Pour ses 30 ans, la Fabuleuse Histoire d'un Royaume s'est payé une cure de jeunesse, en incorporant des effets spéciaux et des projections visuelles pour cette nouvelle saison qui s'amorce. Une nouvelle mouture à la hauteur de la légende.

La Fabuleuse Histoire d'un Royaume vieillit bien

CRITIQUE / La Fabuleuse Histoire d'un Royaume célèbre ses 30 ans au Théâtre du Palais municipal de La Baie et elle n'a pas pris une ride. Et le spectacle s'est même payé une cure de jeunesse pour marquer le coup, en incorporant des effets spéciaux et des projections visuelles pour cette nouvelle saison. Une nouvelle mouture à la hauteur de la légende.
Imaginez-vous donc que je n'avais jamais assisté à la Fabuleuse. Même pas une toute petite fois. Jamais. Je sais, je devrais avoir honte. J'étais assise au milieu d'une foule de 700 personnes qui avaient, pour la grande majorité, vu ce spectacle qui a fait, au fil des années, la réputation du Saguenay - Lac-Saint-Jean.
En effet, c'était soir de grandes retrouvailles, puisque les spectateurs étaient d'anciens comédiens qui ont un jour ou l'autre foulé les planches du Palais municipal. Certains y étaient du temps où l'ancien aréna de La Baie était transformé en théâtre le temps d'un été. C'était en 1988.
Petite anecdote en passant, le soir de la grande première, le 24 juin 1988, la salle était exclusivement composée de Tremblay. C'était le concept. Et, surtout, le spectacle ne devait durer qu'un été. Mais, depuis, l'aréna a fait place au Palais municipal, fondé expressément pour y présenter la Fabuleuse, année après année. Depuis 30 ans. Assez incroyable, lorsqu'on y pense.
Un pas de géant
L'équipe qui se dresse derrière le spectacle l'avait dit : la nouvelle mouture a fait un pas de géant en avant, en ajoutant des effets visuels assez impressionnants, projetés sur les décors qui entourent la scène. L'été, l'automne, l'hiver et le printemps, la pluie, le feu, la neige : le spectateur plonge dans le décor comme s'il y était. « C'est un spectacle digne des années 3000! » a lancé la responsable des communications, Claudine Bourdages, quelques minutes avant la représentation.
Dès les premières scènes, les spectateurs se sont exclamés, visiblement impressionnés par ce qui se déroulait devant leurs yeux. De mon côté, j'ai regardé, parfois émue, d'autres fois amusée, mais surtout avec un regard absolument nouveau, les 157 artistes bénévoles donner leur meilleur d'eux-mêmes. Si la Fabuleuse a voulu se moderniser, son âme reste la même. Les mêmes textes, les mêmes décors et les mêmes costumes. L'histoire du Saguenay - Lac-Saint-Jean en récit, en musique et en images, racontée en un peu plus de deux heures. Deux siècles qui défilent devant le public.
Des années 1800 au déluge du Saguenay en passant par le défrichage des terres, le grand feu de 1870 et la Seconde Guerre mondiale. D'ailleurs, les tableaux du déluge, du grand feu et de la guerre restent sans doute les plus impressionnants. Surtout lorsque les soldats descendent du plafond à l'aide d'une corde et sous le bruit des explosions. Je ne vous cacherai pas que j'ai sursauté à quelques reprises. Les images projetées sur le décor de la petite maison blanche, où l'on voit la puissance de l'eau et les cicatrices du déluge, replongeront plusieurs spectateurs dans leurs douloureux souvenirs.
Et que dire des tableaux dansants des années 1960 et 1970? Du bonbon pour les yeux. Les dizaines de comédiens et danseurs (bénévoles par-dessus le marché, faut-il le rappeler) auront d'ailleurs réussi à faire lever et danser le public à quelques reprises en ce soir d'avant-première.
Un clin d'oeil
Je me permets ici un clin d'oeil à la jolie petite blondinette, sans doute la plus jeune de la distribution de cette année. Avec ses petites tresses et ses pas de danse parfois hésitants, la petite aura réussi à en faire craquer plus d'un dans la salle.
Nul doute, la Fabuleuse devrait être vue (ou revue) par tous. Le simple fait d'être témoin des enchaînements de comédiens, de voir les costumes et les décors flamboyants, d'admirer les chevaux (oui, ce sont des vrais) vaut le détour. Et, en prime, on vous racontera l'histoire de la région.