L’humoriste François Bellefeuille a fait crouler de rire une salle Maurice-O’Bready quasi pleine hier soir, avec son deuxième spectacle solo Le plus fort au monde. Il sera de retour ce soir ainsi que le 4 mai 2019.

François Bellefeuille : un super zéro qu'on adore

Conseil aux mamans qui ont gardé les dessins de leurs enfants : allez donc y fouiller un peu, vous trouverez peut-être une mine d’or pour faire crouler de rire une salle de 1500 personnes.

C’est du moins ce qu’a réussi François Bellefeuille vendredi soir à la salle Maurice-O’Bready. En plein cœur de son deuxième spectacle solo
Le plus fort au monde trône un numéro digne d’un Olivier, où l’humoriste dévoile sur grand écran une série de dessins réalisés à 8 ans. Et c’est à en pleurer, tant dans la façon dont l’artiste les commente que dans leur nature même.

Voyez-vous, le jeune François semblait traverser à l’époque un retour de phase phallique lui faisant ajouter des organes génitaux un peu partout. Une imagination débridée et impudente qui ferait hurler n’importe quel parent. Et c’est justement sur ce ton qu’on lui connaît bien, cette façon de toujours nous parler des choses comme si aucune n’avait de grâce à ses yeux, que Bellefeuille commente ses barbots d’enfance, en en faisant ressortir tout l’absurde et en touchant la cible à tout coup.

Pas de dépaysement, donc, pour les habitués de ce barbu échevelé aux yeux et à la bouche qui s’écarquillent jusqu’aux oreilles. Avec ce deuxième bébé scénique, on retrouve le même colérique immature qui, même s’il crie et sacre souvent, n’en devient pas criard ni vulgaire.

Ce qui a changé, ce sont les thèmes, son couple et ses enfants représentant une large part du gâteau. « Applaudis, mon tab… » lancera-t-il à un spectateur après avoir annoncé qu’il est maintenant papa.

Et c’est toujours hilarant de voir cet excessif exprimer des réactions encore moins sensées que celles de ses deux bambins. De le voir aussi entrer sur scène immédiatement dans son personnage, la première réplique n’était pas « bonsoir tout le monde! » mais « j’ai engraissé ».

À partir des petits et grands désagréments de la vie, du fromage cottage à la Vaseline en passant par le centre d’interprétation de la courge, Bellefeuille recompose son comique rôle d’homme à la fois hyper frustré et hyper soumis. On peut dire que c’est ça, sa recette secrète : son incarnation d’un révolté… qui s’abaisse et se dénigre à la moindre occasion.

Mention spéciale pour son manuel d’insultes à travers le monde, autre numéro très réussi.

François Bellefeuille a terminé la soirée par sept minutes d’improvisation filmées devant public, à partir de thèmes proposés par les spectateurs sur Instagram.

« Depuis que j’ai des enfants, je n’ai plus le temps d’écrire, et il faut que je trouve des trucs pour avoir des idées, a-t-il expliqué. Sinon mon troisième one-man-show sera une heure et demie de comptines! »

On pourrait lui répondre que, s’il promène son spectacle encore un an ou deux, ses enfants auront le temps de lui offrir quelques premiers dessins inspirants…