Dans le cadre de la journée du « 12 août, j’achète un livre québécois », le Sherbrookois Éric Côté s’est laissé tenter par de la littérature locale et autochtone.
Dans le cadre de la journée du « 12 août, j’achète un livre québécois », le Sherbrookois Éric Côté s’est laissé tenter par de la littérature locale et autochtone.

«J’achète un livre québécois» : une tradition qui prend de l’ampleur

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
La tradition du 12 août semble maintenant bien implantée à Sherbrooke. Plusieurs Estriens ont acheté un (ou plusieurs) livre d’auteurs québécois, mercredi, au grand bonheur des partenaires du domaine de l’écriture, de l’édition et de la vente.

À la Biblairie GGC, on affirme avoir été « bien préparé » devant l’achalandage plus marqué qu’à l’habitude. « Les gens sont vraiment au rendez-vous. Je ne peux pas dire qu’on a le double de lecteurs sur le plancher, mais presque », affirme Michel Breton, gérant de la section des livres pour adultes.

« Les achats sont très variés. Les titres qui ont été proposés par certains médias, comme ç’a été le cas pour Les falaises de Virginie DeChamplain dans La Presse, se sont vus particulièrement populaires aujourd’hui », ajoute-t-il.

Un présentoir spécial à l’entrée de la librairie offrait des suggestions d’auteurs de la région, tels que David Goudreault, Patrick Nicol, Véronique Grenier ou Michèle Plomer.  

« Nous avons tellement d’auteurs de talent dans la région. C’est important pour nous de les mettre en valeur, d’autant plus que la journée du 12 août leur ait dédié », mentionne M. Breton.

Les recueils de poésie de Natasha Kanapé Fontaine et de Joséphine Bacon, deux auteures innues.

Des achats influencés par l’actualité?  

On remarque également cette année une effervescence quant à la lecture dite « engagée », notamment sur les réseaux sociaux. La vague de dénonciations d’inconduites sexuelles, le mouvement Black Lives Matter et les enjeux autochtones ont certainement influencé les achats de plusieurs Sherbrookois.

C’est d’ailleurs le cas pour Éric Côté qui s’est procuré Kukum de l’auteur Michel Jean, La bête intégrale de David Goudreault, ainsi que deux recueils de poésie signés par les parolières innues Joséphine Bacon et Natasha Kanapé Fontaine.

« Premièrement, il faut dire que j’ai toujours aimé lire. Mais cela s’ajoute aussi à un désir personnel de vouloir encourager la consommation locale au quotidien », explique-t-il.

« Étant moi-même en train d’écrire la deuxième version d’un roman que je souhaiterais publier dans le futur, ça me paraît juste de donner pour que le karma fasse en sorte que je reçoive un jour à mon tour », raconte celui qui étudie présentement en traduction à l’Université de Sherbrooke.

Bien que ses goûts littéraires aient toujours été très diversifiés, Éric Côté confie avoir, depuis quelques temps, un intérêt particulier pour la littérature autochtone. « J’ai été élevé près d’une réserve, mais ce n’est que tout récemment, en lisant un texte de Natasha Kanapé Fontaine, que j’ai réalisé l’importance de défendre la culture autochtone par la traduction d’œuvres existantes. »

D’ailleurs, cette réflexion l’a interpellé au point de vouloir poursuivre des études supérieures sur le sujet de la traduction « éthique » dans le but d’approfondir la notion de respect dans le milieu de la traduction.

Somme toute, à travers ses nombreux projets, Éric Côté emmagasinait ses envies de lectures en vue de la journée officielle « J’achète un livre québécois ». 

« Le 12 août, c’était le coup de pied que ça me prenait pour aller acheter les livres que j’avais déjà en tête depuis un bon moment. »