Michelle Bélanger, directrice générale du Musée des sciences et de la nature, devant une des plus célèbres inventions des Premières Nations : le kayak.

Génie autochtone : Quand « Premières Nations » rime avec « invention » [VIDÉO]

Le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke présente pour la première fois cet été une exposition créée par le Centre des sciences de Montréal. Et pas n’importe laquelle.

Primée en mai dernier par l’Association canadienne des centres de sciences, qui lui a décerné le titre de meilleure exposition, catégorie grande institution, Génie autochtone débarque pour tout l’été et une partie de l’automne à Sherbrooke. 

« Ça fait longtemps qu’on rêvait de faire venir ici une création du Centre des sciences, avec lequel on collabore depuis longtemps. On est donc vraiment très heureux de pouvoir accueillir cette superbe expo qui met en lumière toute l’inventivité des Premières Nations. En parcourant les différentes stations, on apprend de façon ludique sur différentes inventions qui nous viennent des peuples autochtones et qui nous accompagnent encore aujourd’hui », souligne la directrice générale et conservatrice du Musée, Michelle Bélanger.

Découpée en blocs qui suivent les saisons, l’exposition interactive comporte peu de textes mais beaucoup d’expérimentations. Jeunes et moins jeunes pourront tester leur équilibre en kayak, faire la course en canot virtuel, marcher en raquettes, conduire un traîneau à chiens grâce à un casque de réalité augmentée, viser différentes cibles au tir à l’arc, essayer (sans danger!) le couteau croche amérindien, tenter en équipe de résoudre un jeu de labyrinthe. Entre autres. 

Parcours techno

La visite nécessite le port d’un bracelet électronique, lequel active les très nombreuses animations visuelles et sonores qui parsèment le circuit. Une première, là aussi, pour le Musée de la nature et des sciences. 

« C’est interactif et très immersif comme parcours », précise Mme Bélanger, qui, avec cette expo, renoue avec un univers qui lui est cher. 

« Avant d’être en poste ici, j’ai œuvré pendant sept ans au Musée des Abénakis. Ça me replonge dans ce monde que j’ai appris à connaître et que j’aime beaucoup. C’est aussi un bel hommage aux différents peuples autochtones du Canada. L’exposition fait découvrir leur culture et leurs valeurs à travers un prisme très positif. Très innovant, aussi. On a l’habitude d’aborder la vie amérindienne d’un point de vue historique, en s’attardant sur les traditions, les coutumes. Là, c’est autre chose, une autre fenêtre sur les Premières Nations. On met de l’avant le riche héritage scientifique qu’elles nous ont légué, on découvre leur impressionnant savoir-faire dans plusieurs sphères », insiste Mme Bélanger.

L’exposition Génie autochtone permet d’expérimenter le tir à l’arc.

Générer de la fierté

Génie autochtone a déjà été présentée à deux reprises à Montréal et une autre fois à Vancouver. Les membres des communautés autochtones qui ont visité l’exposition se sont reconnus au fil de celle-ci. Ils ont aimé le portrait qu’on a fait d’eux. 

L’idée de générer de la fierté chez les Premières Nations était d’ailleurs l’un des objectifs du projet, mentionne Maud-Fred Côté-Leblanc, chef au développement et à la réalisation du Centre des sciences de Montréal. 

« On voulait bien les représenter, de façon contemporaine. Tout au long de la démarche, on avait avec nous quatre spécialistes, représentants des premiers peuples, qui nous conseillaient quant au contenu. Les illustrations comme les grandes fresques interactives sont signées par une artiste abénakise, et ce sont des autochtones qui ont fait la narration des extraits sonores », ajoute-t-elle. 

L’enjeu des changements climatiques est aussi abordé dans un volet intitulé Climato tactique, développé en partenariat avec des chercheurs de l’Université McGill, lesquels consignent les idées et initiatives autochtones pour agir sur les changements climatiques. 

« C’est un sujet très actuel et les peuples autochtones, en raison de leur vaste connaissance de la nature, ont accumulé un savoir précieux », note Mme Côté-Leblanc. 

Dans différents créneaux, plusieurs « porteurs de savoir » sont d’ailleurs mis en lumière tout au long de la visite. Stanley Vollant, Jessica Arngak, Duncan Cree, Cecilia Irnik, Norma Kassi et Marie-Josée Parent sont quelques-uns des visages qu’on découvre au fil du parcours, qui a dû être un brin remanié pour pouvoir se mouler aux locaux du musée sherbrookois. 

« On a moins de mètres carrés que le Centre des sciences, alors on a dû couper un peu dans le contenu, mais on présente quand même 16 innovations sur 23 », dit Mme Bélanger. 

Après son passage à Sherbrooke, l’exposition prendra la route pour une tournée canadienne qui la mènera notamment au Manitoba, en Ontario, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique.

Vous voulez y aller?

Génie autochtone
Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke
Jusqu’au 14 octobre 2019
En saison estivale, le musée est ouvert tous les jours de 9 h à 18 h
Entrée : 13 $ (adulte), 9 $ (enfant), 11 $ (étudiant et aîné)
Forfait famille : 39 $ (deux adultes, deux enfants, 2 $ par enfant additionnel)
Gratuit pour les moins de trois ans

Une expo, mais pas de jardins

 Les jardins ne se réinventeront pas cet été à Bromptonville. La Maison des arts et de la culture de Brompton a choisi de ne pas présenter d’exposition extérieure pendant la belle saison. 

« C’est un concours de circonstances qui fait qu’on prend une pause pour mieux revenir l’an prochain », explique la nouvelle directrice du lieu de diffusion artistique, Rosalie Tellier. Celle-ci est entrée en poste à la fin du mois d’avril. Elle succède à Maude Charland-Lallier, maintenant à la tête du Musée des beaux-arts de Sherbrooke.

« Au moment de mon arrivée, les écoles primaires, secondaires et les étudiants universitaires avec lesquels on collabore d’habitude avaient déjà ciblé d’autres projets. On ne pouvait pas compter sur leur apport. Comme c’est un bon morceau de la programmation, on ne pouvait pas vraiment faire sans, même si on avait quelques candidatures artistiques dans notre manche. Plutôt que de présenter une version édulcorée de l’événement, on a préféré remettre à l’année prochaine. Mais nous présenterons tout l’été une expo intérieure dont nous sommes très fiers, qui est portée par deux artistes établis et deux artistes émergents. »

L’exposition À la frontière du réel sera ouverte au public du 30 juin au 8 septembre. Le titre le dit, les quatre artistes ont créé en s’inspirant d’un thème commun, les frontières de toutes sortes.  

Le sculpteur Mathieu Gotti propose Aux grands maux les grands mirages tandis que l’artiste Anne-Marie Berthiaume présente Le quartier Juxtaposé. Les œuvres des artistes de la relève Pascale St-Pierre et Agatha Veale sont également au menu de l’exposition estivale dont le vernissage est prévu le 30 juin, à 14 h. 

Rosalie Tellier