Les comédiennes Anne Paquet et Laurence Latreille personnifient des adolescentes prises dans une histoire de cyberagression.

La cyberagression ciblée par le Parminou

Le théâtre Parminou vient de mettre au monde Arianejamaisplus.com, une pièce interactive visant à sensibiliser les adolescents aux répercussions dramatiques que peut avoir la cyberagression, une forme de plus en plus populaire et sournoise de harcèlement, rendue possible par l'avènement des réseaux sociaux.
Conçue en collaboration avec les centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de la région d'Ottawa, la pièce sera présentée à une dizaine de reprises dans les écoles secondaires de la capitale. On espère ensuite obtenir le financement nécessaire pour l'offrir aux élèves du deuxième cycle du secondaire d'un océan à l'autre.
Arianejamaisplus.com émane d'un rapport de recherche de 287 pages rédigé par les CALACS. C'est avec stupéfaction que l'auteure, Maureen Martineau, a parcouru le document afin de s'inspirer. Elle s'est étonnée de l'ampleur du phénomène.
« Ça dépasse beaucoup les cas classiques comme les photos intimes qui sont partagées par un ex ayant soif de vengeance. Il y a des choses moins évidentes, comme des photos en maillot partagées avec des commentaires vulgaires. Ça peut être excessivement dérangeant pour l'adolescent qui a souvent une estime de soi fragile », dit-elle.
Selon Mme Martineau, une grande partie du problème réside dans sa banalisation. Plusieurs ados endossent ou partagent des documents ou commentaires désobligeants sans en mesurer la portée.
« Il y a des gens mesquins, c'est sûr, mais plusieurs agissent pour rire, sans y penser, sans évaluer les conséquences. C'est surtout à eux que la pièce s'adresse, ils doivent comprendre que ça a une incidence néfaste. Ils doivent réfléchir avant de partager », continue-t-elle.
Déshabillée et photographiée
La pièce raconte l'histoire d'Ariane, qui a été déshabillée et photographiée à son insu lors d'une fête où elle a un peu trop bu. Les photos se propagent comme une traînée de poudre, la forçant à quitter l'école. C'est aussi le récit de sa cousine Laurence, qui tente de lui faire justice en organisant une conférence en son nom, mais qui se retrouve à son tour victime de cyberagression, dans une proportion moins importante.
À quelques reprises au cours de l'oeuvre de 55 minutes, les jeunes dans l'auditoire sont invités à se prononcer sur le comportement qu'ils croient approprié et sur ce que font la majorité d'entre eux dans la réalité. Ils sont indirectement appelés à dénoncer lorsqu'ils sont confrontés à une telle situation.
« Le côté criminel de ces actes est abordé, mais on privilégie l'utilisation des ressources scolaires. On ne se concentre pas sur les grandes causes judiciarisées, mais sur les comportements que l'on retrouve très fréquemment dans les écoles », explique le metteur en scène, Jean-François Gascon.
Si la pièce est en français, l'auteure n'a pas manqué d'y insérer bon nombre d'expressions en anglais afin de se conformer à la réalité linguistique des jeunes francophones vivant dans les provinces anglophones.
La radicalisation dans la mire
Le Parminou a également conçu une pièce sur la radicalisation en collaboration avec le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion. Cette oeuvre sera présentée en primeur à Victoriaville, le 16 février.
Comme son nom l'indique, cette pièce a pour objectif de sensibiliser les adolescents et les jeunes adultes aux différentes facettes de la radicalisation, ainsi qu'à ses dangers. La pièce sera offerte dans bon nombre de régions du Québec, dont Sherbrooke. La date n'est toutefois pas confirmée.