Des neuf finalistes dont les oeuvres ont été présentées lors du Festival, l'un s'est démarqué : il s'agit de Farzin Farzaneh, avec Élie et Clara. Il pose ici avec la cofondatrice du Festival Malika Bajjaje.

Festival Cinéma du monde: une première édition du tonnerre

«C'est le genre de chose qui vous donne envie de continuer. Je suis très honoré, je ne m'y attendais pas!»
Le réalisateur mexicain Roberto Girault a remporté dimanche le Prix Cercle d'or hommage à un réalisateur étranger pour son film El estudiante (2009) lors du gala de clôture de la première édition du Festival Cinéma du monde, qui se déroulait à Sherbrooke en fin de semaine. Si le réalisateur avait dû prendre le chemin du retour dans la journée peu avant la remise officielle du prix, il avait enregistré un discours de remerciement qui a été présenté à l'assistance lors du gala.
Il n'avait dans celui-ci que de bons mots pour l'événement. «C'est un festival qui cherche ce qu'il y a de bon, ce qu'il y a de beau dans les films», a-t-il déclaré. «Je fais des films parce que je crois que c'est un art qui combine tous ceux que l'homme a découverts ou a créés. Je pense qu'avec le cinéma, on peut aider le monde, mieux comprendre qui nous sommes, ce qu'on fait ici et comment vivre en étant fidèle à soi-même», a-t-il ajouté.
Bien qu'il s'agissait d'un festival international, une place toute particulière était réservée à la région. Un concours avait été organisé pour trouver le lauréat du Prix Cercle d'or du meilleur court-métrage de la région estrienne. Des neuf finalistes dont les oeuvres ont été présentées lors du Festival, l'un s'est démarqué : il s'agit de Farzin Farzaneh, avec Élie et Clara. «Je suis très, très touché de recevoir ce prix. C'est vraiment fabuleux de pouvoir tourner un film en Estrie et de le montrer ici en plus», a déclaré celui-ci.
Le Prix Coup de coeur du public Radio-Canada est pour sa part allé à Casse-tête chinois de Cédric Klapisch, qui était présenté en ouverture.
Apès le gala, le Festival s'est conclu sur la présentation du film colombien La Playa - présenté à Cannes en 2012 - en compagnie du réalisateur Juan Andrés Arango. Celui-ci s'est dit heureux que le film soit présenté à Sherbrooke. «C'est une ville que j'aime beaucoup, c'est la ville dont vient ma conjointe, la femme de ma vie, donc c'est très spécial pour moi», a-t-il dit en souriant avant la projection.
Une réussite
Si les chiffres relatifs à l'achalandage sont toujours à venir, les organisateurs du Festival étaient hier très heureux de la tournure de cette toute première édition.
«C'est au-delà de nos espérances, vraiment! C'est un événement que la communauté sherbrookoise, même estrienne, s'est approprié dès la première journée. On dirait qu'ils attendaient juste ça, que c'était un rendez-vous prévu depuis longtemps, et ils ont répondu massivement», lance Malika Bajjaje, cofondatrice du Festival.
Avec la programmation bien garnie de la fin de semaine, difficile pour Mme Bajjaje de sélectionner un moment «coup de coeur». La table ronde sur la situation des femmes en Inde, le débat qui a suivi la projection du film Une dernière chance de Paul-Émile d'Entremont, les échanges avec les réalisateurs... «Tous ces petits moments ont été vraiment magiques», dit-elle.
L'autre fondateur de l'événement, Denis Hurtubise, réussit pour sa part à en identifier deux. «Il y a la soirée d'ouverture. La réaction a été géniale... on sentait une fébrilité dans les airs, c'était spécial! Ensuite il y a la réaction des gens face aux réalisateurs en salle. Les films qui étaient présentés étaient quand même d'accessibilité plus restreinte, et les gens ont apprécié échanger avec les réalisateurs... c'étaient de grands moments.»
La complexité des thèmes abordés dans les oeuvres sélectionnées a amené les gens à se questionner, croit d'ailleurs Mme Bajjaje. «Ça prouve que Sherbrooke est une ville riche, qui a le goût de découvrir, de voyager, de se poser des questions.»
Beaucoup de projections avaient évidemment lieu à La Maison du cinéma, mais d'autres aussi à la salle Le Parvis, dans l'est de Sherbrooke. «Ils ont été vraiment audacieux d'embarquer avec nous dans l'aventure. C'est une première pour une petite salle comme celle-là de présenter des films d'une telle qualité en compagnie de leurs créateurs», souligne Mme Bajjaje.
Les organisateurs ont évidemment profité du gala de clôture pour remercier leur équipe «du tonnerre» constituée d'employés et de bénévoles.
Les t-shirts à l'effigie de cette première édition du Festival, vendus dans le hall du cinéma, le laissaient bien présager : il y en aura une deuxième. «Tout le monde a déjà hâte à l'an prochain!» lance Malika Bajjaje.
La prochaine édition viendra avec sont lot d'améliorations - paraît-il que les idées mijotent déjà!