L’auteur Jonathan Harnois sillonne le Québec pour transmettre son expérience et offrira au cours des prochaines semaines des ateliers d’écriture à Eastman, Magog et Sherbrooke.

Jonathan Harnois : s’outiller pour s’épanouir comme écrivain

Le syndrome de la page blanche hante-t-il tous les écrivains? La panne d’inspiration peut sans doute s’abattre sur tous les créateurs un jour ou l’autre. Cependant, l’auteur Jonathan Harnois fait valoir que différents outils sont disponibles pour contrer ce type de blocage lorsqu’on écrit. Il réfléchit beaucoup à l’écriture au sens large et s’efforce de transmettre le fruit de son expérience à tous ceux qui, comme lui, ont la passion des mots.

Jonathan Harnois s’est fait connaître rapidement lorsqu’il a publié son premier roman, intitulé Je voudrais me déposer la tête. Non seulement a-t-il été finaliste pour le prix Anne Hébert grâce à cette œuvre, il a par surcroît séduit le metteur en scène Claude Poissant, qui a adapté son roman au théâtre en 2007.

Par la suite, l’auteur de 37 ans a multiplié les projets d’écriture. Il a notamment étudié à l’École nationale de la chanson de Granby et est devenu parolier. Dumas et Alex Nevsky figurent parmi les artistes qui chantent ses mots.

« J’ai commencé à écrire quand j’avais 15 ans, plus par hygiène émotionnelle au début. J’ai expérimenté beaucoup de genres et, aujourd’hui, je me consacre à fond à l’écriture. J’ai abdiqué de faire autre chose il y a deux ou trois ans. Je ne sais pas pourquoi je résistais avant. J’avoue par contre qu’un certain vertige t’envahit lorsque tu songes à ne faire que ça. C’est dur de prendre une voie marginale », concède Jonathan Harnois.

Possédant donc un solide bagage d’expériences liées à l’écriture, Jonathan Harnois sillone le Québec pour transmettre son savoir par l’entremise d’ateliers de création. Des personnes provenant d’horizons multiples ayant soif de développer leurs habiletés littéraires s’inscrivent aux ateliers qu’il propose.

« Ça fait plusieurs années que je donne des ateliers de ce genre-là. Le contenu que je propose aux participants a évolué au fil des ans. Il s’appuie sur une expérience de longue haleine. Je pense que je réussis à faire vivre une expérience assez marquante aux gens qui participent », confie l’auteur.

Dans le cadre des ateliers qu’il offre, Jonathan Harnois s’efforce d’enseigner différents « outils d’écriture » aux gens qui viennent à sa rencontre. « On réfléchit à la façon de se mettre en marche pour faire de la fiction. On partage beaucoup, on dialogue. »

Entre autres, l’auteur suggère que des fragments de textes qui n’ont en apparence aucun lien entre eux peuvent constituer un matériau plus riche qu’on le croirait au premier abord.

« L’écriture part parfois de fragments de textes. On les accumule tranquillement et, un jour, on les utilise. À la relecture, on s’aperçoit souvent que plusieurs abordent une même thématique. Ça nous donne une base pour une œuvre plus importante », explique-t-il.

S’il enseigne des techniques avérées, Jonathan Harnois invite également les gens participant à ses ateliers à suivre leur intuition. « C’est difficile de faire confiance à notre intuition comme créateur. Mais, pourtant, c’est important d’arriver à ça », affirme-t-il.

La vie d’écrivain

L’auteur ne le cache pas, la vie d’écrivain n’est pas toujours rose. « C’est souvent aride. Je ne suis pas tout le temps en amour avec l’écriture et ça devient un chemin de croix par moment. Par contre, c’est réellement nourrissant », avoue-t-il, en soulignant dans la foulée que la rédaction d’un roman lui demande normalement entre quatre et cinq ans de travail.

Lorsqu’on l’invite à expliquer ce qui l’incite à écrire sans cesse, Jonathan Harnois ne balance pas une phrase creuse ou prémâchée. Il réfléchit et fournit une réponse contenant un soupçon de paradoxe.

« Je m’adonne à l’écriture parce que ça me permet de créer un espace pour susciter de bons sentiments dans le cœur des gens. Ça m’amène également à honorer la complexité de l’existence humaine. »

Du même souffle, il reconnaît que la « mort est un important moteur » de sa création littéraire. « Sans entrer dans les détails, j’ai une relation à la mort qui a commencé tôt. C’est la plus belle enseignante malgré qu’elle nous fasse vivre des moments difficiles quand elle nous enlève des gens près de nous », estime-t-il.

Au cours des prochaines semaines, l’auteur offrira une série d’ateliers d’écriture à Eastman, Magog et Sherbrooke. Il est possible d’obtenir plus d’information à ce sujet en se rendant à l’adresse internet : jonathanharnois.com/cercles.