Marie-Louise Arsenault, animatrice de l'émission « Plus on est de fous, plus on lit! » s'est prêtée à une grande entrevue menée par Dominic Tardif samedi aux Correspondances d'Eastman.

La culture littéraire, démocratisée

Les auditeurs de « Plus on est de fous, plus on lit! » écoutent l’émission en conduisant, en travaillant dans un garage, en cuisinant ou bien dans leur salle de pause à l’hôpital. Ils sont fonctionnaires, mécaniciens, travailleuses en CPE ou encore avocats. Au fond, ils n’ont pas tellement de profil type… et sont bien loin d’avoir lu tous les livres dont l’animatrice Marie-Louise Arsenault parle chaque jour à la radio!

« Tant mieux s’ils nous écoutent, mais ce ne sont pas les gens qui ont un doctorat en littérature qui ont besoin d’une émission comme la nôtre! » a-t-elle lancé samedi lors d’une grande entrevue menée par Dominic Tardif aux Correspondances d’Eastman. « Moi, je suis une lectrice normale. Je n’ai pas étudié là-dedans. Et d’ailleurs, beaucoup de gens qui nous écoutent nous disent qu’ils ne lisent pas du tout, mais qu’ils aiment l’émission quand même! » poursuit-elle.

Pour l’animatrice, il est important que l’émission parle au plus grand nombre d’auditeurs possible – ce qui ne veut surtout pas dire négliger le contenu. « On ne fait souvent pas assez confiance à l’intelligence des gens, mais en fait, ils ont soif de contenu. Les auditeurs vont écouter des émissions intelligentes, sauf si c’est prétentieux. Et je les comprends : quand c’est prétentieux, je n’écoute pas ça non plus! » souligne celle qui lit toujours le livre d’un auteur avant de faire une entrevue avec lui, même si elle est à l’antenne cinq jours par semaine.

Un plateau glamour

Quand Marie-Louise Arsenault s’est fait confier les commandes de l’émission il y a quelques années, celle-ci allait être diffusée en soirée. Elle a donc eu l’idée assez spontanément de créer une atmosphère éclatée, avec un habillage sonore particulièrement rythmé.

« Je voulais que ça fasse glam, qu’il n’y ait pas une ambiance trop sérieuse dans laquelle on s’attendrait à parler de littérature en roulant ses r. C’est pour ça que je dis toujours qu’on est sur le plateau en parlant de l’émission, même si ça ne se dit pas d’habitude dans le monde de la radio », a-t-elle expliqué.

C’est aussi pour ça qu’elle veille à choisir des invités pleins d’énergie et engagés, qui restent la plupart du temps pendant pratiquement toute l’émission. Et pour le contenu, l’objectif est un mélange de contenu « sérieux » (philosophie, politique)… et de quelques « boules disco », comme Simon Boulerice et Jean-Paul Daoust, invités réguliers qui font toujours lever la fête.

La musique éclectique, choisie par Antonello Di Domenico à la demande de Marie-Louise Arsenault, participe aussi à l’attrait de l’émission… même si elle lui vaut toujours quelques courriels plus ou moins agréables. « C’est là-dessus qu’on reçoit le plus de courriels de critiques! On en a minimum deux par jour, qui disent toujours la même chose : "Je vous aime beaucoup, je vous écoute… mais qu’est-ce que c’est que ça, vos choix musicaux?" Ces auditeurs se sentent un peu agressés, mais bon, je me dis qu’ils nous écoutent quand même, et que ça leur fait peut-être un peu de bien au fond! »

Au-delà des musiciens émergents, il est aussi important pour Marie-Louise Arsenault d’avoir sur le plateau de jeunes auteurs qui ne sont pas connus. « Les gens trouvent qu’on voit et qu’on entend toujours les mêmes personnes dans les émissions. Pourquoi on ferait ça, quand on peut découvrir du monde extraordinaire que personne n’invite? La créativité et le talent, c’est le lot de plusieurs personnes connues, mais il y a aussi des gens de 20, 22 ans qui font des choses exceptionnelles. Un show doit être le reflet d’une société et de son évolution, qui vient des jeunes. Ils doivent être entendus, et il faut que les gens de 60 ans soient entendus aussi. C’est ça une vraie parole intergénérationnelle. »

Saison à venir

Marie-Louise Arsenault a donné samedi quelques indices sur ce que les auditeurs entendront lors de la prochaine saison de Plus on est de fous : analyse de rhétorique – notamment de discours de politiciens –, capsules « Qu’en pensent les universitaires? » et listes de livres à lire avant 20 ou 30 ans seront au programme.