Julien Lacroix a eu une année bien remplie : il a animé un gala pour Juste pour rire, a coproduit son premier film et rode son premier spectacle solo Jusqu’ici tout va bien.

Julien Lacroix : être sur son X

En rodage depuis un an pour son premier spectacle solo, à travers la production d’un film et l’animation d’un gala Carte blanche pour le Festival Juste pour rire, Julien Lacroix s’amène en Estrie afin de peaufiner son spectacle Jusqu’ici tout va bien.

« J’aime que ce soit rythmé et qu’il y ait un gag aux sept secondes. Il y a des fois où ça en prend 14. On est en train de gosser ça! » laisse tomber le jeune humoriste de 26 ans. 

« Le spectacle est pas mal écrit. Je suis fier de ce que je présente. C’est une première carte de visite comme humoriste : c’est mon premier one-man-show. [Le spectacle] a vraiment évolué : j’ai tâté le pouls. J’ai tenté plein de choses. Il y a des numéros qui restent les mêmes, mais ils ont tous évolué. L’angle a aussi changé », indique celui qui est déjà venu au Vieux Clocher de Magog l’hiver dernier pour présenter ce même spectacle. 

Comme Julien Lacroix a fait beaucoup d’improvisation dans sa jeunesse, il lui est naturel de pratiquer cet art dans son premier spectacle.

« Je me suis gardé 20 minutes d’improvisation, car j’aime ça. Le show est tellement encadré que de garder une follerie dans le milieu, c’est ce qui me garde vivant. Je n’ai jamais autant développé ma technique d’écriture que pendant ce one-man-show. Avant, j’étais vraiment dans l’impro, mais si tu vends des billets à un certain prix, tu dois avoir la même qualité tous les soirs. Il y a de l’impro, mais c’est beaucoup plus structuré. Les gags rentrent aux mêmes places. Si tu veux garder un rythme, tu te dois d’être plus tight dans ton écriture. J’ai rodé comme un malade mental, juste pour que le show soit magique. J’ai écrit par numéro et c’est devenu un spectacle », décrit-il.

L’artiste connaît et apprécie l’Estrie. Il a d’ailleurs animé des activités au Boquébière il y a quelques années. « Lorsque j’étais jeune, des amis avaient des chalets près du Memphrémagog. C’est la place où il y a le moins de moustiques. C’est sûr que c’est ici que je m’installe. Moi, les Laurentides, c’est non! » affirme-t-il, ricaneur.

« [Le Vieux Clocher de Magog], c’est une salle que j’ai beaucoup aimée, on en entend parler depuis toujours, continue Julien Lacroix. C’est un classique pour aller tester son matériel. J’ai vraiment tripé. La loge en bas n’a pas vraiment changé depuis les quarante dernières années, mais c’est ce qui fait son charme », dit-il, un brin moqueur.

Année occupée

Julien Lacroix ne le cache pas : l’année a été chargée. En plus d’avoir couru aux quatre coins du Québec pour tester les blagues de son spectacle, le jeune homme a produit un film, a animé un gala Juste pour rire, a écrit et a tourné des séries.

« C’était vraiment fou! C’était la première fois que je faisais un gala Juste pour rire comme animateur. Ç’a été une première fois assez impressionnante, avec 3500 personnes. Tu te dis “ oh, bateau! ”  La critique est bonne, on est super contents. »

Elle l’a été un peu moins pour la sortie de son film Mon ami Walid. 

« On a été pendant trois mois le film numéro 1 au Québec dans des salles de spectacle des cinémas underground, répond Lacroix. Visiblement, il y avait de l’intérêt. Je continue à recevoir de bonnes critiques des gens et c’est un premier film. Je vois les lacunes, les problèmes. J’ai appris beaucoup. Les erreurs que j’ai faites, je ne les ai pas répétées dans Les prodiges et les erreurs que j’ai faites dans Les prodiges, je ne les répéterai pas dans le projet que je tourne en août. Tu en prends et tu en laisses. »

« Mais quand c’est positif, je prends tout! Pour le gala, Adib Alkhalidey et moi, on a tellement travaillé fort! On est deux perfectionnistes. Le stand-up, c’est notre force. On a tout vérifié. S’il y avait une lacune, on ne l’avait pas vue venir. »

À voir toutes les représentations qu’offrira l’humoriste au cours des prochaines semaines, force est de constater qu’il n’a pas peur des horaires chargés.

« J’aime ça. On pense à un autre film et j’ai d’autres projets sur le side également. J’aime garder un rythme rapide. Depuis le gala Les Olivier où j’ai été choyé, ça n’a pas arrêté, mais je ne m’ennuie pas d’avant. Une fois rendu là, on continue et on en profite. Je suis dans la vague et je me donne. C’est important d’être bien entouré et de savoir doser. Au début, je ne prenais pas de congé. Bon, j’ai pris une semaine en un an! Mais j’ai pris quand même le temps et je reviens plus fort après », analyse celui qui a remporté trois statuettes au Gala les Oliviers en 2017, dont celle de la découverte de l’année.

Vous voulez y aller?

Jusqu'ici tout va bien
Julien Lacroix 

Du 27 au 31 août, 20 h 30
Vieux Clocher de Magog
Entrée : 37 $

10 janvier 2020
Salle Maurice-O'Bready
Entrée : 41 $