Charles-Emmanuel L’Espérance et Christine Dussault-Dion lancent un premier microalbum de Fragile Fantôme, avec leurs collègues Antoine Auger, Andy Bourgeois et Antoine Pomerleau-Anctil.

Fragile Fantôme : noir et blanc

Fragile Fantôme a commencé sa vie de groupe sur les bancs de l’université. Presque par hasard. Étudiant en composition, Charles-Emmanuel L’Espérance avait la commande de mettre un texte en musique pour un cours. Il a demandé à Christine Dussault-Dion, qu’il connaissait depuis le cégep, si elle voulait bien chanter la chanson pop électro.

Les deux complices ont ainsi prêté vie au texte Coeur vide.

« Musicalement, j’ai obtenu la note de 100 pour cent. Il s’est vraiment passé quelque chose. »

C’était en 2014. Deux ans plus tard, les deux musiciens convenaient de répéter la magie de cette première fois musicale.

« On s’est dit qu’on essaierait de trouver qui avait signé la chanson qu’on avait mise en mélodie pour, peut-être, tenter l’expérience avec d’autres textes. Ça a pris un mois avant qu’on sache que les mots qu’on avait faits nôtres étaient ceux de Mélanie Noël. »

La parolière et journaliste à La Tribune avait des mots en réserve, des histoires à coucher sur portées. La couleur électro-pop-rock du duo lui plaisait, l’idée d’une collaboration aussi.

« Pendant l’hiver 2016, elle nous a remis quelques textes. »

Six d’entre eux se retrouvent sur le microalbum éponyme que le groupe sherbrookois lance aujourd’hui mercredi.

Charles-Emmanuel et Christine signent mélodies et arrangements, mais les musiciens Andy Bourgeois (clavier), Antoine Auger (guitare) et Antoine Pomerleau-Anctil (batterie) mettent leur touche et complètent le quintette.

« Notre son niche dans l’électro-pop-rock et je suis vraiment contente d’arriver à faire sonner le tout en français. Mine de rien, ce n’est pas si évident à réaliser. Les chansons parlent de la vie d’aujourd’hui, des gens qu’on perd, de ceux qu’on aime, du monde dans lequel on vit », exprime la chanteuse de 28 ans.

Création évidente

Celle qui a étudié le chant jazz au cégep et l’interprétation à l’Université de Sherbrooke avoue un franc penchant pour le rock.

« Avant Fragile Fantôme, j’avais un groupe de heavy métal. J’aime quand ça bouge, quand ça vibre sur une scène. »

Charles-Emmanuel a, lui, fait partie des groupes Noem et Lackofsleep avant de cofonder Fragile Fantôme. Entre les deux meneurs de la formation sherbrookoise, la création est facile. Évidente, même.

« Charles-Emmanuel, c’est mon âme sœur musicale », résume Christine.

Elle et lui ont formé un couple pendant quatre ans. La complicité qui existe entre eux a survécu à la fin de leur relation.

« Lorsqu’on jase musique, on se comprend tout de suite, on parle le même langage », exprime le duo, qui a confié le mixage et le matriçage au Sherbrookois Étienne Chagnon, du studio Oblik Record.

La galette encore chaude est un accomplissement en même temps qu’un aboutissement.

« Elle couronne deux ans de travail. C’est un moment important. C’est aussi une carte de visite pour la suite, qui va nous permettre de faire rayonner notre musique à plus grande échelle. »

Pourquoi Fragile Fantôme? « On aime tous les deux Nine Inch Nails, les films d’horreur, les trucs un peu sombres et lumineux à la fois. On cherchait un nom qui traduirait cet esprit-là, qui imagerait ce côté noir et blanc du projet, en plus d’être joliment imagé. »