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Amélie Beyries s’est produite devant un Théâtre Granada comble samedi soir, c’est-à-dire 250 personnes.
Amélie Beyries s’est produite devant un Théâtre Granada comble samedi soir, c’est-à-dire 250 personnes.

Incroyable intimité avec Beyries

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
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Avec Beyries, l’intimité semble facile, naturelle. Même quand sa musique devient plus rythmée ou volontairement appesantie dans sa transition vers la scène, la musicienne réussit à créer une proximité rare.

C’est bien le signe que cette artiste, que personne ne connaissait encore il y a cinq ans, est faite pour ce métier. Même si elle a avoué sa haute nervosité samedi soir au Théâtre Granada, battant selon ses dires des records personnels de transpiration, Amélie Beyries a noué un contact charismatique avec ses quelque 250 spectateurs bien masqués et distancés. Elle leur a fait la jasette comme si c’étaient de grands amis, et l’aurait sans doute fait davantage si cela n’avait été du minutage serré imposé par le couvre-feu.

Mais de cette prestation qui a pris son envol il n’y a que quelques semaines, et qui n’en est pas encore à sa version définitive (notamment quant aux éclairages), on peut dire qu’elle est en excellente voie de devenir un incontournable post-pandémie. Tant pour ses qualités artistiques que pour l’esprit de libération et d’allégement qu’elle insuffle.

D’abord, Beyries s’est associée avec une équipe de feu. André Papanicolaou, Amélie Mandeville et Marc Chartrain font partie de la crème des musiciens actuels, collaborateurs des Vincent Vallières, Patrice Michaud, Louis-Jean Cormier et compagnie. Avec l’ampleur d’«Encounter», opus 2 de l’autrice-compositrice paru en novembre dernier, il fallait des partenaires d’une grande polyvalence, musicalement mais surtout vocalement, pour recréer les puissant chœurs du disque. Mission accomplie: tous les frissons étaient au rendez-vous, surtout dans «Closely», «Over Me» et «Graceless».

Tours de vis

L’artiste a aussi su faire ajouter une dose suffisante de rythmes dans ses arrangements pour la scène, elle dont le premier opus était quand même assez tranquille. Piano et  batterie sont ses principales armes pour emplir l’espace que trop de piano-voix ou de guitare-voix rendraient pesant. La soirée vogue sur un bon dosage entre moments rythmés et moments calmes. Quelques éléments de programmation ont permis de recréer certaines ambiances réussies de l’enregistrement, mais le quatuor n’en a pas abusé.

Cela dit, Beyries, peut-être l’a-t-on oublié, est également une excellente instrumentiste, aussi à l’aise avec les cordes qu’avec un clavier. On l’a sentie parfaitement en maîtrise avec l’une comme avec l’autre, même si cette jeune prestation laisse voir les quelques tours de vis manquants.

Mais de toute façon, Beyries démontre une telle aisance qu’il n’y a pas à trop s’en faire. Les guitares mal accordées, les fausses notes, l’écho en trop ou les paroles oubliées ne sont pas un problème quand on sait si bien les tourner en dérision. Sinon, pour vous mettre dans sa poche, la chanteuse vous racontera, de sa voix enveloppante, comment elle a reçu son vaccin sur le mode prioritaire... 

«Encounter» a presque été joué au complet (seule «Anymore» manquait à l’appel), de même que quatre pièces de «Landing». Avec, en prime, l’interprétation de «To Love Somebody», qui s’est retrouvée sur la trame sonore de «Grey’s Anatomy».

Peut-être vous demandez-vous si Beyries a chanté «Je pars à l’autre bout du monde», la chanson qui l’a fait connaître il y a cinq ans? Eh non! Et personne n’a semblé s’en plaindre. Signe que le public a appris à aimer la signature propre de cette artiste qui mérite amplement sa place à elle.

Beyries était en spectacle samedi soir au théâtre Granada, avec ses quelque 250 spectateurs bien masqués et distancés.