France Beaudoin discutant avec des médaillés du Canada.

France Beaudoin à Sotchi: «intense, intense, intense»

France Beaudoin a atterri au pays de Marcel Aubut dans la nuit de dimanche à lundi. Mais mercredi, elle avait encore de la difficulté à revenir en direct de son univers, son corps s'entêtant à rester réglé à l'horloge russe. « Je suis virée à l'envers », a-t-elle lancé, trouvant tout de même la force d'en rire.
<p>Dany Dubé et France Beaudoin</p>
Il y a le décalage horaire de neuf heures, soit. Mais elle est revenue avec un gros baluchon de fatigue, aussi. Pendant les 21 jours qu'elle a passés à Sotchi pour animer ses Bons baisers, elle a travaillé de midi jusqu'au petit matin. Aussi bien dire que si le plafond de son hôtel s'était effondré ou qu'un loup avait rôdé dans le corridor, elle ne l'aurait pas vu... « Mais j'ai eu le temps de voir qu'une souris venait grignoter ma barre tendre quand je n'étais pas à la chambre... »
Non, quand elle avait noté à 16 ans dans un cahier qu'elle rêvait un jour d'aller couvrir les Jeux olympiques, la Disraeloise n'imaginait pas que le projet comprendrait aussi peu d'heures de sommeil et autant d'imprévus.
« Intense, intense, intense! On n'a fait que travailler, à coups de 18 heures par jour. Je pensais pouvoir assister à trois ou quatre compétitions. J'ai vu les anneaux, le Palais des glaces, et c'est tout. C'est ce que j'ai fait de plus intense dans ma vie », assure l'animatrice estrienne, qui passait son temps en salle de presse, entre le grand écran de télé et son fauteuil d'animatrice.
L'épreuve du lâcher-prise
Le talk-show, qu'elle coanimait avec Dany Dubé et qui était regardé en moyenne par 515 000 téléspectateurs au Canada chaque soir, était enregistré en plusieurs blocs, dans le désordre, tout au long de la journée, selon la disponibilité des athlètes. « On les prenait quand ils passaient. On a beau dire que tout était proche à Sotchi, c'est vrai, mais il y avait tout un système de sécurité à traverser. »
Avec son équipe, l'animatrice avait passé des semaines à élaborer des listes d'invités et des canevas d'émissions, selon l'horaire des compétitions. Elle a tout déchiré, rendue là. Sa discipline olympique est devenue le lâcher-prise.
« On était en constant ajustement. Parfois, on attendait une médaille, il n'y en avait pas. Un autre jour, on n'en attendait pas, il y en avait une. Le plus grand exercice a été de lâcher tout ce qu'il y avait sur papier pour faire confiance à l'improvisation. C'est comme partir avec un packsack, rempli d'outils, sans savoir ce qui va servir. »
Loin mais ensemble
France Beaudoin n'a pas compté le nombre de médailles auxquelles elle a touchées - « beaucoup » -, mais elle a compté un bouquet de fleurs, celui que le patineur Charle Cournoyer lui a offert après sa cérémonie protocolaire, et beaucoup de bons baisers de sa famille, avec qui elle était en contact constant.
Grâce à la magie de Facetime, elle a pu déjeuner avec sa marmaille, même à 8000 km de distance, et l'attendre à la sortie des classes, « bien placée dans la poche de manteau de mon chum ». « C'est génial, la technologie, mais je ne me suis pas fait prier pour revenir! »
Demain, avant de reprendre la barre d'En direct de l'univers samedi, elle ira raconter son expérience olympique à l'école de ses enfants. Ensuite, elle profitera de la semaine de relâche à Deauville pour remettre son horloge à la bonne heure.
« Et c'est sûr que je vais dire à mes filles d'écrire elles aussi leur rêve dans un carnet. On ne sait jamais ce qui peut arriver... »