternatif britannique des années 1980, genre Nina Hagen et Siouxsie and the Banshees, côté trash en moins. Il reste toutefois un équilibre à trouver dans le mélange entre la voix alto de la chanteuse et le son très rock du groupe, qui faisait perdre les mots.
Si le jury avait privilégié la précision d'exécution et l'aisance sur scène, c'est assurément Fable qui aurait terminé premier, livrant pratiquement un sans-faute, avec une musique qui s'inscrit dans un courant rock plus classique. La prestation était si bien rodée que le quatuor rock a pu livrer cinq chansons là où les autres finalistes en ont fait quatre (Fable, comme les autres participants, était admissible car il n'a jamais lancé d'album sous étiquette).
Mais Marie Onile et Marcus Quirion auraient aussi pu rafler la mise si on avait souhaité plutôt encourager le mûrissement de talents certains. Avec Marie Onile, la maîtrise vocale était manifeste et la jeune Méganticoise, qui s'est lancée dans la création de ses propres chansons en français après son passage à La Voix, a démontré qu'elle peut très bien se débrouiller avec l'écriture. Il reste une certaine liberté, présentement entravée par son clavier, à aller chercher, ainsi que quelques fantaisies de composition à élaguer.
Également guitariste au sein d'Édwar7, groupe gagnant du Sherbrooklyn 2014, Marcus Quirion a démontré qu'il peut très bien être la tête d'affiche. Quelques resserrements et ajustements de textes sont encore nécessaires, mais la voix, la polyvalence et le charisme sont déjà là.
Finalement, l'énergie de Rose Bouche, lauréate de 2016 qui a animé la salle durant les délibérations, a rappelé que la formation méritait amplement son titre.