Le cinéaste d’origine sherbrookoise Jérémy Comte a passé trois semaines au Ghana cet été pour plancher sur le scénario de son premier long métrage. Il était de retour au Québec pour savourer la nouvelle : son court métrage Fauve, déjà couronné de plusieurs prix internationaux dont celui du jury de Sundance, fait partie de la sélection officielle du TIFF.

Fauve au TIFF : comme un rêve devenu réalité

Le court métrage Fauve du cinéaste natif de Sherbrooke Jérémy Comte poursuit son parcours tout étoile. Après avoir remporté le Prix spécial du jury en janvier au prestigieux Festival de Sundance, où il était présenté en grande première, et après avoir récolté une vingtaine de prix internationaux, le film fait maintenant partie de la sélection du Festival international du film de Toronto (TIFF) qui aura lieu du 6 au 16 septembre. Il se retrouve aussi en bonne position pour une possible sélection aux Oscar dans la catégorie Meilleur court métrage de fiction.

« Tout ça est tellement inattendu! C’est un rêve qui devient réalité. Déjà, à Sundance, je sautais de joie. Ensuite, les festivals et les récompenses se sont enchaînés. On vient d’ailleurs de gagner un prix en Chine et au Mexique. Ça me réjouit parce que, jusqu’ici, le film a séduit autant des publics étudiants que des jurys officiels et ce, dans différents coins du monde. Ça confirme que son propos est universel. En ce qui concerne le TIFF, je suis vraiment content parce que c’est une plate-forme incroyable, un festival d’envergure reconnu. Quant aux Oscar, on ne saura que beaucoup plus tard cette année quels seront les films choisis », souligne le réalisateur. 

Depuis son baptême sur grand écran, la bobine signée Comte a été sélectionnée dans plus de 50 festivals et a été primée à Palm Springs, Vienne, Aspen, Guanajuato, notamment. Elle s’est aussi illustrée au REGARD — Festival international du court métrage de Saguenay. On devrait pouvoir la voir prochainement au Québec, assure Jérémy Comte. 

« J’avais fait des documentaires auparavant et j’avais participé aux Festival de films de montagne de Banff, mais Fauve est mon premier court métrage de fiction professionnel, pour lequel j’ai obtenu du financement de la SODEQ et du CALQ. La trajectoire qu’il connaît me propulse vers l’avant et me donne de l’aplomb pour mener d’autres projets en création. »

Carrières de pierres, peurs d'enfance 

Tourné l’été dernier dans une mine à ciel ouvert de Thetford Mines, le film campe l’enfance dans ce qu’elle a de léger et innocent, mais embrasse aussi la cruauté qui peut teinter les premières années. Il met en vedette les comédiens Félix Grenier et Alexandre Perreault, lesquels prêtent vie avec grand naturel à deux jeunes garçons qui s’enlisent dans un jeu de pouvoir malsain. 

« J’ai repensé à des cauchemars d’enfance, à la peur que je ressentais alors face à la mort. Lorsque j’étais jeune, j’habitais la campagne de Sherbrooke et lors des trajets en autobus scolaire, je voyais des larges carrières au loin, je me figurais les pires scénarios dans ces décors-là. Ces images fortes ont été le point de départ du film », dit celui qui a eu un premier coup de cœur pour le théâtre à l’âge de 12 ans.   

 « Par la suite, j’ai réalisé que j’avais envie de raconter des histoires, de les créer, de les façonner. Ça m’a mené vers le cinéma. C’est un art complet qui est rempli de possibilités et qui me fait grandir en tant que personne », dit le créateur de 27 ans qui a complété un baccalauréat en cinéma à l’Université Concordia.

Un premier long métrage en branle 

Celui-ci planche par ailleurs sur un premier long métrage pour lequel il a passé trois semaines au Ghana, en juillet.  

« Je n’y étais jamais allé avant, mais le film ne pouvait se passer que dans ce coin de l’Afrique. Depuis que le projet est en chemin, c’est mon deuxième séjour là-bas. J’ai pris le temps de m’imprégner de l’endroit et d’aller à la rencontre des gens pour pouvoir raconter avec vérité ensuite. Je coécris avec le Ghanéen  William Niava. Nos deux visions se complètent bien, on a presque terminé le scénario de cette histoire qui se passera entre le Québec et le Ghana. Même si c’est un projet très différent, je pense qu’on retrouvera dans ce film un peu du ton et de l’esprit de Fauve. Je ne veux pas trop en révéler, mais il sera question d’identité et de moralité. On verra grandir, chacun dans leur milieu, un jeune Ghanéen et un jeune Québécois. »

Le cinéaste pourrait d’ailleurs bien venir planter sa caméra dans la région pour ce projet. 

« Ce n’est pas confirmé, et j’ignore encore à quel moment on débutera le tournage, mais c’est une avenue que j’envisage pour les séquences qui se passeront au Québec. J’ai envie de camper une bande d’amis qui font du skate dans une ville de région et quand je l’imagine, je pense à Sherbrooke », note celui qui vit maintenant à Montréal.