Le président de la Course de régions Pierre Javaux est accompagné de la finaliste de l’Estrie Fannie Fortin lors du dévoilement des cinéastes choisis pour le concours.

Fannie Fortin représentera l’Estrie à la Course des régions pancanadienne

C’est Fannie Fortin qui représentera la région de l’Estrie lors de la Course des régions pancanadienne 2018. Parmi 35 candidatures, ce sont seulement 12 finalistes qui ont été choisis pour ce concours de courts-métrages, auquel tous les Canadiens peuvent participer depuis trois ans.

« On a eu de très solides candidatures, comme c’est la troisième édition, on se disait qu’on allait peut-être sentir moins d’intérêt au niveau de la qualité, mais non. Le choix a été très difficile cette année, il y a énormément de talents », explique la directrice de la Course, Josée Labrie. 

Même si l’objectif était de recevoir une soixantaine d’inscriptions, le plus important était la qualité de celles-ci, et en cela, c’est mission accomplie.

Fannie Fortin avait remporté le prix du meilleur documentaire en 2009 pour la MRC du Haut-Saint-François, lors de cette même Course qui s’adressait seulement aux cinéastes estriens, à l’époque. Son cheminement depuis 10 ans, ainsi que son attachement pour la région, ont charmé le jury.

« Le cinéma est selon moi l’art ultime. Quand on a une chance de faire du cinéma dans notre région, on la prend, c’est réconfortant de revenir aux sources. C’est un beau défi de faire un film pour représenter nos régions », a partagé Fannie Fortin, qui mentionne que les cinéastes se tournent souvent vers Montréal pour essayer de réussir dans ce métier difficile.

Fannie est maintenant prête à offrir le meilleur film de fiction qu’elle peut concocter. Rappelons que les catégories (documentaire et fiction) sont présentées en alternance, d’année en année, pour assurer une variété de contenu.

La Course des régions pancanadienne est créée pour les cinéastes émergents de la relève. Les finalistes ont un budget de production ainsi qu’une formation de haut niveau offerte par l’Institut national de l’image et du son (INIS), pour réaliser leurs courts-métrages. Les films sont ensuite diffusés sur plusieurs plateformes grâce au partenariat avec Unis TV.

« Ça promet, ça va être surprenant », termine Mme Labrie, plus que satisfaite de la cohorte 2018. 

C’est le 25 octobre que les films seront dévoilés et que le gagnant sera choisi.

Une majorité de candidatures estriennes

Le détail peut faire sourciller : la région que les candidats de la Course des régions représentent n’est pas toujours leur lieu de résidence ni celui de leur origine.

La directrice de la Course des régions pancanadienne 2018, Josée Labrie, explique et clarifie le processus de sélection d’entrée de jeu : « On évalue en premier lieu et avant tout le niveau des cinéastes. Il faut qu’ils aient les compétences. »

Parmi les projets proposés qui ont la qualité souhaitée, l’équipe regarde ensuite dans quelle région les candidats proposent de tourner pour créer leur contenu.

« On demande à chaque candidat de proposer trois possibles régions de tournage. On regarde leur choix de région et comment ils le justifient. Les gens doivent habiter là, être originaires de l’endroit ou avoir un attachement à la région, un noyau familial présent. Ça ne peut pas être quelqu’un qui n’a aucun lien avec la région », poursuit Mme Labrie. 

La directrice avoue que, sur 35 inscriptions, la majorité des candidatures sont des jeunes originaires de l’Estrie. Mais leur proposition de tourner dans une autre région et de montrer des images d’ailleurs au pays permet de tendre vers la diversité souhaitée par l’événement cinématographique. 

Rappelons que la Course, née en Estrie, est ouverte aux cinéastes de l’ensemble du Canada depuis seulement trois ans. Les organisateurs continuent de développer des moyens pour se faire connaitre dans l’ouest du pays. Le fait de demander aux candidats de proposer trois régions pour s’assurer d’en représenter le plus possible fait partie de leur stratégie.

Parmi les candidats, l’Estrien Alexandre Blais-Graveline participera à la Course pour la région de l’Ontario-Est. Même s’il demeure à Sherbrooke, son noyau familial se trouve en Ontario. Il justifiait bien son appartenance à cette région, et son idée de film s’y collait parfaitement. 

Un autre exemple est le candidat Alexandre Assabgui, pour les Territoires du Nord-Ouest : même s’il a étudié à Montréal, voilà un bon moment qu’il habite à Yellowknife et explore la région professionnellement. 

« C’est aux candidats de bien jouer leurs cartes aussi », ajoute Mme Labrie, qui explique que ceux-ci peuvent user d’originalité en proposant des projets dans des régions plus variées. « Ce sont les mêmes règles pour tout le monde. »