L’Académie Charles Cros en France a décerné son prix Coup de cœur à l’artiste multidisciplinaire de Québec Flavie Dufour.
L’Académie Charles Cros en France a décerné son prix Coup de cœur à l’artiste multidisciplinaire de Québec Flavie Dufour.

Flavie Dufour remporte un prestigieux prix en France

L’Académie Charles Cros en France, qui a déjà primé Gilles Vigneault par le passé, vient de décerner son prix Coup de cœur à l’artiste multidisciplinaire de Québec Flavie Dufour. Décernée pour son spectacle Clair de femme, cette récompense qui vient couronner plus de quinze ans de carrière pour cette «artiste de la parole».

Un matin de juillet, après trois mois loin de la scène, Flavie Dufour s’est réveillée pour découvrir une belle nouvelle : une prestigieuse académie en France l’a sélectionnée comme coup de cœur pour 2020. «Je suis tellement honorée, je n’en reviens pas, s’exclame-t-elle au téléphone. Je trouve ça extraordinaire que Clair de femme se soit rendu à leurs oreilles. Il n’y a pas de limites aux rêves.» Une récompense qui couronne quatre ans de dur labeur. «Les fruits du travail goûtent tellement bon quand on est rendu à récolter», écrit-elle sur sa page Facebook.

Son spectacle Clair de femme est disponible sous forme de livre, publié aux Éditions Planète rebelle à l’automne 2019, qui rassemble tous ses textes, accompagné d’un disque d’écoute. Sur scène, c’est une performance multidisciplinaire : seule, Flavie Dufour manie marionnettes, pratique des ombres chinoises et chante. À l’aide d’un instrument qui fait des boucles audios, elle juxtapose plusieurs de ses voix pendant le spectacle. «Je peux devenir une vraie chorale à moi seule», explique Flavie Dufour.

Sous-titré «la face cachée de la princesse», son spectacle explore la solitude et la proximité. Il retrace le quotidien d’une princesse coincée dans sa tour d’ivoire, qui se complaît dans sa solitude. Progressivement, elle s’aperçoit qu’elle a besoin de contact avec les autres. «C’est un spectacle de décarapacement», commente Flavie Dufour. 

Sur scène, c’est une performance multidisciplinaire : seule, Flavie Dufour manie marionnettes, pratique des ombres chinoises et chante.

Pour elle, chaque personne a ses carapaces qui correspondent à des peurs. «Au fur et à mesure de la vie, on les laisse tomber, poursuit-elle. Mon spectacle aide à les enlever. Des spectateurs viennent me voir après les représentations pour me dire que ça leur a fait du bien.» Les textes sont tout aussi intimes pour l’artiste, qui explore aussi des thèmes comme la colère, à travers le dragon que l’on aurait tous en nous – une belle métaphore pour l’univers du conte – ou la maternité.

Dans la vie, Flavie Dufour avoue aimer être seule, «mais en groupe». «J’aime être à l’écart pour pouvoir digérer toutes les choses de ce monde, mais en ne me tenant quand même pas trop loin des autres, raconte-t-elle. Quand on écrit “je suis seule” sur un téléphone, tout de suite ça nous propose une émoticône d’une personne triste. Moi, ce n’est pas ma perception. Il y a une solitude qui n’est pas que de la tristesse et c’est celle-là que j’ai voulu saluer à travers le spectacle.»

Présente depuis plus de 15 ans dans le milieu culturel, Flavie Dufour se considère comme une artiste de la parole. Elle tire ses influences de Gilles Vigneault, sa fougue de Jacques Brel, mais aussi, lointainement, des chants des pygmées d’Afrique. «Ces chants ont été une révélation pour moi, explique l’artiste de Québec. Leur façon de concevoir des chansons est similaire à la mienne et leur rapport à la nature me correspond entièrement. Mes univers en sont fortement influencés.»

Créée en 1947, l’Académie Charles Cros a pour mission de soutenir la création de la francophonie et de préserver la mémoire sonore. De nombreux artistes célèbres ont été primés par l’Académie, dont Jacques Brel, l’une des influences de Flavie Dufour. «Je vois ce prix comme un passeport pour la suite de ma carrière», indique cette dernière.

Avec le contexte de la pandémie actuelle, il ne reste plus qu’à voir si Flavie Dufour pourra se rendre en personne de l’autre côté de l’Atlantique pour aller chercher son prix le 12 septembre dans les jardins du Musée Jean de la Fontaine, à Château-Thierry en France.