William S. Messier avec son Gémeaux pour Terreur 404

Gémeaux: un petit velours au coscénariste de Terreur 404

Depuis sa sortie en 2017 sur la plateforme ICI Tou.tv, Terreur 404 a déjà récolté plusieurs prix à l’étranger. Les festivals qui célèbrent les créations web à Toronto, Berlin, Séoul et en Russie, notamment, ont couronné la série québécoise qui plante ses racines dans le terreau de l’horreur.

Les deux statuettes remportées au Gala des Gémeaux, dimanche dernier, font toutefois un petit velours de plus au Sherbrookois William S. Messier, qui coscénarise le bijou web avec Samuel Archibald.

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« Avant le gala, Sébastien Diaz (qui réalise), Samuel et moi, on était partagés dans nos attentes. On savait qu’on était en compétition contre de grosses pointures, des séries comme La vie adulte et En audition avec Simon, qu’on a nous-mêmes beaucoup aimées. Même si notre série a eu beaucoup de succès à l’international, on était conscient que ça ne se traduirait pas nécessairement par une reconnaissance ici aussi, on ne tenait rien pour acquis. Juste être finaliste, pour nous, c’était fantastique. Alors pour moi, remporter les deux Gémeaux, c’est une grande victoire parce que ce qu’on souhaite, avec Terreur 404, c’est d’abord plaire aux gens de chez nous. Les prix à l’étranger, c’est du bonus, mais gagner ici, c’est le comble, à mon avis. Vraiment », dit l’auteur sherbrookois.

La production de huit épisodes a remporté le trophée de la meilleure émission ou série originale de fiction produite pour les médias numériques. Elle a aussi été couronnée pour les meilleurs textes d’une série de fiction web. Un coup double qui donne de l’élan aux créateurs.

« La récompense pour les textes, c’est une fleur qui confirme qu’on a une bonne dynamique, Sam et moi, et qu’on se complète bien, chacun avec nos forces. Sam est vraiment bon pour bâtir la structure, pour placer les éléments. Moi, je suis davantage efficace dans le phrasé, les dialogues. Pour nous deux, c’est une belle tape dans le dos qui nous galvanise. C’est sûr qu’on aimerait éventuellement voir cette série-là à la télé, pour qu’elle puisse s’ouvrir à un public plus général. C’est dans les airs dans la mesure où on est tous d’avis qu’il y a un momentum, que ça pourrait être le bon moment pour faire ce passage-là, mais il n’y a pas de pourparlers à ce chapitre présentement. On est beaucoup plus dans la planification de la deuxième saison et de la promo qui va l’entourer », note celui qui est aussi romancier et qui a notamment signé Le basketball et ses fondamentaux, en 2017.

NOUVELLE SAISON

Le second chapelet d’épisodes de Terreur 404 devrait atterrir sur la planète web vers la fin du mois d’octobre.

« On creuse la même thématique, soit le rapport à la technologie, mais on a poussé la machine un peu plus loin. Le simple fait d’avoir une meilleure confiance des diffuseurs et producteurs nous a donné plus de latitude. On passe de huit à sept épisodes, mais ceux-ci seront plus longs. On a réalisé que le fait d’avoir plus de temps pour camper l’intrigue et les personnages nous servaient souvent mieux. On installe des flashs épeurants, mais contrairement aux films d’horreur, on ne propose pas nécessairement de résolution, à la fin. On laisse le spectateur sur une note mystérieuse. Et on a encore plusieurs acteurs du bottin de l’UDA qui figurent au générique. J’ai eu une vraie surprise d’apprendre que Marc Messier allait jouer dans l’un des épisodes, moi qui ai grandi en le voyant dans différentes productions. C’est un grand de notre télé. On lui a confié quelque chose d’assez flyé, d’ailleurs. »

ÉVENTUELLEMENT LA TÉLÉ?

L’automne est par ailleurs riche de projets pour le duo d’auteurs, qui signe aussi Cavale, la première balado de fiction à être propulsée sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première. Réalisée par Michel Montreuil, la série raconte un enlèvement qui se transforme en road trip et réunit les voix de Pascale Bussières, Catherine Brunet, Gildor Roy et France Castel.

« Pour tout dire, c’est l’histoire d’un musicien qui simule son propre enlèvement pour changer de vie. Avec ce projet-là, on est encore dans l’écriture de projets qui se font en marge, pour le web ou pour l’audio, mais Sam et moi, on se prépare à cogner aux portes de la télé. On y pense. »

Et pas nécessairement avec l’idée de semer la peur chez les téléspectateurs.

« On a jusqu’ici touché au mystère et à l’horreur, mais je suis ouvert à explorer un autre créneau. Je suis un grand consommateur de comédies, de comédies dramatiques et de thriller. L’idée, dans un registre ou dans un autre, c’est de toujours raconter une bonne histoire.