Charlotte Galvao, Sébastien Croteau, Michel Vézina, Annie Landreville, Annabelle Moreau, Ralph Elawani, Maxime Nadeau et Aimée Prophète étaient à Saint-Camille samedi pour faire vivre l'expérience du G.O.U.L.D.

G.O.U.L.D. trimballe sa kermesse littéraire

G.O.U.L.D., oui comme dans ce petit village estrien. Mais aussi comme dans Grand oratorio ubuesque littéraire dérimé, ou comment faire vivre la littérature et la poésie de manière éclatée.
Grand comme plus grand que nature. Oratorio, ce type de courte pièce de théâtre récitée sans accessoire ni décor. Ubuesque, en l'honneur du père Ubu et de sa critique de l'organisation sociale et de la politique. Littéraire, simplement. Et dérimé, un néologisme inventé par les idéateurs du rassemblement.
« C'est un jeu de mots autour de la définition de déjanté. Quand tu tournes trop vite, tu peux sortir de la roue : dérimer. C'est aussi enlever la rime de la poésie », explique Michel Vézina, l'un des créateurs du G.O.U.L.D.
En 2015 avec Maxime Nadeau, il a créé Le Buvard, une bibliothèque ambulante. Un an plus tard, les complices inauguraient Le Salon, le premier pub-librairie au Québec. Ces deux-là ne comptaient toutefois pas arrêter d'innover.
« On s'est demandé ce qu'on pourrait faire de plus. Comment on pourrait continuer d'amener la lecture en milieu rural et aussi amener une espèce de fête autour de la littérature, de la création, de l'imaginaire? », relate M. Vézina.
L'idée est venue de lui, de Maxime et de Myriam Suchet, une chercheure de la Sorbonne qui tente de faire des liens entre la culture, la recherche, la société, l'art, le mode de vie et l'organisation sociale. Charlotte Galvao et Aimée Prophète se sont ensuite greffées afin de créer ce qui se veut un petit cirque des mots.
« On veut amener la littérature et la poésie à rencontrer d'autres formes que ce soit le mouvement, la danse, la musique, le cirque. »
Le public peut ainsi tenter l'expérience des entresorts, ces petits chapiteaux fermés qui rappellent les cahutes où, pour une somme modique, on pouvait voir les bêtes de foires à l'époque.
Entrez. Regardez. Sortez.
Lors du G.O.U.L.D. de Saint-Camille samedi, il y avait notamment une consultation en culture d'entreprise littéraire, une session d'initiation au vaudou et des prescriptions poétiques. Étampé officiellement, votre poème vous est remis dans un petit pot à pilules. Pas de contre-indications. Sans effets secondaires, mise à part un état d'esprit plus ouvert.
On vous invitait aussi dans un tipi de sudation afin d'écouter un enregistrement de Joséphine Bacon la poète innue, réciter des textes dans sa langue d'origine puis en français, autour de pierres brûlantes arrosées d'eau et de sauge.
Chaque arrêt, les choses changent. Chaque fois, les artistes peuvent décider d'emprunter des voies complètement différentes afin de vous offrir des mélanges inattendus, mais si bien agencés.