Dès janvier, des dépenses sont engrangées afin de préparer le festival pour l’année en cours, explique Malika Bajjaje.
Dès janvier, des dépenses sont engrangées afin de préparer le festival pour l’année en cours, explique Malika Bajjaje.

La 22e édition du Festival des traditions du monde écope

La consigne gouvernementale émise vendredi dernier, annulant la tenue des festivals et des événements grands publics sportifs et culturels jusqu’au 31 août prochain, aura marqué la fin des espoirs du comité organisateur du Festival des traditions du monde. Jusqu’à la toute fin, Malika Bajjaje et son équipe ont planché sur des scénarios afin de sauver l’édition 2020. En vain. L’événement sera reporté en 2021.

Un dur coup pour le festival, qui a remporté le Prix Engagement socio-économique lors du gala des Vivats 2019 qui se déroulait en novembre à Montréal.

« Tous les scénarios auxquels on avait pensé, avant vendredi, devenaient impossibles. On attire un peu plus de 60 000 visiteurs chaque année, alors on ne voulait pas prendre de risque en reportant l’événement à l’automne, par exemple. Tout le monde est dans le même bateau, avec la situation que l’on vit actuellement, on ne sait pas quelles seront les consignes à venir. C’était la décision la plus sage d’annuler carrément », a dit la directrice générale de l’événement multiculturel et culinaire, Malika Bajjaje.

Est-ce que le report du FTM pour 2020 sera un frein, ou un coup dur, au développement et à la pérennité de l’événement ?

« C’est dur à dire, pour le moment. On a perdu les revenus provenant de la billetterie, des concessions, on ne loue pas d’espace, mais on a moins de dépenses. On avait une petite réserve de pas grand-chose. Nos comptables nous ont suggéré de fermer notre année immédiatement, et non en octobre, comme c’est le cas habituellement. C’est à ce moment qu’on verra l’état exact des finances. Si on a un déficit majeur, alors oui ce sera un frein au développement. Mais comment le gouvernement va s’organiser avec nous afin de retrouver l’équilibre ? Gérer des événements culturels extérieurs, c’est déjà périlleux, on est une ONBL, nos revenus autonomes sont basés en grande partie sur la météo, alors on ne nage pas dans les surplus. Les impacts sont durs à mesurer, maintenant. On va fermer l’année et on verra. Malheureusement, c’est un déficit en soi de ne pas tenir l’événement, de ne pas avoir livré le produit supposé. »

Des familles éprouvées

« On va tout de même faire un festival en 2021. Mais je trouve ça dommage. On a beaucoup de pertes financières, le festival se prépare sur une année complète, vous savez. Aussi, ce sont nos employés permanents qui écopent. On a la même équipe d’employés, une dizaine, qui ne travaillera pas pour trois événements (Classique Pif, le FTM et le Festival du cinéma du monde de Sherbrooke). Peut-être que le Festival de cinéma du monde de Sherbrooke sera reporté ou modifié, on n’a pas décidé encore. Quand même, derrière l’annulation, ce sont des humains, des pertes de travail, des familles qui sont affectées. C’est ce que je trouve difficile, ça fait un mois et demi que j’envoie des gens au chômage », a-t-elle déploré.

Dès janvier, des dépenses sont engrangées afin de préparer le festival pour l’année en cours, a précisé cette dernière.

« Le revenu commence en janvier, avec les dépôts des exposants, qui le font pour réserver leurs places. Ce qui amène des revenus de presque 15 000 $ pour janvier février et mars. C’est donc un revenu de moins. Aussi, le service qu’on vend, en ressources humaines, au Pif, on lui dit adieu aussi. Ça, ce sont nos revenus autonomes. Par contre, je ne peux pas dire la même chose pour les subventions, car les trois paliers de gouvernement, incluant la Ville, vont honorer leurs engagements pour leur financement. Est-ce qu’il y aura une bonification par rapport aux pertes anticipées des revenus autonomes, on ne le sait pas pour le moment. »

Les festivaliers peuvent s’attendre à fréquenter le Festival des traditions du monde de nouveau à la fin du mois d’août, en 2021, si tout se passe bien.

« Je suis déjà en mode proactif pour que les membres de l’équipe réintègrent leurs postes le plus vite possible. Pour l’instant, on travaille à annuler les contrats d’artistes, et à informer les gens » , a dit Malika Bajjaje.