C’est la comédienne Marianne Champagne qui a hérité du rôle de la jeune Helen Keller, qui a huit ans dans la pièce.

Helen Keller racontée au théâtre

Mais avant d’être un « bon exemple de persévérance » relayé par une maison d’édition, le cheminement de la jeune Américaine sourde et aveugle avait inspiré le dramaturge William Gibson. Créée en 1959, sa pièce de théâtre The Miracle Worker (Tony Award de la meilleure pièce en 1960) garde aujourd’hui encore toute sa pertinence et une dizaine d’étudiants du programme de théâtre de Bishop’s la feront revivre le temps de cinq représentations en anglais.

« Helen Keller est décédée il y a plusieurs années, en 1968, mais peut-être en raison des nombreux albums pour enfants qui racontent son histoire, elle est encore assez connue au Québec. J’avais déjà monté la pièce il y a 25 ans, mais j’avais envie de la présenter à nouveau. Parce que je trouve important qu’on se souvienne de cette femme. Son vécu est très inspirant », raconte le metteur en scène George Rideout.

La production nous transporte dans les États-Unis de 1880, 15 ans après la fin de la Guerre civile. La jeune Helen a huit ans. Sourde, aveugle et muette, elle vit dans une famille aimante mais qui ne sait pas comment l’aider. L’arrivée de l’enseignante Annie Sullivan parviendra à tirer la jeune fille de sa torpeur.

« Helen vit dans une famille traditionnelle du sud des États-Unis, alors qu’Annie est une jeune femme de 20 ans qui vient de Boston. Son arrivée crée un certain choc culturel chez les Keller, mais c’est finalement elle qui sera capable de percer la noirceur dans laquelle s’enfonce Helen en lui donnant les moyens de communiquer, en la connectant au langage. Tout ça changera complètement la trajectoire d’Helen Keller, qui obtiendra en 1904 son diplôme du Radcliffe College », explique M. Rideout.

Répéter les yeux fermés

Celui qui enseigne le théâtre à l’Université Bishop’s insiste sur la portée du texte, qui parle autant de l’importance du langage et de l’inclusion des personnes handicapées dans le monde éducatif que de la façon d’aider ses enfants à s’épanouir, peu importe la nature des difficultés qu’ils rencontrent.

« On réalise vraiment ce que la capacité de s’exprimer change dans la vie d’une personne. Le sujet peut sembler très sérieux, mais il y a aussi des moments drôles. La production s’adresse vraiment à toute la famille », souligne M. Rideout.

C’est la comédienne Marianne Champagne qui a hérité du rôle de la jeune Helen, qui a huit ans dans la pièce.

« Ce n’est pas si facile à jouer. Il y a tout un défi à relever avec la gestuelle, avec le regard qui ne doit pas véhiculer d’émotions. Elle a répété les yeux fermés pour donner de la profondeur à son personnage », exprime M. Rideout.

Émilie Binet-Patoine et Theresa Graham se partagent le rôle d’Annie Sullivan, qu’elles joueront en alternance d’une représentation à l’autre.

L’imposant décor signé Adam Provencher recrée la maison de la famille Keller. Et les costumes d’époque que portent les personnages ajoutent à la facture visuelle de la pièce qui est présentée au Théâtre Centennial cette semaine.

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The Miracle Worker
12, 13 et 15 mars, 19 h 30
14 mars, 14 h et 19 h 30
Théâtre Centennial
Entrée : 22 $ (étudiants : 15 $, aînés : 20 $)