L’harmoniciste Jim Zeller se produit plusieurs fois dans le cadre du Sherblues & Folk.

Jim Zeller : l’harmonica comme seule voie

C’est à Sherbrooke que Jim Zeller a fait ses premières gammes à l’harmonica. Il avait 12 ans lorsqu’il a découvert le petit instrument à vent.

« Je l’ai adopté tout de suite, parce qu’il était près de la voix humaine, il s’amenait partout et il se prêtait au blues autant qu’au rock’n roll. La légende disait que j’avais volé l’harmonica à un ami qui en avait plusieurs. J’avais raconté l’anecdote en entrevue. En apprenant ça, ce copain de jeunesse m’a contacté pour me rappeler qu’il me l’avait donné. »

L’époque est aussi lointaine que les souvenirs sont heureux. Sherbrooke reste un endroit précieux dans le cœur du musicien et chanteur.

« Je suis né à Sainte-Agathe, mais j’ai habité la ville des mollets dès l’âge de cinq ans. J’y reviens toujours avec bonheur parce que c’est l’ancrage de mon enfance. C’est là que j’ai chanté dans mes premiers groupes de musique. »

Ceux qui l’ont déjà vu sur scène le savent : performer est une seconde nature pour Zeller. Il habite les planches avec fougue depuis des décennies, sans que son enthousiasme pâlisse.

« J’ai toujours voulu être le Jimi Hendrix de l’harmonica. J’aime me réinventer, expérimenter de nouveaux sons et d’autres rythmes. Je fais de la musique pour la même raison que lorsque j’étais gamin. Depuis le début, tout part de la joie que j’ai à jouer, du plaisir que j’ai à partager ma musique avec le public. Si cet appétit-là n’était plus là, qu’est-ce que j’aurais à offrir en montant sur scène? Rien du tout. J’irais vendre des souliers, à la place. Mais je suis toujours aussi passionné par mon instrument », exprime celui qui a lancé en mai dernier son sixième album, Blues from Another Planet.

La galette de dix titres vient élargir le terrain de jeu du musicien.

Planète musicale

« Le nom que je lui ai donné vient de la première chanson que j’ai écrite pour ce disque, Brother from Another Planet, qui est inspirée par tous les mystères inexplicables à travers le monde depuis les débuts de la civilisation, les pyramides de Chichén Itzá par exemple. C’est aussi un clin d’œil au fait que tout le monde m’a toujours trouvé un peu extraterrestre et plutôt flyé depuis ce jour où, du haut de mes 15 ans, j’ai pris la route. Je suis parti sur le pouce comme un hippie. Il y a un documentaire, Locomotive Blues, qui parle de tout ça, de mon parcours. J’ai quitté la maison en juillet avec l’idée d’aller ramasser du tabac en Ontario. C’était populaire au début des années 1970. Les routes étaient surchargées de jeunes de mon âge qui partaient à l’aventure. »

Il a passé un an et demi au large, se rendant jusqu’en Alaska et en Californie.

« J’ai probablement causé quelques ulcères d’estomac à mes parents, mais quand je suis revenu, j’avais du bagage, je possédais une expérience de la vie que les autres n’avaient pas. Autour, on me trouvait un peu étrange, mais fascinant. Un extraterrestre. Tout ça, combiné à la musique... disons que j’avais un certain succès auprès des filles (rires). J’avais joué beaucoup d’harmonica pendant mon périple. J’avais développé mon vocabulaire. C’était une base solide. Quand tu maîtrises le langage d’un instrument, ton registre s’élargit, tu peux faire plus de choses, choisir d’autres motifs musicaux », exprime le musicien réputé pour sa versatilité et considéré par d’aucuns comme un virtuose.

Avec les grands

« Je joue autant de l’harmonica diatonique que de l’harmonica chromatique. Ce sont deux instruments très différents, qui me permettent de me promener dans tous les styles. Je fais du rock, du blues, du jazz, de la musique gitane ou arabe, des pièces classiques. N’importe quoi, en fait. »

Au fil des ans, il a joué avec les Diane Dufresne, Robert Charlebois, Nanette Workman, Michel Pagliaro et Jean-Pierre Ferland autant qu’avec de grands noms du blues tels que B.B. King, John Lee Hooker, Muddy Waters.

Il a aussi « parrainé » de nombreux musiciens de talent qui font aujourd’hui leur marque dans le paysage artistique.

« J’ai enseigné à plusieurs. Guy Bélanger a été l’un de mes premiers élèves, il y a très longtemps. Je regarde son parcours et je suis très fier de voir où il est rendu. Entre harmonicistes, il n’y a pas de compétition. Comme on est peu nombreux, on forme une confrérie, je dirais. On a toujours du plaisir à jouer ensemble, à partager nos trucs et à se retrouver ensemble sur scène lors de spectacles spéciaux comme Harmonica Extravaganza, au Sherblues & Folk. »

La programmation fait la part belle à l’harmoniciste cette année, qui joue sur différents plateaux tout au long du festival sherbrookois, avant de mettre le cap sur le Festival international de blues de Tremblant pour la 18e année consécutive.

Vous voulez y aller?

Jim Zeller
Jeudi 4 juillet, 18 h
Orford Express
Forfait trajet — repas : 99 $

Jim Zeller Band
Vendredi 5 juillet, 17 h
Savo

Vendredi 5 juillet, 23 h
Liverpool

Samedi 6 juillet, 20 h 30
Loubards
Entrée gratuite

Harmonica Extravaganza
Plusieurs artistes, dont Jim Zeller
Dimanche 7 juillet, 20 h
Théâtre Granada
Entrée gratuite