Gabrielle Shonk

Gabrielle Shonk : Folk fusion

Certains se rappelleront peut-être avoir vu Gabrielle Shonk à La voix, en 2014.

Son passage a été bref, puisqu’elle n’a pas remporté son duel, mais il lui a permis de se faire connaître du grand public. Il lui a surtout donné l’élan nécessaire pour oser un premier opus. « Avant de m’inscrire à l’émission, je pensais faire un microalbum. Je gagnais déjà ma vie en musique, je chantais dans des mariages, je faisais des reprises dans des restos. L’émission a été pour moi une marche à grimper. J’ai vu qu’il y avait peut-être un public pour ce que je faisais. J’ai décidé de me lancer dans l’aventure d’un disque complet avec Jessy Caron, mon complice en musique depuis longtemps. »

L’auteure-compositrice-interprète lançait en septembre dernier cette galette qu’elle a autoproduite avant d’être recrutée par la maison de disques Universal.

« Je souhaitais vraiment que ce disque-là me ressemble. J’ai plusieurs influences, j’aime l’indie rock, le blues, le soul, j’ai grandi en écoutant les Beatles, Tracy Chapman et Joni Mitchell. Tout ça teinte mon folk. Les textes, eux, sont plutôt introspectifs. Ils parlent d’amour, d’enfance, de relations », résume celle qui a commencé à chanter alors qu’elle prononçait ses premiers mots. Littéralement.

« Mon père est bluesman, ma mère est graphiste : les arts et la musique, ça faisait partie du quotidien chez nous. J’ai appris la guitare au secondaire et à l’adolescence, je trouvais qu’écrire des chansons était un beau moyen d’expression. »

LE BON VENT DU WEB

Ceci menant à cela, elle signait ses propres compos à l’âge de 14 ans. En anglais comme en français.

« C’est naturel pour moi de chanter dans les deux langues, parce que mon père est Américain et ma mère est Québécoise. Je suis née aux États-Unis, mais j’ai grandi à Québec. Les deux cultures ont forgé mon identité. J’ai commencé sur la scène punk rock avant d’aller étudier en interprétation jazz au cégep et à l’université », explique la musicienne de 29 ans, qui a vu le vent tourner lorsqu’elle a lancé Habit, son premier extrait, en 2016.

Moment charnière, impact majeur.

« J’avais déjà le bonheur de jouer avec des amis musiciens qui partagent ma vision et avec lesquels j’avais porté mon projet. On y avait mis beaucoup d’énergie et de cœur, on était fiers du résultat, mais j’avais tenté une approche auprès de différentes maisons de disque en envoyant mon CD et c’était le silence radio. Ça engendrait une petite remise en question. Simon Pedneault, qui a réalisé le disque, a lancé l’idée de déposer un premier extrait sur le web. »

Un tournant

L’accueil a été plus que formidable. « Ça a changé ma vie, c’est un tournant », dit la chanteuse qui s’est ensuite produite au Festival d’été de Québec. Des représentants d’Universal étaient dans l’assistance. Peu de temps après, elle signait un contrat avec eux.

« Ils ont vraiment compris ce que je faisais et où je voulais aller. Je souhaite faire ce métier longtemps, j’espère voyager grâce à la musique », dit celle qui a déjà chauffé quelques scènes américaines et parisiennes.

Ce jeudi, c’est sur celle du Sherblues & Folk qu’elle s’arrête, avec ses trois musiciens.

« On fera les chansons du disque... et quelques surprises », souligne la chanteuse qui a déjà commencé à plancher sur du nouveau matériel.

Indiara Sfair

Nuances de (sher) bleu

Les spectateurs sherbrookois la découvriront avant tout le monde : après avoir participé à différents projets jazz et blues dans son Brésil natal, l’harmoniciste Indiara Sfair se produit pour une toute première fois au Canada et c’est au Sherblues & Folk que ça se passe. Celle qui fait un tabac sur les médias sociaux a été découverte via le web par la directrice générale et artistique du Sherblues et du Granada, Suzanne-Marie Landry. La vidéo, vue plus de deux millions de fois sur YouTube, permet d’avoir une idée de l’étendue du talent d’harmoniciste et d’improvisatrice de Sfair. La musicienne et compositrice native de Curutiba s’amène sur la scène sherbrookoise avec le guitariste Ricardo Maranhao et le duo offre trois prestations plutôt qu’une. Pour goûter sa musique en spectacle, c’est à 23 h jeudi au Boquébière, et vendredi à 17 h sur la scène Rythme & blues (Wellington Nord) et à 23 h à la Petite Boîte noire.

Vous voulez y aller?

Gabrielle Shonk
Jeudi 5 juillet, 20 h
Grande Scène
La Petite Boîte noire, 23 h

Également au programme Bryan Lee
Scène Rythme & Blues, 17 h
Matt Holubowski
Grande scène, 21 h 15