En compagnie de Simon Dolan (à gauche) et de Claude Fradette, la comédienne Dominique Quesnel remporte un succès inattendu avec sa prestation consacrée au répertoire de Leonard Cohen, Hallelujah Leonard.

Hallelujah Leonard : une grande joie pour Dominique Quesnel

Admiratrice inconditionnelle du répertoire de Leonard Cohen, l’actrice Dominique Quesnel l’est très certainement. Elle prête maintenant sa voix à une vingtaine de chansons de ce grand et regretté poète-auteur-compositeur-interprète québécois, pour créer le spectacle Hallelujah Leonard. Une prestation qu’elle a accepté de faire de manière totalement inattendue.

« Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre... Je suis plutôt une comédienne. Pendant une fête pour l’anniversaire du Théâtre La Licorne, on m’a demandé d’interpréter Dance Me to the End of Love. Claude Fradette, un guitariste formidable qui s’y trouvait, m’a rappelée par la suite pour me proposer de faire ce spectacle en trio. Je ne le connaissais pas ni Simon Dolan [bassiste et contrebassiste, en alternance avec Ludovic Bonnier], et je me suis demandé si j’étais capable de faire ça! » raconte-t-elle.

Mais la chimie était au rendez-vous. « Je suis très chanceuse d’avoir ces deux merveilleux musiciens, qui sont aussi mes choristes (comme Cohen dans sa musique). Nous avons une belle complicité. Nous formons un vrai trio, ils ne sont pas en retrait. Nous avons un plaisir franc et contagieux à travailler ensemble. »

Dominique Quesnel n’a jamais rencontré Cohen. « Malheureusement, admet-elle, la voix pleine de regret. Mais mon amie, la comédienne Marie-Thérèse Fortin [à qui elle donnait la réplique dans le téléroman Mémoires vives], l’a croisé sur le trottoir, dans le quartier de Montréal où il avait sa maison. Elle m’a raconté. Il était avec une dame, et Marie-Thérèse, avec son conjoint. Elle se retourne, rattrape Cohen, elle est sciée en deux, comme une ado, et dans son mauvais anglais lui dit : "I love you, Mister Cohen." Il la regarde, penche la tête sur le côté et met sa main sur son cœur. C’était cute, j’étais émue quand elle m’a raconté, j’aurais eu la même réaction qu’elle, comme une petite fille! »

Multiplié par vingt

Dominique Quesnel avoue modestement « gratouiller » la guitare. Assez bien, semble-t-il, pour que ses musiciens professionnels la laissent jouer avec eux dans le spectacle.

« La première chanson de Cohen que j’ai apprise, c’est Dance Me to the End of Love. Toutes ses chansons sont simples, mais ça prenait tout un talent de mélodiste pour durer et livrer un répertoire de cinq décennies. On le disait mauvais chanteur au début, mais il a trouvé sa voix à force de travailler. »

On dit de la voix de Dominique Quesnel qu’elle est remplie de soul, juste, profonde et bouleversante. Elle rétorque : « Je ne suis pas une chanteuse à voix. Mon métier ultime, ce serait plutôt auteure ou poète. Mais j’aime chanter, les gens le ressentent. C’est de la communication. J’ai même découvert des similitudes entre chanteuse et comédienne. La comédienne joue toute sa pièce de théâtre, il y a des applaudissements à la fin, c’est bon. La chanteuse, elle, chante ses 20 chansons, elle raconte 20 histoires différentes, 20 univers avec des énergies et des atmosphères différentes, il y a 20 applaudissements. Cela apporte une adrénaline incroyable, c’est comme une drogue », décrit-elle, subjuguée.

Pour Leonard, pas Andrée

Celle que le Québec a aussi vue dans Omertà, Virginie, Fortier et plusieurs autres séries a également 30 années de théâtre derrière elle, une passion qui se poursuit aujourd’hui, tant dans les œuvres populaires que classiques, québécoises ou étrangères. Mais elle ne veut pas qu’on en parle.

« Je ne veux pas que le public vienne pour mon personnage d’Andrée dans Mémoires vives. On met beaucoup d’admiration, de joie, d’humilité dans les chansons de Leonard Cohen. C’est touchant, car on se rend compte que les gens l’aiment, on le sent. On s’ennuie de lui. Il me rend fière, car c’est un Montréalais qui a eu un rayonnement partout dans le monde », confie-t-elle, émue encore.

Hallelujah Leonard pourrait durer très longtemps, voire des années avant que Dominique Quesnel s’en lasse. Celle-ci se verrait très bien tourner non seulement au Québec, mais au Canada, aux États-Unis, en Europe, partout dans le monde.

« C’est certain! Même si nous ne sommes pas les seuls à chanter Cohen dans le monde. Mais il faut rêver, ça prend des rêves, on se le souhaite. »

Pourquoi pas jusqu’à la petite île grecque d’Hydra, où Cohen a vécu avec Marianne, où il était bien connu? Même la rue où se trouvait la maison qu’il y a possédée a été rebaptisée « rue Leonard-Cohen », en son honneur. Un endroit où Dominique Quesnel voudrait assurément aller!

Vous voulez y aller?

Hallelujah Leonard
Dimanche 7 avril, 19 h
Cabaret Desjardins de la salle Montignac, Lac-Mégantic
Entrée : 31 $ (étudiants : 22 $)

Dimanche 14 avril, 12 h
Pavillon des arts et de la culture de Coaticook
Entrée : 23 $

Samedi 22 juin, 19 h
Centre d’art de Richmond
Entrée : 30 $