C’est le film Ponderosa de Julien Grégoire Péloquin qui a reçu le Cercle d’or du court métrage estrien.

FCMS : une édition aussi douce que bouleversante

Il y a dans cet espace grand ouvert du Festival cinéma du monde autant de place pour la provocation, le bouleversement et une certaine brutalité que pour l’espoir, la beauté et la douceur.

C’est la rencontre de toutes ces voies qui a eu lieu jeudi, en soirée de clôture de la sixième édition, lors du dévoilement des Cercles d’or remis dans les catégories long métrage de fiction, meilleur documentaire et court métrage de l’Estrie.

Le jury présidé par la comédienne Marie Tifo a jeté son dévolu sur deux films mettant en scène de jeunes femmes.

D’abord avec Les Chatouilles d’Andréa Bescond et Eric Metayer, film de fiction inspiré de la vie de la réalisatrice et abordant la pédophilie et les violences sexuelles.

« Un film dur et provocateur, mais aussi porteur d’espoir, estime Marie Tifo. C’est un film qui m’a beaucoup touchée, bouleversée. Les femmes du jury étaient nécessairement ébranlées après le visionnement, mais les hommes aussi. »

Entourée de la dramaturge et metteure en scène Angèle Séguin, de la comédienne Emmanuelle Laroche, du professeur Jean Boivin et d’un cinéphile issu du public, Alexandre Leclerc, Marie Tifo a qualifié son expérience au festival sherbrookois comme une douce et belle expérience.

« Nous étions regroupés dans une petite salle pour visionner les films, et tout se passait dans une douceur et une sérénité très agréables. Il n’y avait personne pour élever la voix ou imposer la sienne. Ç’a été une très belle expérience et c’est un magnifique festival pour découvrir et s’ouvrir au monde », remarque encore la présidente du jury.

Jury qui s’est aussi rapidement entendu pour remettre le Cercle d’or du documentaire à Amal, de l’Égyptien Mohamed Siam. Printemps arabe en trame de fond, on y suit les espoirs et la finalité d’une jeune fille, mais aussi de tout un pays.

« La force de l’histoire nous a réunis, et nous savons que vous l’avez aimé aussi, on vous a entendu dans les corridors en parler », de noter Marie Tifo en s’adressant aux spectateurs rassemblés à la cérémonie avant la présentation du film de clôture, L’incroyable histoire du facteur cheval.

Coup de cœur

Mais les festivaliers invités tout au long de l’événement à voter pour leur film Coup de cœur Radio-Canada ont préféré jeter leur dévolu sur le très dur Capharnaüm de la Libanaise Nadine Labaki, celui-là même qui avait reçu le Prix du jury du dernier Festival de Cannes.

Dans la catégorie estrienne où les cinq films sélectionnés avaient été présentés aux festivaliers lundi soir, c’est la Ponderosa de Julien Grégoire Péloquin qui a finalement séduit les membres du jury local Emmanuelle Laroche, Ève Lamont et Pascale Rousseau.

Le court métrage réalisé en 2018 et explorant le quotidien d’une jeune femme en relation avec des étrangers a interpellé public et jurés.

« Je suis vraiment content », a expliqué Julien Grégoire Péloquin, refusant toujours de donner la clé aux spectateurs qui ont été mystifiés par son étrange histoire.

« Je préfère que les gens l’abordent comme une sculpture ou une œuvre d’art visuel en s’en faisant leur propre interprétation », ajoute-t-il.

Son court métrage et ceux des quatre autres finalistes régionaux se retrouveront par ailleurs pour visionnement sur la plate-forme de La Fabrique culturelle de Télé-Québec.

Ce sont quelque 11 000 festivaliers qui ont foulé au cours de la dernière semaine les douze lieux où ont été présentés environ 130 films et documentaires, des débats et tables rondes et quelques événements originaux dont le ciné-impro, le cinéma au Musée des beaux-arts et les matinées scolaires qui, à elles seules, ont attiré plus de 1100 jeunes cinéphiles.

« C’est une autre réussite dont nous pouvons être très fiers, lance d’emblée la directrice générale et cofondatrice du Festival cinéma du monde de Sherbrooke, Malika Bajjaje. Il y a par ailleurs de belles choses qui vont émerger de cette édition dont nous pourrons parler bientôt. D’ici là, nous commencerons déjà à relancer la prochaine édition. Nous avons démontré la pertinence de ce festival d’année en année, les festivaliers et cinéphiles sont là, il faut poursuivre sur cette lancée. »