Le 7e Festival cinéma du monde de Sherbrooke aura lieu du 2 au 9 avril. Stéphane Laberge, chef des services français à ICI Radio-Canada Estrie, Romy Lupien Phaneuf, jurée du public, Denis Hurtubise, cofondateur du FCMS et président de la Maison du Cinéma, Malika Bajjaje, cofondatrice et directrice générale du FCMS, Pierre Javaux, président du CA du FCMS, Catherine Viau, directrice de la programmation du FCMS et Steve Lussier, maire de Sherbrooke, convient la population à l’événement qui présentera plus d’une centaine de films de partout.

FCMS: un tour du monde en 100 bobines

À l’orée de sa septième édition, le Festival cinéma du monde de Sherbrooke (FCMS) peut se targuer d’être bien enraciné dans le paysage sherbrookois. Du 2 au 9 avril, l’événement se déploiera encore une fois dans divers lieux de la ville.

Au menu : plus de 100 films en provenance de 45 pays et quelque 25 événements où l’échange a la part belle. Tables rondes, conférences, ciné-moi, ciné-échange, ciné brunch, ciné-concert et ciné-famille s’ajoutent à l’éventail de films proposés. 

Autant dire, la programmation est dense et bien garnie en activités, en courts et longs métrages autant qu’en documentaires. C’est la bobine québécoise Le Club Vinland qui ouvrira les festivités le jeudi soir à la Maison du Cinéma, en présence du cinéaste Benoit Pilon et des acteurs Sébastien Ricard et Rémy Girard. 

Sept jours plus tard, on clôturera l’annuel rendez-vous avec le film hispano-argentin Heroic Losers, du réalisateur Sebastian Borensztein. 

Entre les deux projections, le tour du monde cinématographique promènera les amateurs de films d’auteur en France, en Allemagne, au Mexique, en Islande, en Pologne, en Géorgie, au Brésil, au Bangladesh, au Kazakhstan, en Suède et ailleurs. 

« C’est une vraie belle cuvée, on avait plusieurs coups de cœur, tellement qu’on a parfois eu du mal à trancher », précise le cofondateur de l’événement et président de la Maison du Cinéma, Denis Hurtubise, qui évite de nommer des films en particulier pour laisser le public se tourner vers ce qui l’interpelle.

Pour plus d’humanité

Le président du CA du FCMS, Pierre Javaux, invite d’ailleurs les Estriens à éplucher la programmation pour « composer leur propre trésor et porter au monde plus d’humanité encore ».

Jolie façon de parler de la portée du septième art, qui a tout de même traversé quelques tempêtes dans le dernier tour de calendrier. 

« Le FCMS est un moment où on peut faire un bilan cinématographique et citoyen. Ces dernières semaines, l’industrie a été secouée par quelques séismes. Les César, le mouvement #MeToo, les producteurs pointés du doigt : c’est un écosystème où ça va mal, à l’image de la société. Le FCMS permet de constater que, si le milieu traverse des tempêtes, les labos de création sont les derniers espaces de liberté où on a encore le pouvoir de s’exprimer en dehors des gros conglomérats comme Netflix. Comme citoyens, je pense que c’est important qu’on sorte de chez soi, qu’on se rencontre, qu’on échange. Et le FCMS est dans cette perspective un formidable lieu de résistance, il joue un rôle social. La brochette de films qu’on présente est d’une grande diversité, le sublime et le grandiose s’y côtoient, parfois dans un joli dépouillement. Comme spectateurs, ça nous amène à concevoir d’autres rythmes, d’autres personnages, d’autres façons de se faire raconter une histoire. Je remarque que le thème de l’empowerment revient beaucoup, de différentes façons. Il est question de ces fois où, dans notre parcours, on se sent un peu marginalisé et de ce lien à l’autre qui donne du pouvoir. La programmation comporte aussi un volet Paroles autochtones riche en propositions variées », remarque la directrice de la programmation de films du FCMS, Catherine Viau. 

Avoir accès à la vision de réalisateurs de partout sur le globe, c’est un peu aller à la rencontre de l’autre. Au sens large. 

« Le cinéma d’auteur, c’est plus qu’un film qu’on consomme, c’est un lieu pour parler des enjeux de société. Ceux d’ici, mais ceux d’ailleurs aussi. C’est une grande fierté pour nous de permettre aux gens de vivre des émotions à travers les histoires qui leur sont racontées », remarque la directrice générale et cofondatrice du FCMS Malika Bajaje. 

Celle-ci insiste également sur le volet régional de l’événement : « Depuis le début, et c’est aussi source de grande fierté, on fait rayonner nos réalisateurs d’ici. » 

Cette année, les cinq films en lice pour le Cercle d’or du meilleur court métrage de l’Estrie sont Le grand vertige de Nicole Ouellette, de Sébastien Croteau, Santé!, de Marie-Lou Béland, Tenebris, de Nadia Fortin, The Bus Driver, de Julien Grégoire Péloquin et Vers des champs inconnus, de Charles Duquet. Le bouquet de films sera présenté le dimanche 5 avril à 18 h.


Vous voulez y aller

FCMS

Du 2 au 9 avril 2020

Infos et programmation : www.fcms.ca


Films en compétition 

Cercle d’or du meilleur long métrage de fiction

Hors normes, de Olivier Nakache et Éric Toledano (France)

La vie invisite d’Euridice Gusmão, de Karim Aïnouz (Brésil/Allemagne)

Miss, de Ruben Alves (France_

The Body Remembers When The World Broke Open, de Kathleen Hepburn et Elle-Máijá Tailfeathers (Colombie-Britannique/Norvège)

Trois jours et une vie, de Nicolas Boukhrief [France/Belgique]


Cercle d’or du meilleur documentaire

Honeyland, le royaume des abeilles, de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov [Macédoine] 

Madame, de Stéphane Riethauser [Suisse]

Pour Sama, de Waad al-Kateab et Edward Watts [Angleterre/États-Unis/Syrie]

Une femme, ma mère, de Claude Demers [Québec]

Varda par Agnès, de Agnès Varda [France]