Dirigé par Isabelle Arseneault (au centre), l’ensemble vocal Odyssea présentera son nouveau concert vendredi et samedi, à 20 h, au Centre Quebecor. Billets au odyssea-vocal. ca ou à l’entrée.

Faire le plein de voix et de musique

Le dernier concert dans lequel l’ensemble vocal Odyssea a interprété son propre répertoire remonte à... novembre 2014. Et ce n’est pas parce que le chœur de 30 personnes s’est tourné les pouces depuis trois ans et demi, loin de là.

La directrice musicale Isabelle Arseneault pourrait opter pour un calendrier de prestations typique, soit deux concerts par année : un au printemps et un à Noël.

« Mais avec un cycle aussi serré, j’aurais dû refuser toutes les autres activités auxquelles nous avons participé — les concerts avec Gregory Charles (une vingtaine en tout), Bruno Pelletier et le Cirque du Soleil, la publicité de Sico, le concours Chœurs d’ici, chansons d’ici d’ICI Musique, etc. Tous de fabuleux tremplins! La conséquence, c’est que nous faisons moins de nos propres projets. »

Autrement dit, chaque fois que l’occasion d’une nouvelle expérience se pointait le bout du nez (parfois à la dernière minute), Isabelle Arseneault saisissait le jour et mettait de côté le concert d’Odyssea pendant quelques semaines, voire un mois ou deux. Ce troisième spectacle en six ans d’existence est donc régulièrement passé au second plan depuis 2014, mais, heureusement, petit train va encore et toujours loin...

« Il faut dire aussi que je consacre le tiers du temps de répétition au travail des voix, à la technique, à l’improvisation… Je souhaite que les choristes développent d’autres aspects de la musique. Parce que la musique, c’est tellement plus que de lire une partition! » souligne celle qui est de plus en plus sollicitée comme formatrice vocale et musicale, en dehors d’Odyssea.

Micro pour tous

Il faut croire que la chef de chœur est très satisfaite du travail de ses chanteurs et confiante envers leurs capacités, car, chose rare dans les concerts choraux, chacun aura un micro lors des soirées de vendredi et samedi. Certaines pièces au programme ont été arrangées jusqu’à 16 voix (faites le calcul : cela donne une moyenne d’environ deux chanteurs par voix, donc impossible de cacher les erreurs).

« Ce sera un véritable spectacle, avec notre propre univers », résume Isabelle Arseneault, qui a préféré s’appuyer sur les éclairages et la sonorisation plutôt que sur des costumes et des chorégraphies. « Je voulais valoriser notre façon de créer des chansons. Dans le fond, j’essaie de faire la même chose que Louis-Jean Cormier dans son émission Microphone. »

Comprendre que la directrice artistique réarrange les pièces au programme pour les faire découvrir sous un jour nouveau, si possible inattendu. Elle donne comme exemple Viva la vida de Coldplay, qui figurait dans le précédent spectacle et que l’ensemble vient de lancer sous forme de clip, dans une version très lente et a cappella.

« C’est une pièce tellement up tempo, mais ce n’est pas du tout ce que le texte nous inspirait. Nous l’avons refaite d’une manière, selon moi, beaucoup plus marquante. Il y a quand même tout un travail de création derrière ça. »

« Plutôt que de privilégier les solos, poursuit-elle, je m’attarde au mélange des voix. Et aux nuances! Parce qu’une chorale qui ne fait pas de nuances, c’est comme rouler à 20 km/h dans une Maserati! »

Chanter en islandais

Pour ses deux concerts, Odyssea a quand même choisi un répertoire composé d’artistes très connus (Queen, U2, Sam Smith, 2Frères, King Melrose, Justin Timberlake). Il livrera aussi un pot-pourri d’extraits associés au cinéma. L’ensemble vocal sera accompagné de six musiciens, dont certains sont également choristes.

« Nous aurons quelques percussions corporelles, plusieurs moments a cappella ainsi qu’une autre chanson qu’Amélie Larocque a écrite pour Renée Wilkin, Croire encore (Amélie sera d’ailleurs dans la salle). Après le maori, le souahéli et le micmac, nous aurons une pièce en islandais », ajoute-t-elle.

« Je l’ai entendue sur ICI Musique et je l’ai shazamée, en me disant qu’il fallait absolument que mes choristes l’écoutent. Leur visage quand je leur ai annoncé que nous allions interpréter ça! C’est très dur à prononcer, l’islandais! confirme-t-elle. Mais mes chanteurs sont tellement engagés : ils ont même fait des dessins pour mieux se rappeler la phonétique! »