P-A Méthot a rempli le Vieux Clocher de Magog hier soir pour la présentation de son deuxième spectacle solo Faire le beau. La représentation du samedi 9 février est aussi à guichets fermés.

Faire le beau, de P-A Méthot : le plaisir des retrouvailles

CRITIQUE / Est-ce l’effet de nouveauté qui s’est atténué? Le contenu moins intime? « Faire le beau », deuxième et flambant neuf spectacle de P-A Méthot, n’offre pas une charge de rires aussi explosive que son premier effort Plus gros que nature. Mais tout le monde s’en fout un peu, parce que ce spectacle ressemble davantage à des retrouvailles.

Et c’est probablement le trait le plus admirable de cet opus 2 : la proximité avec P-A reste la même. Le voir entrer sur scène crée, dans la salle, un sentiment semblable à une rencontre avec un vieux copain. Cet enviable charisme, que plusieurs Québécois ont découvert lorsque P-A a participé au spectacle en soutien à Lac-Mégantic, ne s’est aucunement estompé.

Et ce ne sont pas les 495 représentations et les plus de 300 000 billets vendus de son précédent spectacle qui lui ont fait enfler la tête. Au contraire, le gentil Bibendum a perdu du coffre (70 livres, révélera-t-il) à la suite d’une opération l’an dernier. Son cœur avait besoin d’un stimulateur pour escompter une espérance de vie supérieure à dix ans. Un épisode intime dont le récit lui permettra, d’emblée, de mettre le public dans sa main.

Car P-A n’excelle jamais autant que lorsqu’il parle et part de lui. C’est d’ailleurs le segment sur le décès de son père qui était le plus réussi de Plus gros que nature, même s’il y avait des passages à nouer la gorge.

Partys de jus

Avec Faire le beau, on découvre un P-A plus critique socialement, qui observe davantage notre monde et ses excès. Même s’il y arrive en faisant passer judicieusement son regard par le prisme d’anecdotes personnelles (bien qu’elles soient probablement en grande partie inventées), on sent l’humoriste plus loin de ses émotions propres.

Surtout en deuxième partie, où il explique le titre du spectacle, soit la pression sociale qui force à calculer ses gestes en fonction de ce que les autres en penseront. Thème pertinent, s’il en est, ce qui lui permettra d’annoncer qu’il boycotte désormais tout ce qu’il n’aime pas, soit mariages, funérailles, visites au zoo, soupers thématiques et partys de jus pour les enfants.  

On s’en doute, P-A se mettra en scène dans chacune de ces situations, les épiçant de savoureuses histoires, de remarques décalées, de réflexions inattendues mais toujours sur la coche — il a d’ailleurs probablement trouvé un nouveau gag hier soir lorsqu’il s’est trompé et a dit « c’est à qui, le Chinois? » plutôt qu’« il est venu avec qui? »  

Mais, franchement, l’artiste ne sera jamais aussi proche que durant la première moitié du spectacle, où il parle de choses très personnelles telles son opération au cœur et sa très hilarante ablation d’un nodule au scrotum (vrai? pas vrai?), qu’il présentera comme un troisième testicule.

Classé 16 ans et plus, le spectacle est loin de pécher par excès de vulgarité, même si le Gaspésien en envoie quelques solides. Si son éternelle guitare nous manque un peu (on veut encore La noune à Nancy!), P-A se rattrapera à la fin, en usant de sa voix si particulière pour chanter les Bee Gees, Buggles (oh les points d’interrogation dans la salle pendant Video Killed the Radio Star!) ainsi qu’un délirant et trop court Hubert Lenoir. Devinez où a fini le micro…