Cette série de portraits rend hommage à trois peintres du Fauvisme, courant de peinture expressionniste né au début du XXe siècle, soit Henri Matisse, André Derain et Alexej Von Jawlensky.
Cette série de portraits rend hommage à trois peintres du Fauvisme, courant de peinture expressionniste né au début du XXe siècle, soit Henri Matisse, André Derain et Alexej Von Jawlensky.

Exposer en plein air avec des couleurs qui réchauffent le cœur

L’artiste multidisciplinaire et médiatrice culturelle Nadia Nadège a exposé des œuvres colorées toute la fin de semaine dans sa cour arrière dans le cadre de l’événement ARTO se déconfine. Le but? Reconnecter avec le public et lui offrir une dose de bonheur en ces temps monotones.

« On a tous besoin de couleurs dans nos vies ces temps-ci », convient Nadia Nadège, qui a décidé d’exposer plusieurs de ses anciennes œuvres, toutes plus colorées les unes que les autres. 

De 2005 à 2010 environ, l’artiste explorait la couleur dans toutes ses facettes en réalisant notamment des paysages et des natures mortes. Ses études en psychologie l’ont amenée à s’intéresser aux effets de l’art sur le bien-être mental et émotionnel, principalement en lien avec la couleur. Cette exposition prenait donc tout son sens en ces temps de pandémie, croit l’artiste établie au Québec depuis 11 ans. 

« Aujourd’hui, je crée des œuvres plus monochromes, principalement des portraits », explique-t-elle, sans pour autant délaisser son amour de la couleur. 

L’aménagement du « musée extérieur » a demandé plusieurs semaines de travail. « Juste ratisser les sentiers pour qu’ils soient accessibles au public m’a pris un mois! » avance celle qui habite Georgeville depuis un an. 

Près de trente artistes québécois ont participé à l’événement organisé par la Coopérative d’artistes ARTO les 19, 20 et 21 juin, principalement à Saint-Jean-sur-Richelieu en Montérégie, mais également à Montréal et en Estrie, où Nadia Nadège était la fière représentante. 


Nadia Nadège aux côtés de trois natures mortes réalisées pendant sa période de coloriste.

Touche-à-tout

De la peinture à la sculpture, en passant par le dessin, la gravure et l’écriture, Nadia Nadège touche à une panoplie de formes d’arts visuels. Elle a reçu plusieurs prix, honneurs et bourses pour son art. D’ailleurs, cette année, elle s’est vue décerner une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) dans la MRC de Memphrémagog pour produire un livre d’artiste numérique intitulé Nos livres, notre histoire en collaboration avec plusieurs citoyens. La réalisation a toutefois dû être retardée en raison de la pandémie, comme plusieurs autres projets d’ailleurs. 

« Toutes les expositions auxquelles je devais participer ont été annulées : l’exposition de sculptures au Jardin Moore, celle du Musée du Bronze d’Inverness, les expositions de mon projet d’art postal […] Tout cela est tombé à l’eau. Pourtant, on doit absolument conserver le contact avec nos publics », affirme l’artiste par voie de communiqué, ce qui l’a motivée à exposer dans son boisé. 

Mme Nadège et son mari, Jean-Guy Martel, également artiste à temps plein, réalisent actuellement une série de « sculptures à quatre mains », comme ils aiment bien appeler ce projet, représentant des figures mythologiques mi-humaines, mi-animales, en argile et en bronze. 

En plus de tout ça, la médiatrice culturelle prévoit bientôt ajouter une corde à son arc : l’animation numérique. « Aujourd’hui, c’est difficile de ne pas aller vers le numérique. C’est partout », exprime Mme Nadège, qui aimerait transposer ses œuvres sur le Web afin qu’elles prennent vie autrement.