Marie Tifo a accepté sans hésitation de prendre la présidence du jury de la sixième édition du Festival cinéma du monde de Sherbrooke.

FCMS : Marie Tifo présidera le jury

La comédienne d’expérience Marie Tifo présidera le jury du volet international de la sixième édition du Festival cinéma du monde de Sherbrooke (FCMS), qui se tiendra du 4 au 11 avril. Celle qui interprète le rôle de Jacqueline O’Hara dans le téléroman O’ a l’impression de donner au suivant grâce à ce titre.

« Moi j’ai reçu beaucoup dans ma vie, réalise-t-elle. Tout a comme été facile et on le prend ! Ma carrière a toujours marché formidablement ; j’ai toujours eu de belles propositions. Je viens d’atteindre un âge vénérable. [...] Pour moi, ce sont des moments où je ne me confronte plus avec l’actrice, mais avec la personnalité publique. Je l’utilise en redonnant ce que j’ai reçu », affirme-t-elle. 

Marie Tifo n’a pas hésité avant d’accepter le poste de présidente du jury. « Ça n’a pas été long avant que je dise oui, assure la comédienne qui a joué dans plusieurs dizaines de films et séries. Je suis une habituée de Sherbrooke, car mon fils et mes petites-filles vivent ici. De passer une semaine dans un festival de cinéma, c’est très séduisant. Dans ma vie, j’en suis un peu rendue là. J’ai fermé toutes sortes de portes et c’était une ouverture sur autre chose. Je pense que je suis née comme actrice grâce au cinéma dans Les Bons Débarras. »

« Ce n’est pas mon premier festival. Je n’étais pas présidente de jury, mais ce titre vient avec une grosse responsabilité, car c’est toi qui départages à la fin. Oui, c’est un plaisir, mais j’ai toujours une petite angoisse après. C’est toujours beaucoup de travail de faire un film. Ça m’émeut de voir que des gens ont eu une idée, une sensation et qui vont l’amener à la réalisation et à la production. »

A-t-elle déjà participé au Festival cinéma du monde de Sherbrooke ? « Je viens ici avec mes petites-filles ! » répond-elle du tac au tac.

La directrice générale du FCMS Malika Bajjaje est heureuse de pouvoir compter sur une vétérane du cinéma comme Marie Tifo. « C’est une femme qui est très sensible au septième art. Elle amène toute son expertise comme actrice et comme quelqu’un qui a côtoyé les réalisateurs. C’est un bagage assez impressionnant », analyse-t-elle.

Un festival en santé

Le FCMS sera plus long d’une journée, et de nouveaux lieux de diffusion seront exploités. Entre autres, pour la première fois, des activités seront présentées à l’extérieur, à la Place des moulins. « On va où les gens sont, décrit Mme Bajjaje. La Maison du cinéma est le lieu principal, mais on va voir la clientèle du Musée des beaux arts, à titre d’exemple. On a aussi des ciné-quartiers gratuits, à l’est et à l’ouest pour prouver que le septième art n’est pas réservé à l’élite. »

De plus, la sélection du jury n’est pas tout à fait terminée, puisqu’un citoyen est invité à soumettre sa candidature pour devenir juré. « On a des questions auxquels le candidat doit répondre. Pourquoi veut-il être juré ? Pourquoi est-il intéressé par le septième art ? Que connaît-il du festival ? Ça permet de démocratiser le jury et il va avoir son mot à dire. Son vote compte beaucoup. Le festival est accessible. L’an dernier, on a reçu beaucoup de candidat », dit Mme Bajjaje. Les intéressés peuvent déposer leur candidature au fcms.ca/competition jusqu’au premier mars. 

En tout, 130 projections sont prévues dans 12 lieux de diffusion. La programmation sera dévoilée le 12 mars. Les passeports sont offerts en prévente à différents tarifs jusqu’au 22 mars.

Arts

Détromper les apparences

À l’occasion de l’événement Objectif Photo Cantons-de-l’Est, trois photographes présentent différents corpus d’œuvres au Centre culturel Yvonne L.Bombardier, sur le thème Apparences, jusqu’au 15 décembre. La révélation de l’enfant et son imaginaire de Catherine Rondeau, les tableaux à récits ouverts de Chloé Beaulac et les corps diversifiés à la tête de cerf de Luc Pallegoix remettent en question les apparences parfois trompeuses.

Chloé Beaulac 

Le bien-être, le maniement d’armes à feu et les balades en voiture spontanées : voilà ce qui a inspiré Chloé Beaulac dans les quatre séries d’œuvres qu’elle présente. Combinant la photographie et l’encaustique à la pyrogravure et au dessin, l’artiste incorpore toujours une touche de mysticisme dans ses tableaux. 

« Dans mes œuvres, tout a l’air très sombre. J’essaie de créer un “ déjà-vu ”, pour que les gens se sentent connectés. En photo ou en dessin, je crée des œuvres pour que les gens puissent se raconter des histoires », déclare-t-elle.

Stimulée par les promenades impulsives, l’artiste met en œuvre deux personnages à la découverte du Québec dans la série À la dérive. Au premier coup d’œil, les tableaux laissent croire qu’ils sont de simples photos, alors que, de près, les traces laissées par les brûlures de la pyrogravure sont visibles. 

« C’est une représentation du souvenir du territoire québécois, qui est toujours en changement. »

La série Lieu saint représente, pour sa part, différents sanctuaires où le bien-être plane.  

Arts

Au bout du rêve... et au-delà

Le rêve occupe une place prépondérante dans la spiritualité de nombreuses nations autochtones d’Amérique du Nord. C’est d’ailleurs souvent dans les songes qu’ont été puisés musiques et chants traditionnels.

On pourrait donc dire que, dès qu’Alan Côté, directeur du Festival en chansons de Petite-Vallée, a raconté à son ami Florent Vollant qu’il l’avait vu en rêve lui proposer un projet musical autour des langues autochtones et de la langue française, il était certain que l’ex-Kashtin sauterait à pieds joints dans l’aventure.

« Il fallait honorer le rêve! J’étais persuadé que ça allait marcher, justement parce que c’était un rêve, et régulièrement, je le rappelais à Alan, car ça n’a pas toujours été facile. C’était un gros projet, avec une grosse gang… Mais il n’y avait aucun doute à mes yeux », résume Florent Vollant, qui a finalement joué, avec l’aide de Marc Déry, le rôle de mentor auprès des huit jeunes auteurs-compositeurs-interprètes québécois (quatre autochtones et quatre allochtones) du collectif Nikamu Mamuitun, dont le premier album a été lancé le 13 septembre dernier.

Alors qu’Alan Côté s’est chargé du recrutement des artistes du côté francophone, Florent Vollant a fait la même chose du côté autochtone. « Mais je ne peux pas dire que je les connaissais tous au départ, avoue le chanteur. Karen Pinette-Fontaine, j’avais déjà entendu son nom, mais je ne l’avais jamais rencontrée, vu qu’elle étudie à l’extérieur. Matiu, je savais qui il était, sans plus. Scott-Pien, ça allait, il avait enregistré son album à mon studio de Maliotenam. »

Quant à Ivan Boivin-Flamand, Florent Vollant avait fait sa connaissance il y a quelques années lors d’un de ses spectacles dans la communauté attikamek de Manawan.

« Déjà, il me surprenait. Il est très talentueux. Je l’ai tout de suite fait monter sur scène avec moi. Et en descendant, je lui ai dit : ‘‘ Toi, j’te watche! ‘‘ » raconte-t-il.

Le pouvoir des feux de grève

Nikamu Mamuitun a ainsi vu le jour en 2017 lors d’une résidence de création à Petite-Vallée, en association avec le Festival Innu Nikamu de Maliotenam. D’autres résidences ont suivi pour permettre à l’octuor de pondre un tout nouveau corpus de chansons. Ce qui n’a pas toujours coulé de source. Non seulement fallait-il arrimer des cultures différentes, mais aussi huit personnalités artistiques déjà bien affirmées.

« Le défi était là. Les jeunes non-autochtones n’avaient pratiquement aucune idée de ce que sont les Premières Nations. Ils n’avaient encore jamais eu de contact. Certains ignoraient même ce qu’était un Attikamek. On partait de loin. Il y avait une méfiance, des préjugés. C’était la rencontre de deux mondes et c’était fragile. Il a fallu quelques soirs sur la grève autour d’un feu à Petite-Vallée pour solidariser tout ça, se souvient Florent Vollant. Mais cette génération-là a une belle ouverture », ajoute-t-il. 

Quant au mariage des univers artistiques, Marc Déry et Florent Vollant ont laissé une grande liberté à leurs « poulains ».

« On ne leur a donné aucun thème ni route à suivre. On les a juste entourés, rapatriés de temps en temps lors d’égarements ou de questionnements, par exemple sur les accords ou la tonalité, mais on les a surtout laissé vivre. C’est sûr qu’il y a eu du chamaillage au début. Quand tu as une famille de huit enfants, ça ne va pas toujours bien tout le temps. »

« Mais il y a eu aussi une grande humanité, poursuit-il. Leur plus grande qualité, c’est leur innocence. Ils ont fini par penser en groupe. Lorsqu’on les a vus profiter des talents des uns et des autres, par exemple quand Scott-Pien a dit à Ivan d’aller voir Chloé parce qu’elle était la meilleure pour l’aider sur telle question, on a été très fiers, Marc et moi. »

Musique

Hubert Lenoir joue au vampire dans un nouveau clip

Hubert Lenoir renoue avec l’anglais sur «hunny bunny», nouvelle chanson dévoilée jeudi et fruit de la collaboration entre l’auteur-compositeur-interprète de Québec et le musicien australien Kirin J Callinan.

Décrite comme «low key dance track aux influences de late 90’s avec une micro touche de fusion jazz», la pièce est accompagnée d’un clip réalisé par Gabriel Lapointe et Noémie D. Leclerc. Tournée dans les rues et un skatepark de Québec, la vidéo donne l’occasion à Hubert Lenoir de jouer au vampire se nourrissant du sang des copains qui se cassent la gueule en skate.

Et quant à ceux qui s’inquiètent de ce retour à la langue de The Seasons, le chanteur les a rassurés dans un communiqué : «j’ai des chansons en français qui s’en viennent aussi bientôt, si jamais y’en a qui freakent, ben freakez pas plz»...

Musique

Céline Dion rayonne à Québec [PHOTOS]

CRITIQUE / Tout juste sortie d’une résidence de spectacles à Las Vegas qui aura duré 16 ans et trois ans après son dernier passage au Centre Vidéotron, une Céline Dion rayonnante a lancé mercredi à Québec sa tournée mondiale «Courage», la première entièrement conçue sans son grand complice, René Angélil, décédé au début 2016.

«C’est la première fois que je m’implique autant dans la création d’un spectacle. Avant, j’avais un partenaire qui était pas pire là-dedans. Ce soir, j’aimerais tellement ça qu’il soit fier de moi et de toute l’équipe autour», a déclaré la vedette. Celle-ci s’est avouée nerveuse et s’est souvent montrée émue lors de cette première, présentée après deux semaines de répétitions à l’amphithéâtre, aussi bondé qu’enthousiaste pour ce nouveau rendez-vous. 

«C’est presque devenu une tradition de commencer une tournée ici. Ce n’est pas vraiment une superstition, c’est parce que ça commence bien! On a vécu ensemble de grandes émotions et de beaux souvenirs. Je ne sais pas vous autres, mais moi, ils sont toujours présents ici», a aussi confié la diva en montrant son cœur. 

Avec trois nouveaux extraits de l’album Courage attendu le 15 novembre dévoilés le matin même — dont Lying Down et la pièce-titre (victime d’un faux départ mercredi soir) —, Céline Dion avait du neuf à offrir à ses fans. En français et en anglais, elle n’a pas non plus été avare de ses succès. Bien loin de là. 

Dans une forme éclatante (la vidéo nous montrant ses prouesses de ballerine a de quoi impressionner), la chanteuse a offert une prestation vocale sans faille. Si le sportif «anymore!» du succès All By Myself s’est mérité une assourdissante ovation, l’ensemble du programme de près de deux heures et construit en multiples facettes a de nouveau prouvé à quel point Céline est une pro et combien la machine scénique sur laquelle elle règne (14 musiciens et trois choristes sous la direction de Scott Price) peut s’avérer redoutable. Qu’on adhère ou pas au personnage ou à son répertoire, il faut une bonne dose de mauvaise foi pour le nier.

Tantôt solennelle (dans Encore un soir, S’il suffisait d’aimer ou L’amour existe encore, où les cordes ont été mises à contribution), tantôt enlevante (avec I’m Alive, qui rate rarement son effet ou cette Regarde moi bien cuivrée), tantôt plus sensuelle (dans la bien nommée Tous les blues sont écrits pour toi), tantôt party animal (dans un medley dansant incluant la nouvelle Flying on My Own à un bouquet de reprises, dont Another One Bites the Dust de Queen et Kiss de Prince), Céline n’a pas ménagé ses munitions. Rien pour décevoir ses admirateurs, qui se sont manifestés de bruyante manière. 

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Arts et spectacles

Retour au sacré pour Johan Gass

Lorsque cinq années séparent deux albums, c’est généralement parce que leur auteur a traversé une importante période de réflexion ou de changement. Effectivement, depuis la sortie de son premier disque Le temps file en 2014, le Sherbrookois Johan Gass a reconsidéré sa façon d’aborder la musique, en plus de mettre ses talents à d’autres profits, soit de participer à un projet de film d’animation issu de son imaginaire. Cette entreprise parallèle, dont le titre de travail était Arbre de vie, n’est d’ailleurs pas étrangère à son retour en musique.

« Pour réaliser ce film, j’ai collaboré avec Farzin Farzaneh et Ginette Souchereau. Nous avons monté le scénario et les modes narratifs ensemble. Je me suis occupé de la trame sonore et des textes », rapporte celui qui, en dehors de la musique, gagne sa vie dans les communication, notamment en tant que vidéaste professionnel à son propre compte, et qui avoue avoir aussi cherché, avec cette aventure du côté du septième art, à se retrouver lui-même.

RICHARD THERRIEN

Le top 10 du mardi 17 septembre 2019

BLOGUE / À peu près toutes les émissions du mardi soir ont perdu du terrain, mis à part «La dérape», qui a gagné deux positions. Derrière «District 31», «L'heure bleue» tient le coup avec ses 923 000 fidèles à TVA. Suivie par 483 000 adeptes, «Les honorables» quitte le top 10.

Sur V, l'intérêt pour À table avec mon ex s'estompe déjà; hier, 96 000 curieux étaient au rendez-vous. Un souper presque parfait (249 000) et En route vers OD (257 000) sont au coude à coude.

À Télé-Québec, le nouveau magazine Moi j'mange a été l'émission la plus regardée de la chaîne avec 143 000 téléspectateurs, devant Génial! (106 000), aussi animée par Stéphane Bellavance.

1- District 31 (ICI Télé): 1 463 000

2- L'heure bleue (TVA): 923 000

3- Le tricheur (TVA): 752 000

4- 5e rang (ICI Télé): 735 000

5- La facture (ICI Télé): 688 000

6- Toute la vie (ICI Télé): 679 000

7- TVA Nouvelles 18h (TVA): 675 000

8- La dérape (TVA): 659 000

9- Animaux à la retraite (TVA): 549 000

10- TVA Nouvelles 17h (TVA): 505 000

Source: Numeris

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Arts et spectacles

Le Télaitroman : de lait, de fromage et de rires

Verre de lait à la main et fromages dans l’assiette, plus de 250 convives étaient assemblés jeudi à la ferme Kajo de Coaticook pour assister au visionnement officiel du Télaitroman. Le téléroman publicitaire, qui met en vedette Julien Poulin, Paul Houde, Sonia Vachon et bien d’autres vise à prolonger la relation de confiance entre les producteurs laitiers et leurs consommateurs ainsi qu’à communiquer de manière humoristique les qualités du lait.

Les rires de la foule étaient nombreux, spontanés et sincères tout au long du visionnement des 16 épisodes, l’un des 14 évènements de la sorte tenue dans toutes les régions du Québec la même soirée. C’est un des buts de cette nouvelle campagne publicitaire menée par les Producteurs de lait du Québec, qui vise à solidifier leur relation privilégiée avec les consommateurs québécois.

Télé et radio

Anxiété généralisée

CHRONIQUE / De quoi souffre-t-on le plus sur la planète? Pas de cancer ou de maladie cardiaque, mais d’anxiété. Et ça ne fait qu’augmenter, particulièrement chez les enfants et les adolescents. Télé-Québec y consacre une partie de sa programmation mercredi soir, avec comme pièce de résistance le documentaire «Génération d’anxieux», porté par Claire Lamarche, réalisé par Stéphanie Couillard et diffusé à 20h. Un deuxième documentaire, «Prisonniers de l’anxiété», est consacré aux adultes, mercredi prochain à la même heure.

Pourquoi est-on aussi anxieux? Les spécialistes ciblent notamment notre «hyper connectivité» aux téléphones et aux réseaux sociaux, notre obsession de la sécurité et le fait de protéger nos enfants à l’excès. Un parent qui est anxieux peut transmettre son anxiété à son enfant.

Ce qui frappe dans ce documentaire, c’est de voir la maturité de ces enfants qui vivent avec l’anxiété. Peut-être justement parce que cet état leur a volé une partie de leur enfance et les a fait grandir trop vite. Parce qu’ils connaissent parfaitement leur situation, sont capables de l’expliquer. Ce sont souvent des premiers de classe, très conscients de la réalité. Surtout pas des enfants qui inventent leur malheur, comme on a pu le croire par le passé. «T’es pas souffrant, c’est juste que t’as pas de volonté», cite une mère, qui a trop souvent dû vivre avec cette forme d’indifférence. L’humain est dur parfois.

À l’école, on nous apprend le théorème de Pythagore, mais «on ne nous apprend pas comment gérer nos émotions», dira une adolescente, de qui bien des nuits blanches auraient pu être sauvées si on lui avait fourni les bons outils. Étonnamment, les jeunes ont moins de rapports sexuels que les générations précédentes, et la solitude est l’une des principales causes de leur anxiété. Les intervenants chez Tel-jeunes reçoivent des appels d’enfants aussi jeunes que six ou sept ans, déjà capables d’identifier leur problème. C’est inquiétant.

L’anxiété chez l’enfant prend toutes sortes de formes. Antoine a peur la nuit. Pas du noir, mais d’une personne. Une personne dont il a tellement peur qu’il ne veut pas la nommer. Comme Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom dans Harry Potter. Sa solution : faire semblant d’être mort. «Tu veux que je t’explique une de mes peurs?» demande le garçon à son père, avant d’avouer : «[J’ai peur] du vide.» Kylianne, elle, est si anxieuse avant une évaluation à l’école qu’elle se cache sous un bureau et se mord le bras.  Au point que ça va rester une semaine», dit-elle de sa morsure. Les deux fréquentent l’Atelier Les gardiens du trésor à l’école primaire Sauvé, à Deux-Montagnes.

On a beaucoup à apprendre de Génération d’anxieux. Intéressant mais bourré d’entrevues avec des spécialistes, le documentaire est par moments aride et même didactique, beaucoup plus que les précédentes séries de Mme Lamarche, dont Soins intensifs et TDAH mon amour. Mais ce que j’aime de tout ça, c’est qu’on en parle, que la détresse de ces enfants et de leurs parents est nommée, expliquée. On sent aussi Claire Lamarche toujours aussi humaine, rassurante.

Dès 19h30, Format familial se consacre entièrement à l’anxiété chez les jeunes, avec la psychologue Florence Marcil-Denault et la comédienne Sandrine Bisson, elle-même anxieuse, qui montre du doigt la surprotection des enfants. Puis, à 21h aux Francs-tireurs, une table ronde sur l’anxiété des adolescents réunit la Dre Christiane Laberge, la sexologue Julie Pelletier et le neuropsychologue Benoit Hammerenger. Le second documentaire, Prisonniers de l’anxiété, mercredi prochain à 20h, souligne qu’on ne donne pas assez congé à notre tête, et se demande s’il est possible de guérir de l’anxiété.

Arts et spectacles

Galas de l’ADISQ : Les Louanges et Alexandra Stréliski en tête

Le parcours étoilé de Vincent Roberge et de son projet Les Louanges se poursuivra jusqu’aux galas de l’ADISQ : avec six mentions dans des catégories artistiques et trois du côté industriel, le Lévisien d’origine partira en tête de la course aux trophées Félix cette année.

Avec La nuit est une panthère, Les Louanges peut aspirer au prix du choix de la critique, du meilleur album alternatif, de l’auteur-compositeur-interprète, de la chanson, de la vidéo et de la révélation de l’année. La pianiste montréalaise Alexandra Stréliski est aussi bien installée en haut de la liste des nommés avec six mentions artistiques et deux industrielles.

Notons que les artistes originaires de l’Estrie et des Bois-Francs font bonne figure dans plusieurs catégories : Richard Séguin (pour l’album Retour à Walden), Pilou (pour l’album La vraie nature — Chansons par Pilou), Karo Laurendeau (pour l’album country La fureur de vivre) et Qualité Motel (pour le disque C’est pas la qualité qui compte) apparaissent tous une fois. Les Trois Accords comptent quant à eux cinq nominations (choix de la critique, album rock de l’année, chanson de l’année, script de l’année et groupe de l’année). Quant au groupe Bleu Jeans Bleu, dont le chanteur Matt Lafontaine est originaire de Victoriaville et habite maintenant Sherbrooke, il se retrouve nommé deux fois, comme meilleur groupe et pour le meilleur album pop.

Après avoir remporté trois Félix en 2017 avec Les frères cueilleurs, Alaclair Ensemble se voit nommé parmi les albums rap (auprès de FouKi, Koriass, Loud et Souldia), les choix de la critique (avec FouKi, Salomé Leclerc, Les Louanges, Les Trois Accords et Alexandra Stréliski), les vidéos et les groupes de l’année. Dans cette dernière catégorie, le public sera appelé à choisir entre les autoproclamés rappeurs « bas-canadiens », le duo 2Frères, Bleu Jeans Bleu, Les Cowboys Fringants et les Trois Accords.

Chez les interprètes féminines, le vote du public se jouera entre Cœur de pirate, Lara Fabian, Marie-Mai, Ariane Moffatt et Ginette Reno. Du côté des messieurs, Marc Dupré, Éric Lapointe, Loud, Fred Pellerin et Hubert Lenoir sont dans la course. Après avoir fait jaser l’an dernier en s’enfonçant un trophée dans la gorge, Hubert Lenoir aura l’occasion de récidiver s’il est désigné artiste ayant le plus rayonné hors Québec (Cœur de pirate, Elisapie, Loud et Alexandra Stréliski) ou si son spectacle Darlène est préféré à ceux de Dumas, de Marc Dupré, de Loud ou de Michel Rivard.

Artistes autochtones

Après la catégorie rap il y a deux ans, celle consacrée aux artistes autochtones fera son apparition au gala principal du dimanche soir. Elisapie, Maten, Matiu, Shauit et Florent Vollant y sont nommés. 

Parmi les auteurs-compositeurs, la partie se jouera entre le rappeur Koriass, Salomé Leclerc, Les Louanges, Ariane Moffatt et Alexandra Stréliski.

Lou-Adriane Cassidy, Robert Charlebois, Ginette Reno, Michel Rivard et Ingrid St-Pierre sont en compétition du côté des albums dits « adultes contemporains ». Dans le registre folk, Guillaume Beauregard, David Marin, Safia Nolin, Fred Pellerin et Richard Séguin se sont démarqués. Bleu Jeans Bleu, Cœur de pirate, Lara Fabian, Marie-Mai et Ariane Moffatt s’affronteront dans l’arène pop. 

Animé par Pierre Lapointe, le Premier gala de l’ADISQ sera diffusé à Télé-Québec le 23 octobre à 20 h. Le gala de l’industrie remettra ses préalablement ses prix hors d’ondes le même jour. Louis-José Houde reprendra la barre du gala de l’ADISQ pour une 14e année le 27 octobre à 20 h à Ici Télé. Le public a jusqu’au 17 octobre à 17 h pour voter pour le groupe, les interprètes féminine et masculin et la chanson de l’année au radio-canada.ca/adisq.

Arts et spectacles

Valérie J Gosselin | «L'Hoir», l'ancre de mémoire

C'est pour la Ville de Sherbrooke que l'artiste en arts visuels Valérie J Gosselin a conçu l'œuvre publique L'Hoir. Celle-ci figure à la halte Germain-Nault et représente l'ancre de l'Entreprise, un bateau à vapeur qui naviguait sur la rivière Saint-François vers la fin du 19e siècle.

« Pour moi, l'ancre représente, oui, l'essor de Brompton, mais aussi un symbole universel qui signifie qu'on s'installe, qu'on s'immobilise quelque part, qu'on grandit à partir de cet endroit-là.» (Valérie J Gosselin)

Située à l'intersection des rues Laval et Saint-Lambert, à Brompton, cette halte se veut aussi un lieu de réflexion. L'œuvre L'Hoir veut ainsi honorer la mémoire de Germain Nault, héros de la Deuxième Guerre mondiale mort en 2014.

Musique

Galas de l'ADISQ: Les Louanges en tête des nominations

Le parcours étoilé de Vincent Roberge et de son projet Les Louanges se poursuivra jusqu’aux galas de l’ADISQ : avec six mentions dans des catégories artistiques et trois du côté industriel, le Lévisien d’origine partira en tête de la course aux trophées Félix cette année.

Avec La nuit est une panthère, Les Louanges peut aspirer au prix du choix de la critique, du meilleur album alternatif, de l’auteur-compositeur-interprète, de la chanson, de la vidéo et de la révélation de l’année. Notons que les artistes originaires de la région font bonne figure dans cette dernière catégorie : les noms de Lou-Adriane Cassidy, de Jérôme 50 et de Sarahmée côtoient aussi celui de la pianiste montréalaise Alexandra Stréliski, elle-même bien installée en haut de la liste des nommés avec six mentions artistiques et deux industrielles. 

Après avoir remporté trois Félix en 2017 avec Les frères cueilleurs, Alaclair Ensemble se voit nommé parmi les albums rap (auprès de FouKi, Koriass, Loud et Souldia), les choix de la critique (avec FouKi, Salomé Leclerc, Les Louanges, Les Trois Accords et Alexandra Stréliski), les vidéos et les groupes de l’année. Dans cette dernière catégorie, le public sera appelé à choisir entre les autoproclamés rappeurs «bas-canadiens», le duo 2Frères, Bleu Jeans Bleu, Les Cowboys Fringants et les Trois Accords. 

Télé et radio

En direct de... tant de beauté

CHRONIQUE / On connaissait le savoir-faire et l’efficacité de l’équipe d’«En direct de l’univers». Mais samedi, on a eu la preuve la plus spectaculaire de sa débrouillardise et de sa capacité à se réorienter en un temps record. À peine cinq jours après l’annulation de Patrick Bruel, on a kidnappé Normand Brathwaite pour lui proposer un spectacle qui n’avait rien d’improvisé. Pour vrai, j’étais sans mots au générique.

Parce qu’aucun détail dans cette heure ne laissait entrevoir l’état de nervosité qui a dû habiter l’équipe de France Beaudoin depuis moins d’une semaine. Celle-ci s’en est plutôt servi comme levier pour offrir le meilleur spectacle possible. «Qui a le droit?» a fredonné à la blague Normand Brathwaite, quand l’animatrice est allée le réveiller à sa résidence de Saint-Paul-d’Abbotsford. On a eu droit à de grands moments, comme Claude Dubois, venu reprendre l’une de ses plus belles, J’ai souvenir encore, malgré la maladie. Et l’arrivée surprise de la divine Sarah Slean, devant qui l’invité a échappé : «m’as mourir, câlisse!» Voir Normand incrédule d’entendre son fils Édouard — «tu chantes?» le voyait-on articuler — faisait partie des moments uniques de cette émission. Et pour nous «achever», Richard Séguin est apparu devant un immense chœur pour clore l’émission avec Chanson pour durer toujours, plus belle chanson d’amour de tous les temps selon Brathwaite. Comment ne pas verser une larme devant tant de beauté?

L’absence de Patrick Bruel a bien entendu attiré la curiosité; 926 000 téléspectateurs étaient au rendez-vous, samedi sur ICI Télé. Pas un record, mais presque — seules la spéciale de Céline Dion et les émissions pour Luc Dionne, Guy A. Lepage et L’auberge du chien noir ont fait mieux. À Télé-Québec, la première de Cette année-là a rallié 123 000 fidèles et la spéciale Festival de montgolfières de Gatineau reçoit Belle et Bum, 113 000. Vendredi, la première de Faites-moi rire! avec Pénélope McQuade a retenu 364 000 téléspectateurs sur ICI Télé, contre 542 000 pour Du talent à revendre : le championnat mondial à TVA.

VÉRO DE RETOUR AUX GÉMEAUX

Animé par Véronique Cloutier, le Gala des Prix Gémeaux a fait un bond spectaculaire dans les sondages, attirant dimanche 1539 000 téléspectateurs, contre 1291 000 l’année dernière. En trois ans, la soirée a gagné 500 000 téléspectateurs sur ICI Télé. Pas étonnant que le diffuseur ait déjà annoncé que Véronique Cloutier sera de retour à l’animation l’année prochaine. L’avant-gala a aussi connu une bonne augmentation, retenant 1017 000 curieux, comparativement à 796 000 l’an dernier. Quant à L’après-gala, il a quant à lui attiré 164 000 couche-tard. À TVA, l’émission spéciale Au cœur de Révolution : la saison 1 a été vue par 666 000 téléspectateurs.

Arts et spectacles

Vic Vogel s’éteint à 84 ans

Le grand nom de la scène jazz montréalaise Vic Vogel a joué sa dernière note. Celui qui avait appris à jouer du piano à l’oreille à cinq ans pour ensuite devenir l’une des plus grandes légendes canadiennes du jazz est décédé lundi à l’âge de 84 ans.

Vic Vogel « s’est éteint ce lundi matin du 16 septembre 2019 à 9 h 35 dans sa demeure de Montréal aux côtés de sa maîtresse, son piano Steinway sur lequel il a joué depuis l’âge de 16 ans », lit-on sur sa page Facebook.

Télé et radio

Les Gémeaux couronnent «District 31»

La série policière «District 31» a raflé le convoité prix du public pour une deuxième année consécutive au 34e gala des prix Gémeaux, dimanche, en plus d’avoir triomphé dans toutes les catégories où elle était en lice.

Les téléspectateurs avaient aussi désigné la populaire quotidienne comme leur coup de coeur, l’an dernier, lors de la création de ce prix spécial.

District 31 a aussi été désignée meilleure série dramatique quotidienne. Dans son discours de remerciement, Fabienne Larouche a abordé les défis auxquels est confronté le petit écran québécois, face à des géants américains comme Netflix, Amazon et Apple.

«On n’a pas autant de moyens qu’eux, mais on a autant de talent, autant de passion», a avancé la productrice.

La distribution de District 31 a également fait belle figure.

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Hélène Bourgeois Leclerc et Patrice Godin ont décroché les prix du meilleur premier rôle féminin et masculin dans une série dramatique quotidienne - des catégories dans lesquelles étaient également nommés leurs collègues de jeu Geneviève Brouillette et Vincent-Guillaume Otis.

En allant cueillir son prix sur scène, Patrice Godin a tenu à remercier l’auteur Luc Dionne pour le rôle du psychopathe Yanick Dubeau.

«Tu m’as tellement sorti de ma zone de confort avec un rôle terriblement troublant et extrêmement fort. À cause de toi, il y a deux millions de personnes qui m’haïssent», a-t-il relevé sur un ton rieur.

«La gang du district, Yanick vous haït. Moi, je vous adore», a-t-il également lancé à l’intention de ses collègues, depuis la scène du théâtre St-Denis, à Montréal.

Livres

David Goudreault plongé dans l’écri(tor)ture

Ta mort à moi aurait dû être le deuxième ouvrage romanesque de David Goudreault. Une histoire totalement différente, un univers complètement autre, qui était censé l’occuper dans les mois suivant la parution de La bête à sa mère, en 2015.

 Ta mort à moi aurait dû être le deuxième ouvrage romanesque de David Goudreault. Une histoire totalement différente, un univers complètement autre, qui était censé l’occuper dans les mois suivant la parution de La bête à sa mère, en 2015.

C’était évidemment sans savoir que son antihéros, petite crapule en quête de sa génitrice, conquerrait le cœur d’un nombre inattendu de lecteurs, suffisamment pour que ces derniers réclament une suite au Sherbrookois. L’éditeur s’est joint au concert. Mais c’est quand son amie Francine Ruel a apporté sa pierre que l’écrivain a compris que la Bête vivrait plus longtemps, sur deux tomes supplémentaires, tandis que la gestation de Marie-Maude Pranesh-Lopez, nouvelle héroïne, s’étendrait sur quelques années.

Mais l’autre (beau) côté de la médaille, c’est que l’auteur etc. (comme se décrit David Goudreault sur son site internet) a eu le temps de laisser mûrir, mijoter, macérer son histoire et ses nouveaux personnages.

« Ta mort à moi représente environ deux ans et demi de travail assidu, mais étalé sur une période de quatre à cinq ans. J’avais hâte de m’y plonger dès que mon premier roman serait publié. Mais j’ai été victime d’un beau succès, rappelle-t-il en souriant. Je me souviens de ma conversation téléphonique avec Francine, qui me demande si je suis en train d’écrire la suite de la Bête. Je lui réponds que non, ce sera autre chose. "Fais-moi confiance, ti-gars : écris la suite. Ton personnage est riche et on en veut encore." En même temps, j’avais aussi besoin de réfléchir à ce que je devenais comme écrivain et à ce qu’est la littérature pour moi. »

La bête et sa cage et Abattre la bête sont donc nés en même temps que, derrière la caboche de l’auteur, la foisonnante histoire de Ta mort à moi prenait forme, doublée de l’impatience d’y retourner. Mais une fois la trilogie complétée, le succès (toujours lui!) de son spectacle est encore venu brouiller les cartes.

« J’ai eu plusieurs semaines d’écriture à temps plein, mais il y a des phrases de ce livre qui sont nées à 19 h 57 dans les coulisses d’une scène », raconte-t-il.

Arts et spectacles

Chanson de circonstance

Le tour de la Terre Renée Claude Le tour de la Terre (1969)

Le 20 septembre 1519, Fernand de Magellan quitte le port de Sanlúcar de Barrameda, entamant ce qui deviendra le premier voyage autour du monde. À peine 18 des quelque 230 hommes participant à l’expédition, et un seul des cinq navires de la flotte, reviendront à leur point de départ en 1522. Même le chef de la mission ne s’en tirera pas vivant, victime d’une flèche lancée par des indigènes des Philippines. Le défunt explorateur serait sans doute découragé de constater que, 500 ans plus tard, plusieurs continuent de croire que la Terre est plate. Consolons-nous de la bêtise humaine en réécoutant cette chanson de Stéphane Venne, immortalisée par Renée Claude, qui y largue un mec dans un summum de distinction. « Quand j’aurai fait le tour de la Terre / Quand j’aurai marché sur chaque pierre / Quand j’aurai vu les néons de mille villes / Quand je serai redevenue docile / Alors je reviendrai près de toi, mon amour. »

Musique

Les mots du monde de Samian

Samian a lancé le 6 septembre un quatrième album, Le messager. Le rappeur se retrouve aussi, à titre d’animateur, au centre de la série documentaire En marge du monde, qui l’a fait voyager aux quatre coins du globe, à la rencontre d’individus ayant choisi de vivre loin de la société moderne, en rupture complète avec les modèles consuméristes actuels.

Les deux premiers épisodes (cette première saison en compte 10) ont déjà été diffusés, les mardis à 21 h (plusieurs rediffusions sont prévues au fil de la semaine). 

Cette double sortie ne tient qu’au hasard du calendrier, et les deux projets n’ont aucun lien entre eux, précise l’artiste originaire de la communauté de Pikogan en Abitibi-Témiscamingue, en rappelant que les chansons ont toutes été écrites avant le tournage d’En marge du monde.

Le titre du disque laisse transparaître certaines interrogations de Samian sur l’impact qu’ont eu ses chansons au fil de ses pérégrinations. Ce messager, c’est bien sûr lui.

« Oui, je me perçois comme un porteur de messages; ç’a toujours été présent [dans mes textes] et je n’y dérogerai pas... » 

Il persiste donc sur Le messager, où il commence par faire l’apologie des Mots, qui, tour à tour « bohèmes » ou « sentinelles », « voyagent », oxygènent, « guérissent » ou font peur, avant de prolonger l’exercice sur Immortels —

chanson biographique scandée en duo avec le rappeur franco-ontarien Le R — pour caresser l’hypothèse que ses mots résonneront même après sa mort.

DJ Horg

Sur ce disque, Samian dépose ses mots sur des musiques de son vieux complice DJ Horg. Le tandem s’est donné une ligne directrice claire : identifier ce qui leur a fait découvrir et aimer le hip-hop et retrouver leurs influences premières.

« Aujourd’hui, le hip-hop a pris des avenues et des tangentes totalement différentes — et c’est correct, il en faut pour tous les goûts —, mais là, pour la première fois, j’avais vraiment envie de faire un disque avec la sonorité de ce qu’on écoutait dans ma jeunesse », dans les années 1990. 

DJ Horg et lui sont donc revenus à la base même du rap, avec un MC et un DJ. « On voulait des samples, des scratchs, du boombap et le côté rhythm and poetry », qui met les textes à l’avant-plan.

« Paradoxalement, on a bien plus exploré la musique sur le dernier album [que sur les précédents], avec énormément de musiciens et des chorales. On était dans une zone d’exploration, [à tenter de] dépasser certaines limites. Ça, ça nous plait. Mais à un moment donné, tu veux un retour aux sources. Je voulais entendre nos influences sur un disque qu’on avait créé. »

« Je suis extrêmement fier de ce projet. C’est une belle façon de revenir à ses racines et de rendre hommage à ces beats-là, aux émotions qu’on ressentait quand on posait l’aiguille sur nos vinyles. Et je peux dire “Mission accomplie !” Ça sonne exactement comme on voulait », se réjouit-il.  

Sur ce nouvel album, il a composé une chanson à la mémoire de son père, qui a fini sa vie parmi les sans-abris, avant de décéder. La pièce, qui a servi de premier extrait, traite de ses retrouvailles avec son paternel et de son accompagnement jusqu’à la fin de sa vie, à l’époque où Samian tournait son documentaire Fentanyl : la menace.

Loin dans la marge

Un portrait qui n’a « rien à voir » avec les « marginaux » que Samian nous présente dans En marge du monde. Loin d’être cabossés, ce sont au contraire des gens heureux, voire lumineux malgré leur isolement apparent, et philosophes. 

« Ils ont compris qu’ils n’étaient pas faits pour cette vie et ont réussi à lâcher l’esclavage moderne », en nageant à contre-courant de tous ces « poissons morts qui suivent le courant », pour vivre en harmonie avec la nature et avec ce que leur dictait leur cœur, explique le rappeur.

L’émission ne cherche pas à « prêcher pour leur mode de vie » parallèle, mais, par leurs choix radicaux, les intervenants « incarnent le changement » écoresponsable, et montrent qu’on peut vivre autrement, note-t-il, heureux d’avoir eu l’occasion de « donner la parole à des gens qu’on entend peu ».

« Ils ont eu le courage d’aller au bout de leur rêve, de le réaliser. Ils ont trouvé leur voie. »

Musique

Taktika : rappeurs et porteurs d’espoir

Le rap est leur passion; livrer un message d’espoir, leur mission. Les rappeurs T-Mo et B-Ice de la formation Taktika, qui se perçoivent avant tout comme des citoyens engagés, poursuivent dans cette voie grâce à leur nouvel album Tant que j’respire, réalisé en sondant leurs admirateurs, et à une tournée qui vient tout juste de passer par Sherbrooke.

Après une carrière musicale de 25 ans, les deux artistes s’accrochent au rap en raison de son impact social. Les motifs pour mettre le rap de côté auraient pourtant été nombreux pour le duo : T-Mo et B-Ice, alias Fred Auger et Simon Valiquette, ont chacun leur carrière professionnelle et une famille.

Arts et spectacles

Les valeurs de Manon Bédard

Il y a plus de 20 ans que Manon Bédard a conquis les cœurs avec sa capacité étonnante à faire des chants tyroliens. À l’aube de la cinquantaine, elle a concocté un nouvel album, Courtepointe, un huitième, qu’elle teinte de son vécu, de sa vision de la vie et surtout de son amour intarissable pour le country.

Pour elle, il n’y a d’ailleurs pas de meilleure façon d’exprimer ses émotions et de transmettre les messages qu’elle souhaite partager. « Je dis toujours qu’il n’y a pas d’autre chose que le moment présent. Ces dix chansons sont le moment présent. Pour moi, c’est là que se retrouvent les petits bonheurs de la vie. Ça ne donne rien d’aller au passé ou au futur. »

Les dernières années ont été particulièrement éprouvantes sur le plan personnel. « Ça part de loin. J’ai vécu tellement d’épreuves. J’ai perdu mes parents et des personnes très proches. Dernièrement, c’est mon petit yorkshire que j’adorais que j’ai perdu », confie-t-elle avant de verser quelques larmes, signe que la douleur est toujours vive. « Toutes ces épreuves nous permettent de grandir et de sortir plus fort, même si je pleure encore. Je veux dire aux gens qu’ils sont toujours là et que même si le temps passe vite, il faut en profiter. »

Le titre de l’album, Courtepointe, a donc plein de sens pour la chanteuse originaire de Saint-Tite. « Chaque morceau me rappelle mes plus grandes valeurs. Pour les plus jeunes, une courtepointe, c’est peut-être ancien, mais pour moi c’est quelque chose qui me rappelle mes grands-parents. C’est le réconfort, la douceur. »

Elle y évoque aussi les liens qui s’effritent de plus en plus. « Avec la technologie, on est devant nos écrans, nos téléphones, le côté humain se perd. Courtepointe, c’est pour ne pas oublier ce côté humain. » 

Coup de cœur pour Pascal

Cet album se constitue de parcelles de son histoire, mises en mots par Pascal Allard, pour qui elle a eu un véritable coup de cœur. Émerveillée par son écriture, elle a choisi de faire un premier disque entièrement composé de titres originaux.

« Au départ, j’étais supposée écrire avec lui, mais quand j’ai vu sa magnifique plume, je lui ai donné les sujets et je l’ai laissé écrire, je trouvais ça trop magnifique. Même si c’est lui qui a écrit les dix chansons, il a réussi à les écrire avec ma couleur. Ce n’est pas du Pascal Allard qu’on entend, mais du Manon Bédard et ça, c’est assez extraordinaire. »

Bien que chacune de ses chansons soit inspirée de son vécu, Manon Bédard désire que les gens se reconnaissent dans ce qu’elle leur fait partager. « Ça parle toujours un peu de moi, mais de façon exagérée, le but étant que les gens puissent se reconnaître à travers ça. »

Elle a choisi de délaisser le rythme endiablé qui la caractérise pour se tourner vers des ballades qui permettront de faire le plein d’émotions positives et de faire ressortir « le méchant ».

« Ce nouveau son est plus acoustique, plus naturel. C’est un album très lumineux. Je ne dirais pas que ce sont des chansons tristes, mais des chansons qui sont plus touchantes, ce que je n’avais pas l’habitude de faire sur les autres albums. Avant je chantais surtout des chansons dynamiques et joyeuses (pas que le plus récent album ne le soit pas), mais mes nouvelles chansons sont plus faciles à interpréter aujourd’hui parce que j’ai plus de vécu, j’ai plus d’expérience. Avant, je n’aurais pas été prête. »

Yodler en zone scolaire

Bien que l’album ait pris une direction nouvelle, elle y a tout de même conservé un yodel qu’elle souhaite participatif. « Prendre le temps qu’il faut, c’est un yodel à vitesse zone scolaire, illustre-t-elle dans un éclat de rire. C’est vraiment un beau yodel et je ne pouvais certainement pas passer à côté. Je ne veux pas que ce soit toujours la même chose et là, j’avais envie que les gens yodlent avec moi en spectacle. »

Manon Bédard ne fait pas que chanter l’importance des liens humains : elle applique sa vision à ses spectacles. « Je suis une fille qui a besoin de toucher, regarder et sentir les gens. Je leur parle comme si c’étaient mes amis et ils aiment la proximité que j’ai avec eux. Le public m’a souvent entendu avec des chansons rapides et je suis très reconnaissante. Cette fois-ci, j’espère qu’ils vont me faire une place dans leurs oreilles avec des chansons qui sont un peu plus douces. J’avais vraiment envie d’offrir de nouvelles émotions et de les partager avec eux. »

« Pour moi, chanter, c’est faire du bien aux gens. C’est donner plein d’amour, plein de bonheur. Courtepointe, c’est un peu tout ça aussi. »

Cinéma

«Bob Bissonnette: Rockstar. Pis pas à peu près»: L’homme derrière le phénomène

«Je l’ai fait pour moi, la famille, les chums, les fans et tous ceux qui n’ont pas eu la chance de croiser son chemin.»

La mort de Roberto «Bob» Bissonnette, dans un tragique accident d’hélicoptère le 4 septembre 2016, à 35 ans, a solidement ébranlé Bruno Lachance — l’onde de choc s’est répandue partout au Québec. Il se lance dans le projet un peu fou de tourner un documentaire sur ce marchand de bonheur afin de révéler l’homme derrière le phénomène. C’en était tout un. Assez pour attirer 7000 personnes vendredi au stade Canac pour la projection du film… «Ça va être particulier!» comme disait le réalisateur.

Télé et radio

V, l’authentique et peu maquillée

CHRONIQUE / V est à un tournant de son histoire. D’abord, le réseau racheté à Cogeco par Maxime Rémillard a déjà 10 ans. Puis, voilà que Bell Média s’apprête à mettre la main dessus, à la condition que le CRTC dise oui.

En attendant, il y a une chaîne à opérer, et l’équipe en place dévoilait sa programmation automne-hiver mercredi matin. Une saison marquée par le retour d’Occupation double cet automne, et celui de Julie Snyder dans un talk-show l’hiver prochain. D’ailleurs, l’animatrice et productrice avait une grande nouvelle à annoncer : elle a décroché une entrevue avec Ellen DeGeneres, sur son plateau d’Ellen’s Game of Games, et qu’on verra dans la première semaine de son talk-show en janvier. Une grosse prise. Julie a aussi déjà tourné des séquences en Afrique du Sud, dont une avec des lions, et prépare activement son grand retour avec son complice de longue date, Stéphane Laporte. Le talk-show n’a toujours pas de titre.

Les dirigeants de V aiment souligner que leur chaîne est la généraliste qui attire le plus jeune public. L’automne dernier, l’âge moyen de l’auditoire de TVA était de 54 ans, celui d’ICI Télé, de 55 ans, alors que le public de V n’a que 47 ans. Ce qui a fait dire à Dimitri Gourdin, vice-président exécutif, stratégie et communication de Groupe V Média, cette phrase un peu douteuse qui a fait réagir la salle : «Si V était une jeune fille, elle serait authentique et peu maquillée. La madame de Radio-Canada est assez âgée. La madame de TVA est très maquillée.» Disons que je ne l’aurais pas dit comme ça. Surtout qu’on ne peut pas dire que les filles d’Occupation double n’abusent pas du maquillage.

C’est d’ailleurs lundi prochain à 18h30 qu’on repart le marathon OD, cette fois en Afrique du Sud, avec une semaine spéciale En route vers OD. Pour le tapis rouge, c’est le dimanche 22 septembre. Et on se demande déjà comment la production gérera la présence d’une candidate trans qui n’a pas subi l’opération, une situation délicate. À table avec mon ex, la seule nouveauté originale de l’automne, devrait piquer la curiosité, malgré sa case horaire — l’émission est diffusée à 19h, en même temps que District 31. Dans cette adaptation québécoise d’un concept britannique, des ex-conjoints se retrouvent autour d’un repas pour faire le point sur leur rupture et régler des comptes. Il y en a de tous les genres et de toutes les orientations sexuelles. Quand l’un d’entre eux fait remarquer à son ex-petit ami qu’il lui reprochait ses rides dans le front — les deux hommes sont très jeunes —, l’autre réplique par : «My God, j’t’ai payé du botox pour m’excuser!» Vous voyez le genre. Autre question : «Tu me trouves comment au lit?» Réponse : «C’est assez moyen!» Certains participants sont connus, comme les deux ex d’OD, Sansdrick et Joanie. La narration d’Ève Côté des Grandes Crues apporte une bonne dose de sarcasme. À partir de lundi.

À 18h, Un souper presque parfait revient pour une 10saison, avec le doyen de l’antenne, André Ducharme, à la narration. On annonce une semaine végétarienne avec des anciens d’Occupation double — décidément, on étire la sauce OD au maximum —, et une semaine avec les meilleurs cuisiniers des cinq dernières années. Les titres qui fonctionnaient le mieux sont de retour : Ne jamais faire à la maison, Mets-y le Paquet, et cet hiver, L’amour est dans le pré, Maître du chantier et Phil s’invite, qui se déclinera en demi-heures, sans la panoplie d’invités. On aura déjà un talk-show, inutile d’en avoir deux. De Québec, RPM revient pour une 21e saison, avec Samuel Lessard qui s’ajoute à l’équipe. À partir du dimanche 22 septembre à 10h, suivie de RPM+ à 11h.

Même s’il se départit de sa chaîne généraliste, Groupe V Média conserve les spécialisées Max et Elle Fictions (anciennement MusiquePlus), et devra conséquemment changer de nom. La direction assure que ces chaînes, dont Maxime Rémillard est toujours l’actionnaire majoritaire, ne sont pas à vendre et qu’elles survivront à la vente de V. Peu de voix se sont faits entendre contre la vente du réseau à Bell Média, mais le CRTC pourrait quand même déclencher des audiences pour entendre les différents intervenants du milieu avant de prendre sa décision. Il serait étonnant qu’on soit fixé avant le printemps prochain.

RICHARD THERRIEN

Julie Snyder recevra Ellen DeGeneres

BLOGUE / Pour la première semaine de son nouveau talk-show, diffusé dès l'hiver prochain sur V, Julie Snyder présentera une entrevue avec la star américaine Ellen DeGeneres, enregistrée plus tôt cet été. Un gros coup pour l'animatrice qui revient à ses premières amours, dans cette émission qui sera diffusée du lundi au jeudi à 21h.

En plus de son talk-show quotidien à NBC, Ellen DeGeneres anime aussi Ellen's Game of Games, dont V diffuse une version française, Les jeux d'Ellen.

De son côté, Julie prépare activement son grand retour avec son complice de longue date, Stéphane Laporte, pour janvier. Le talk-show n'a toujours pas de titre.

V a fait cette annonce ce matin en dévoilant sa programmation automne-hiver, qui comprend peu de nouveautés. L'une d'elles, À table avec mon ex, permettra à d'ex-conjoints de faire le point sur leur rupture, et aussi de régler des comptes. Cette adaptation québécoise d'un concept britannique sera diffusée du lundi au jeudi à 19h à partir du 16 septembre. La chaîne mise aussi beaucoup sur Occupation double Afrique du Sud, qui commence avec une semaine spéciale En route vers OD, lundi prochain à 18h30.

V célèbre cette année son 10e anniversaire. En processus de vente de la chaîne à Bell Média, qui doit être approuvée par le CRTC, Groupe V Média conservera toutefois les chaînes Max et Elle Fictions, et devra conséquemment changer de nom.

Ma chronique sur la rentrée de V, à lire jeudi dans Le Soleil.

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Arts et spectacles

Un Stetson comme couronne pour Guylaine Tanguay

Ce qui est spectaculaire chez Guylaine Tanguay, outre d’avoir déjà été qualifiée de « nouvelle reine du country », c’est qu’encore âgée de la quarantaine, elle compte 40 ans de carrière, ayant inauguré sa première scène à l’âge de sept ans.

« Ce titre de reine du country, je n’y attache pas beaucoup d’importance. C’est un peu trop sérieux, ça, dans le country. Plusieurs chanteuses ont porté ce titre, chacune à son moment de haut niveau. Moi, je n’ai pas de couronne : je préfère un chapeau (de cowboy) que je veux garder tout le reste de ma vie, pour une longue carrière dans le country! » confie-t-elle.

Arts et spectacles

De «journée» à «semaine» de la culture

« Au lieu d’avoir seulement une journée de la culture, pourquoi ne pas en avoir sept? » demande Donald Mercier, président du Regroupement des artistes vivant en ruralité (RAVIR). L’organisme proposera donc une semaine complète d’animations culturelles dans les sept municipalités de la MRC des Sources, du 23 au 29 septembre. La semaine Les 7 trouvailles des Sources offrira poésie, contes, arts visuels, rallyes, artistes locaux, etc.

Le RAVIR, qui a pour mission de faire rayonner les arts et la culture en milieu rural, souhaite ainsi renforcer les liens entre les organismes culturels de la région.

Arts et spectacles

La dernière édition du Circuit des arts Memphrémagog?

L’édition 2019 du Circuit des arts Memphrémagog aura-t-elle été la dernière? La présidente de l’événement, Manon Potvin, souhaite pérenniser celui-ci, mais elle reconnaît que l’incertitude plane au-dessus du rendez-vous annuel, qui donne accès à des ateliers d’artistes en été depuis 25 ans.

Au cours des dernières semaines, Mme Potvin a envoyé une lettre aux artistes du Circuit des arts afin de leur expliquer brièvement la situation dans laquelle se trouve l’événement. Elle voulait aussi leur demander s’ils souhaitaient participer à une rencontre lors de laquelle on s’efforcerait d’élaborer une stratégie de relance.

RICHARD THERRIEN

Patrick Bruel reporte ses engagements télé au Québec

BLOGUE / Visé par une enquête pour exhibition sexuelle et harcèlement sexuel, Patrick Bruel doit reporter ses engagements professionnels à la télévision québécoise de même que sa tournée de promotion. Il devait notamment ouvrir la saison d'«En direct de l'univers» samedi prochain et participer aux enregistrements des «Enfants de la télé» à ICI Télé et de «La vraie nature» à TVA. Par contre, l'artiste français maintient ses deux spectacles prévus chez nous en novembre.

Déjà en matinée, c'était le branle-bas de combat chez les diffuseurs, qui devaient trouver des solutions de rechange à l'absence de Patrick Bruel, plongé dans la tourmente depuis dimanche. Les faits qui lui sont reprochés se seraient produits le 9 août dernier, en marge d'un spectacle à Ajaccio, au sud-ouest de la Corse. Patrick Bruel nie tout.

À Radio-Canada, on n'a encore trouvé aucune solution de rechange et on évalue présentement les différentes possibilités. Toute une tuile, puisque Bruel devait ouvrir la 11e saison d'En direct de l'univers samedi.

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Télé et radio

«100 génies», mais pas nerds

CHRONIQUE / Les participants de «100 génies» sont assurément des bolés, mais pas des nerds pour autant. Le plateau du nouveau jeu de Pierre-Yves Lord est d’ailleurs survolté, pas mal plus que celui de «Génies en herbe» à l’époque. Cette nouvelle émission jeunesse de 60 minutes, qui plaira à toute la famille, méritait amplement sa place dans la grille du soir d’ICI Télé, à partir de jeudi à 20h.

Parce qu’on ne s’emmerde pas une minute en regardant 100 génies, un concept original québécois dont on sort résolument moins niaiseux. Dans le cadre d’un jeu qui fait des connaissances générales sa priorité, Pierre-Yves Lord navigue à merveille, est drôle, sympathique, mais aussi rigoureux, maniant avec aisance les nombreuses subtilités techniques. Vous l’aimerez encore plus.

Ces jeunes génies de 14 à 17 ans ont été sélectionnés après une série de tests, qui en a retenu la crème de la crème. À part trois qui proviennent de l’Ontario, tous les autres concurrents sont du Québec, et au moins cinq sont de la grande région de Québec. À voir la première émission, la production a trouvé les perles rares : ils sont brillants, enjoués, donnent un bon spectacle, en plus d’impressionner par leurs vastes connaissances. Un esprit d’équipe s’est rapidement forgé, les cellulaires étant interdits en studio. En 2019, c’est rare.

Après trois questions de départ aux 100 candidats, on en sélectionne six, qu’on divise en deux équipes. Les joueurs de la meilleure équipe se rendront au «tour de force», l’épreuve finale, qui fera monter votre adrénaline. Chaque semaine, on adopte un thème. Pour la première, toutes les questions tournent autour des vacances. Puis on aura les grandes inventions, l’argent, l’horreur. Les questions de 100 génies sont rarement faciles, et c’est tant mieux. J’en ai raté plusieurs, dont «quel pays partage sa frontière nord avec le Nicaragua?» Traitez-moi d’ignorant, mais c’est le Costa Rica.

Le jeu est dynamique, mais jamais compliqué. Rien de pire que des règles à ne plus finir, qui minent notre plaisir. On n’est pas à XOXO, vous comprendrez le principe très rapidement. Dans l’une des épreuves, les équipes doivent parvenir à sortir d’une salle d’évasion en résolvant une énigme. Dans la première, il fallait être bon en mathématiques, ce qui n’a jamais été mon cas. Vous croyez qu’une équipe est en voie de l’emporter? Rien n’est fait avant «la rafale», où les bonnes réponses donnent 20, puis 30, puis 40 points aux équipes. L’équipe gagnante peut défendre son titre la semaine suivante. La 13e et dernière émission réunira les six meilleurs dans un match des étoiles.

J’ai craint le pire en apprenant qu’un artiste venait donner une prestation chaque semaine. Couper un jeu pour une chanson? Heureusement, on insère dans le numéro des informations que doivent mémoriser les participants pour répondre ensuite à des questions. Jeudi, LGS vient interpréter son succès On perd la tête et ça passe très bien. J’ai déjà hâte d’entendre Bleu Jeans Bleu venir faire son Coton ouaté dans l’émission sur le corps humain le 17 octobre.

Au lancement de presse, Pierre-Yves Lord n’a pu s’empêcher d’envoyer une flèche à Occupation double, qu’il a déjà animée, soulignant que les concurrents de 100 génies ont le mérite de s’illustrer par leurs connaissances et leur esprit d’équipe. Ce qui n’était pas vraiment le cas d’OD, ai-je besoin de le préciser. ICI Télé flaire le succès. Fair-Play, qui produit l’émission, est en voie de vendre le concept à la RTBF en Belgique, notamment. Je serai assurément un fidèle.

Arts et spectacles

Les nécessaires recommencements de Robert Lalonde

C’est un livre qui aurait pu être avalé par le feu avant même d’être imprimé. Le manuscrit dormait dans l’ordinateur de Robert Lalonde lorsque sa maison de Sainte-Cécile-de-Milton a brûlé. Une fois le brasier éteint, il ne restait rien. L’ordinateur était un monceau de plastique ratatiné dont il ne fallait pas trop espérer.

Mais les espérances ont parfois la main heureuse. Contre toute attente, le disque dur avait résisté. Un habile informaticien a réussi à déterrer les documents inscrits au cœur des micropuces.

Étrange comme les choses arrivent... Les 4000 livres de la bibliothèque de l’écrivain, les tableaux sur les murs, les objets témoins de plusieurs décennies : à part quelques carnets et un journal entreposés ailleurs, tout était devenu souvenir. Mais ce récit témoin d’un pan de son âge tendre, évoquant son père, racontant la page ou la toile blanche qu’il faut travailler et recommencer encore jusqu’à traduire ce que l’imaginaire pressent, ce récit-là, lui, avait survécu. Il existe maintenant sur papier. 

Fais ta guerre, fais ta joie a été lancé mardi dernier. Les 120 pages de ce nouveau bouquin signé Lalonde sont traversées d’images. L’écrivain installé en Estrie évoque autant le legs de son paternel, peintre, que les soubresauts qui teintent le geste créatif, quel qu’il soit. De passage en passage, on voit apparaître les couleurs, les paysages, la nature généreuse, les arbres qui s’élèvent droit dans le petit matin, l’atelier lumineux du père, ses mains qui dansent un ballet emporté sur la toile. 

« La naissance d’un livre, c’est toujours un peu étrange. J’étais à Paris avec ma femme, un jour où la météo était épouvantable. Nous sortions du Louvre où je n’étais pas allé depuis longtemps. J’étais accablé par tous ces chefs-d’œuvre, comme submergé par autant de beauté, de grandiose. On s’est mis à l’abri de la pluie sous un auvent. Et de là, j’ai aperçu un tout petit tableau dans une boutique d’antiquités. Je n’ai même pas pu le voir de près, parce que c’était fermé. C’était peut-être une croûte, en fait. »

Le pouvoir d’une croûte

Or voilà, cette petite croûte entraperçue à travers une fenêtre embuée a éveillé quelque chose en lui. Un souvenir, une réflexion, un élan créatif.

« J’ai pensé à mon père, qui se décrivait lui-même comme un peintraillon. J’ai réfléchi au destin des artistes, qui exercent un travail très solitaire et très souvent non reconnu. J’ai naturellement fait le pont entre l’écriture et la peinture. Tout le reste est venu ensuite. »

Les souvenirs ont afflué. Nombreux. Au fil des pages, on sent le souffle de l’enfance, les fragments qui viennent des premières années. Le regard du père, celui du fils, la tendresse des liens, la persistance de l’empreinte laissée en soi par de tout petits moments dérobés au rythme du quotidien... 

Tout ça teinte le récit.

« Il est beaucoup question d’héritage. De ce qu’on reçoit, de ce qu’on en fait, ensuite. Sans mon père, je ne me serais sans doute pas tourné vers la création. Je lui dois beaucoup. »   

En marchant dans ses pas, il a appris le nécessaire recommencement du geste artistique. 

« Mon père pouvait avoir peint quelque chose la veille et le recouvrir d’une autre couche le lendemain. Pour lui, ce n’était pas du temps perdu. Il s’était refait un fond, un ciel prometteur. »

Arts et spectacles

Rivières de Lumières à saveur latine

SHERBROOKE - La culture latine sera à l'honneur lors de la 5e édition de Rivières de Lumières, qui se déroulera du 23 au 29 septembre. Le toujours très populaire déambulatoire de lanternes se tiendra quant à lui le 28 septembre.

« Nous avons eu une expérience positive l’an dernier avec le festival Accès Asie et ça nous a donné le goût d’intégrer une communauté culturelle », indique Kristelle Holliday, directrice générale et codirectrice artistique du Théâtre des Petites Lanternes. « Il y a plus de 3000 personnes d’origine latine qui habitent à Sherbrooke. C’est une présence assez grande. Nous voulons leur donner une place, mais pas de manière folklorique. Nous souhaitons intégrer la vision artistique d’un peuple à l’intérieur d’un projet qui existe déjà. »

« Notre ADN est de créer avec les communautés », ajoute Angèle Séguin, directrice artistique du Théâtre des Petites Lanternes. « Rivières de Lumières s’inscrit de plein fouet dans ça. C’est un festival qui s’ouvre à des artistes issus de la diversité qu’on ne connaît pas, qu’on ne voit pas, sans savoir qu’ils sont sur notre territoire. Là, non seulement nous les invitons, mais ils portent avec nous une vision artistique de l’événement. »

Musique

Petit diffuseur devenu grand

Le petit train de la Maison d’opéra et de concerts de Sherbrooke (MOCS) est décidément rendu bien loin si on compare aux premiers pas de 2014. Après un prudent commencement par demi-saisons de trois concerts, Pier-Carlo Liva, architecte de cette série de prestations classiques, annonce dix rendez-vous pour la sixième année (la plus ambitieuse depuis le début), dont trois nouveautés : une classe de maître, des contes de Noël pour enfants et un véritable opéra.

« Et ce ne sera pas un opéra en formule concert ni un récital d’airs célèbres : il y aura bel et bien des costumes et des éléments de décor, même si l’accompagnement sera au piano seulement. Si la réponse est bonne, peut-être que nous pourrons un jour offrir un opéra avec petit orchestre et davantage de chanteurs, dans une plus grande salle », suggère le directeur artistique, qui s’est acoquiné avec une compagnie de Montréal, Opéra Immédiat, pour présenter au complet Don Pasquale de Donizetti, le 19 octobre, avec quatre voix.

Quant à la classe de maître, prévue pour le samedi 21 septembre en après-midi comme prélude à un concert flûte, piano, violon et soprano en soirée, elle sera donnée par le flûtiste suisse Christian Delafontaine. Même si, par définition, une classe de maître s’adresse avant tout à des étudiants, le grand public est invité à découvrir cette façon particulière d’enseigner la musique. « Il y a une intention pédagogique derrière ça », avoue Pier-Carlo Liva.

Finalement, le directeur de la MOCS s’est trouvé une « fée des étoiles » en la personne d’Anny Arsenault pour offrir, en compagnie d’un trio à cordes, des Contes de Noël musicaux pour enfants, le samedi 7 décembre.

« Anny est enseignante au primaire à Sherbrooke, elle a étudié le chant avec ma conjointe [la soprano Catherine Elvira Chartier] et c’est une de nos collaboratrices à la MOCS. Elle côtoie le monde de l’enfance depuis longtemps. Ce n’est que récemment que j’ai appris qu’elle écrivait aussi des histoires. »